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Moyen-orient

La mouvance djihadiste internationale s'immisce dans le conflit syrien

Texte par Leela JACINTO

Dernière modification : 11/08/2012

À la faveur du chaos qui règne en Syrie, un nombre croissant de djihadistes étrangers, originaires du Liban,de l'Irak ou encore d'Europe, afflue dans le pays. Leur cause : " la lutte contre les croisés et leurs bailleurs de fonds sionistes".

Le 19 juillet, deux photojournalistes européens ont été kidnappés alors qu’ils couvraient le conflit syrien. Le Néerlandais Jeroen Oerlemans et le Britannique John Cantlie ont été emmenés dans un camp de djihadistes dans le nord de la Syrie où, très vite, ils ont remarqué quelque chose d’étrange chez leurs ravisseurs. "Nous avons presque immédiatement réalisé qu’ils n’étaient pas Syriens", explique Jeroen Oerlemans, joint au téléphone par FRANCE 24 quelques jours après sa libération, le 26 juillet. "Certains d’entre eux disaient venir du Bangladesh, d’autres venaient du Royaume-Uni et avaient des accents de Birmingham. D’autres encore paraissaient venir du Pakistan", ajoute-t-il.

 
Accusés par leurs ravisseurs d’être des espions envoyés par la CIA, les deux captifs ont été détenus pendant une semaine, les yeux bandés et menottés. "Les djihadistes britanniques étaient très pieux, ils avaient subi un lavage de cerveau et ne cessaient de répéter que le Royaume-Uni faisait un "sale boulot". Selon Jeroen Oerlemans, ils étaient tous très jeunes, certains d’entres eux semblaient n’avoir que 16 ans. "Ils n’avaient de cesse de nous demander si l’on était prêt à mourir", rapporte le photographe néerlandais. En tentant de s’évader, ce dernier a été touché par une balle dans la cuisse et une autre dans le pied. Compte tenu de ses conditions de captivité, il est incapable de quantifier le nombre de djihadistes présents dans le camp, qu’il estime toutefois "suffisamment grand pour accueillir une centaine de personnes".
 
Ils viennent du Liban, d’Irak, de Libye ou encore d’Europe
 
Depuis le début du soulèvement contre le régime de Bachar al-Assad en mars 2011, la propagande baasiste n’a cessé de dénoncer un complot ourdi par une opposition composée de terroristes d’Al-Qaïda et de groupes djihadistes à la solde de pays étrangers. Des arguments rejetés en bloc par les opposants syriens et l’Armée syrienne libre (ASL). Mais après 18 mois de crise, plusieurs signes semblent attester que des groupes djihadistes profitent de l’instabilité en Syrie pour mener des opérations semblables à celles déjà observées en Irak, après la chute de Saddam Hussein en 2003.
 
Au cours des derniers mois, de plus en plus de vidéos dont les spécialistes des médias djihadistes sont familiers, ont été postées sur YouTube, le site de partage de vidéos qui accueille la plupart des images de la révolte syrienne. Certaines d’entre elles présentent des combattants, le visage masqué par des keffiehs, posant devant le drapeau noir des djihadistes frappé de la "chahada" (la profession de foi de l’islam) ou s’entraînant dans des lieux inconnus. La bande son, des versets coraniques, est identique à celle habituellement utilisée dans les vidéos de propagande d’Al-Qaïda.
 
Il est difficile d’évaluer le nombre de ces islamistes radicaux actuellement présents en Syrie. Selon Aaron Zelin, du Washington Institute for Near East Policy, spécialiste des mouvements djihadistes, près de 800 combattants étrangers seraient sur place. La plupart serait originaire de pays voisins de la Syrie : le Liban, l’Irak et la Jordanie. "Nous avons également vu des contingents en provenance de Libye, de Tunisie et d’Algérie, note Aaron Zelin. Parmi les Libyens, certains ont probablement combattu l’an passé contre Kadhafi". Selon l’expert, des ressortissants occidentaux sont également présents, mais leur nombre est beaucoup moins important. Ainsi, Mehdi al-Harati un Libyen naturalisé irlandais, avait été filmé par une équipe de FRANCE 24 au moment de la bataille de Tripoli, à la fin du mois d’août 2011. En juillet dernier, des reporters de l’Irish Times l’ont, cette fois, rencontré en Syrie…
 
