- Cédéao - Djihad - Mali
"Une intervention militaire au Mali est difficile pour le moment"
Alors que le nord du Mali est occupé depuis quatre mois par les groupes islamistes armés, la communauté internationale songe à intervenir militairement. Analyse d'Alexandre Vautravers, expert en stratégie militaire.
À l’heure où les islamistes cherchent à imposer la charia au nord du Mali, les chefs d'état-major des armées ouest-africaines et des représentants de la communauté internationale se réunissent à Bamako, du 10 au 13 août, pour arrêter une stratégie militaire de déploiement des forces de la Communauté économique des États d'Afrique de l'Ouest (Cédéao). L’objectif est d’obtenir l’approbation des Nation Unies pour dépêcher 3 000 hommes qui seront chargés de reprendre le contôle sur le nord du pays.
Médiateur de la Cédéao, le Burkina Faso croit en une issue diplomatique pour sortir de la crise malienne. Le 8 août, le ministre burkinabè des Affaires étrangères, Djibril Bassolé, est parvenu à nouer le dialogue avec les rebelles en se rendant à Gao et à Kidal.
Du côté de Bamako, en revanche, le discours est plus ferme. Interrogé par FRANCE 24, le ministre malien de la communication, Hamadoune Touré, estime qu'un recours à la force est inéluctable. "On s’enfonce de plus en plus dans les vexations, les humiliations et donc une logique de frictions. […] Les experts militaires sont à pied d’œuvre. Le gouvernement se prépare, se rééquipe, se réarme, surtout sur le plan psychologique, après le passage à vide que nous avons connu. "
Mais le temps presse. "Avec l'afflux de djihadistes nationaux et internationaux, il y a des raisons de s'inquiéter. Le Nord ne doit pas devenir une terre d'asile pour les éléments terroristes et criminels", a déclaré, mercredi, le secrétaire générale de l’ONU, Ban Ki-moon. Même son de cloche de la part de Salamatu Hussaini Suleiman, le commissaire de la Cédéao pour les Affaires politiques, la paix et la sécurité. "Chaque jour où nous remettons à plus tard une action concrète, nous offrons aux terroristes et aux réseaux criminels une occasion supplémentaire de s'installer, de commettre des crimes de guerre atroces et d'aggraver le sort déjà désespéré des populations du Nord."
Quel est l'état des forces militaires maliennes ? Alexandre Vautravers, expert en stratégie militaire et chef du département des relations internationales de l’université Webster de Genève, nous fournit quelques éléments de réponse.
France 24 - De quoi dispose aujourd’hui le Mali matériellement, logistiquement et humainement parlant ?
Alexandre Vautravers - Si l'on considère que l'argent est le nerf de la guerre, le budget annuel de la défense malien est extrêmement faible (environ 200 millions de dollars, soit environ 163 millions d'euros). Les forces armées sont donc peu nombreuses et disposent de matériel presque totalement obsolète. On compte ainsi 7 350 membres des forces armées contre 4 800 paramilitaires (gendarmerie, garde nationale). Les forces tactiques sont dérisoires : deux bataillons de chars, quatre bataillons d'infanterie, un bataillon de forces spéciales et un bataillon parachutiste. Les moyens d'appui et logistiques sont très faibles et également sous-équipés.
Ainsi on compte seulement 33 chars de combat : 12 T-55 obsolètes et susceptibles d'être aisément mis hors de combat par un lance-roquette. Il y a aussi 21 T-34 produits en URSS durant la Seconde Guerre mondiale. Il n'existe que 84 engins blindés pour le transport de troupes, donc aucune réelle capacité de manoeuvre. Les moyens d'appui comptent 46 pièces d'artillerie et quelques canons et mortiers. Les forces aériennes n'alignent qu'une seule escadrille de chasseurs Mig-21 et deux batteries de défense sol-air qui n'ont guère d'utilité dans une guerre contre-insurectionnelle. En revanche, quelques hélicoptères pourraient se révéler très utiles.
On peut en déduire que l'essentiel des forces de combat, faute de coordination ou de moyens de communications - les transports ainsi que l'appui au combat - proviennent de véhicules "techniques". Il s'agit de jeeps et autres véhicules civils convertis, c'est-à-dire disposant de fixations pour des armes plus lourdes.
L'achat de moyens nécessaires pour mener des opérations militaires de grande ampleur est coûteux et nécessiterait un effort financier considérable.
F24 - Comment le Mali doit-il s’y prendre, stratégiquement, pour reprendre le Nord ?
A.V. : Une action isolée du gouvernement actuel, issu d'un putsch militaire, est à la fois dangereux et ruineux. Et, le recours au minimum à une aide financière et technique régionale ou internationale est indispensable. Plusieurs scénarios peuvent ainsi être envisagés, selon le principe de l'escalade :
- Un financement par certains pays occidentaux, ainsi qu'une aide technique au travers de sociétés militaires privées.
- Une intervention régionale et internationale d'interposition menée par la Cédéao et le département des opérations de maintien de la paix de l'ONU.
- Une intervention internationale visant la stabilisation gérée par l'Organisation de l'unité africaine et l'ONU.
F24 : Si une intervention militaire est inéluctable, quand doit-elle avoir lieu ?
A.V. : Une intervention militaire internationale est difficile à envisager pour le moment. En revanche, une intervention africaine sous l'égide de l'Otan est davantage plausible. La communauté internationale fait pression sur l'Organisation de l'unité africaine et de la Cédéao pour qu'elles prennent leurs responsabilités.
Le calendrier ne joue pas en faveur d'une intervention internationale, notamment en raison du conflit en Syrie qui bloque toute action commune du Conseil de sécurité de l'ONU. Toutefois, une implication financière et technique des pays du nord, voire du Conseil de sécurité de l'ONU, est une éventualité dans la mesure où la nébuleuse djihadiste fait peur. L'islamisme en Afrique et les organisations telles qu'Aqmi préoccupent grandement la communauté internationale et font peser le spectre d'une radicalisation des nouveaux pouvoirs issus des "Printemps arabes".


























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(10) Réactions
Mali-nord
L'occident a arme ces mecs pour assassiner Feu Kadhafi(que son ame se repose en paix).La mission fut accomplie , les armes sont restees dans leurs mains.Avec la benediction de ces memes occidentaux ,les islamistes ont decide de s'attaquer au Mali demain ce le tour du Niger,Nigeria,Tchad...C'est comme une tumeur maligne plus le temps passe plus de tissus sont attaques et detruits.Mes freres il est grand temps de penser a nous memes car a part nous AFRICAINS nul n'a besoin de la stabilite en Afrique.Seul,le Mali ne peut pas resoudre son probleme?Alors pourquoi ne contribuer pour creer une base militaire hyper sophistiquee dans la zone avant qu'il ne soit tard.ON A PAS BESOIN DE LEURS RELIGIONS NOUS AVONS LA NOTRE.Essayez de comprendre que la religion n'est qu'une couverture,un pretexte pour semer le chaos,la pagaille chez nous.Il est tres facile de continuer a nous voler, a regner.Souvenez vous de la fameuse formule:diviser pour ...
Intervention militaire au Mali
Finalement, de compromis avec les ex-putschistes en compromis avec les rebelles du Nord, le Mali s'enfonce de plus en plus dans la crise. C'est au Maliens de réagir:
1) Demander une aide et un soutien musclés internationals. Pas de la CEDEAO incapable de mener la guerre dans le désert. Ils sont tout juste bons à mener des opérations de police chez eux! Et encore!D'ailleurs tous les pays de la CEDEAO reculent de peur de jour en jour. L'Europe, la France, les Etats-Unis sont les seuls capables de casser les islamistes avec le moins de dégats collatéraux. Intervention des forces spéciales et frappes aériennes tandis que l'armée malienne nettoiera et occupera les zones. Aqmi et Ansar Dine ne sont pas si redoutables qu'une certaine propagande le laisse entendre. C'est une question humanitaire! Pas de souci pour le budget: la communauté internationale paiera !C'est son intérêt.
2)Pour cela, le Président Traoré de la transition doit éliminer, avec les forces spéciales étrangères s'il n'est pas en mesure de le faire avec les commandos maliens, de la vie politique les ex-putschistes si ce sont eux qui bloquent toutes décisions d'intervention étrangère. Cela suffit de tourner autour du pot depuis des mois !
Intervention militaire au Mali.
En réaction à l'analyse de Mr ALEXANDRE VAUTRAVERS,permetez-moi de vous faire remarquer que nous maliens pensons que c'est surtout de la subversion au lieu d'une recherche de solution au problème crée et entretenu par ATT,ses amis politiques et la France dans toutes ses composantes.
Vite et bien !
S'il y a intervention internationale militaire dand le nord Mali, il faut absolument que tout soit préparé chirurgicalement et ne dure pas plus d'une quinzaine de jours! Il faut boucler ce dossier le plus rapidement possible pour les maliens !
alerte
Le mali est abandonné par ses amis,voil° pourquoi beaucoup de pays ne veulent pas intervenir au nord du mali.Mais ils sont pret à envoyer les troupes pour sécuriser les institutions bandes de laches.
ras le bol de ces analystes
y en a ras-le-bol de ces déclarations de pseudos spécialistes en chambre !! Y zont un tas de diplomes mais n'ont jamais dormis sur une natte dans une case au Mali et mangé du To. Alors foutez-nous la paix avec vos analyses à côté de la plaque.
Mali
Je suis sénégalais vivant au Sénégal. Je déplore énergiquement la manière lâche avec laquelle la communauté internationale, la CEDEAO et l'UA surtout, observe ces bandits occuper le Nord Mali. Ils ne sont point des musulmans, c'est des criminels tiut court. J'exige fermement de la Communauté internationale qu'elle réagisse immédiatement dans le sens refaire du Mali un et unique territoire dans lequel tout le monde vit en paix avec une seule et unique loi suprême, la constitution du peuple malien.
Anonyme a raison !
Mais anonyme fallait pas bombarder la libye et assassiner le plus grand prédateur d'aqmi KADHAFI maintenant comme les maliens il te restent tes yeux pour pleurer !!!
Pas de vision, pas de stratégie, pas de paix
Et pourtant se serait le moment de libérer le Mali et d’exterminer la racaille fanatique qui gangrène l’Afrique.
Dommage, il faudra pas se plaindre après, quand l’Aqmi (Al Qaida au Maghreb islamique) viendra faire la prière du vendredi à Marseille, à Lyon, à Saint Denis ou à Notre Dame de Paris
aucune intervanetion n'est
aucune intervanetion n'est possible dans le nord du mali. en effet il s'agit d'une zone désertique, sans ressource et sans pétrole. donc dommage. pour le moment la communauté internationale n'a de regard que sur les immenses gisements syrien. d'ou l'obligation d'une intervention humanitaire dans ce pays.