Le "nouvel espoir" des djihadistes
 
Sur le terrain, la situation est compliquée. L’ASL n’exerce qu’un contrôle lâche sur ses 50 000 éléments. De nombreux groupes de rebelles locaux continuent par ailleurs à se former, ce qui complique encore leur contrôle, selon Joseph Holliday, de l’Institute for the Study of War, à Washington. En marge de l’ASL, les choses sont encore plus chaotiques. Un nombre inconnu de groupes djihadistes opèrent actuellement en Syrie, comme les brigades libanaises Abdullah Azzam et Fatah al-Islam, un mouvement extrémiste sunnite qui a combattu l’armée libanaise dans un camp de réfugiés palestiniens dans le nord du pays du Cèdre, en 2007.
 
Parmi ces groupes, l’un des plus connus est le Jabhat al-Nusra (Front de la Victoire), aussi appelé Jabhat al-Nusra li-Ahl al-Sham. Le groupe est sorti de l’ombre en janvier dernier. Depuis, il revendique régulièrement des attentats en Syrie. Toutefois, le mystère reste entier quant à l’identité et à la nationalité de ses membres. Ce nouveau venu dans la sphère djihadiste a créé le buzz sur les forums spécialisés en obtenant l’adoubement de l’un des plus influents idéologues du djihad : le Mauritanien Cheikh Abu al-Mundhir al-Shinqiti. "Ce groupe est considéré comme un 'nouvel espoir' pour les groupes djihadistes présents en Syrie", explique Aaron Azelin.
 
Mobilisés pour mener le djihad international, ces groupes se différencient des rebelles syriens qui tiennent un discours d’ordre nationaliste, concentré autour d’un seul thème : la chute du régime de Bachar al-Assad. "Ils n’évoquent même pas la Syrie, relève Aaron Zelin. Ils ne parlent que de leur cause : "la lutte contre les croisés et leurs bailleurs de fonds sionistes", qu’ils estiment plus importante".
 
Les combats continuent à Alep et Damas

Les combats faisaient rage samedi à Alep (nord) où les rebelles ont affirmé avoir repris des positions à l'armée régulière dans le quartier emblématique de Salaheddine.
Dans le même temps, de violents accrochages entre soldats et rebelles avaient lieu dans le quartier Tadamoun à Damas et des tirs et des explosions étaient entendus dans d'autres secteurs de la capitale syrienne, ont indiqué une ONG et des militants.

 

Djihadistes et Armée syrienne libre
 
Désormais, l’opposition syrienne et les chefs de l’ASL ne peuvent plus nier la présence de groupes djihadistes sur le sol syrien. Ces dernières semaines, des responsables de l’ASL ont réclamé une aide internationale "afin d’unir les rebelles et d’empêcher les islamistes d’étendre leur influence", selon The Economist. Mais, au-delà des communiqués officiels du commandement de la rébellion basé en Turquie, se pose la question de la coopération éventuelle entre les djihadistes et l’ASL, sur le terrain.
 
Jeroen Oerlemans et John Cantlie, eux, doivent leur libération à l’ASL. "Après avoir investi le camp, ils ont commencé à intimider nos ravisseurs, exigeant des explications sur les motifs de notre détention tout en affirmant qu’ils allaient nous rendre la liberté", explique Jeroen Oerlemans. "Les rebelles syriens nous ont exfiltrés en tirant des coups de feu", poursuit-il.
 
De retour aux Pays-Bas, celui-ci se remet de ses blessures. "Je me rétablis très bien", confie-t-il. Si, pour les deux journalistes, tout s’est finalement bien terminé, nul ne peut prédire si la situation en Syrie au cours des prochaines semaines va s’améliorer. Ou si elle devra subir ce que ses voisins libanais et irakien ont enduré par le passé.

 

Première publication : 11/08/2012

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