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EUROPE

Le Vatican va juger le majordome du pape et un complice dans l'affaire Vatileaks

Vidéo par FRANCE 24

Texte par Dépêche

Dernière modification : 13/08/2012

Le majordome du pape Benoît XVI et un informaticien du Vatican seront jugés respectivement pour vol aggravé et recel dans l'affaire du scandale Vatileaks. Le procès se tiendra en septembre.

AFP - Le Vatican a annoncé lundi un procès contre le majordome du pape, Paolo Gabriele, pour le scandale Vatileaks des fuites de documents confidentiels et contre un complice dont le nom apparaît pour la première fois, Claudio Sciarpelletti, un informaticien du Vatican.

Paolo Gabriele sera jugé pour vol aggravé, et Claudio Sciarpelletti pour recel, a indiqué le juge d'instruction Piero Bonnet dans un document diffusé au Vatican. M. Sciarpelletti est informaticien et programmeur à la secrétairerie d'Etat, le gouvernement central du Vatican.

Les nouveautés dans l'affaire Vatileaks

Le procès n'aura pas lieu avant le 20 septembre, a déclaré dans une conférence de presse, le porte-parole du Saint-Siège, le père Federico Lombardi, sans donner de dates.

Il a précisé que la responsabilité de Sciarpelletti "était marginale" et qu'il ne peut pas être considéré comme "un complice".

Ce dernier a été arrêté une nuit en mai, puis laissé en liberté préventive. Il a été suspendu de ses fonctions "par précaution" mais reçoit son salaire.

L'enquête continue contre d'autres personnes peut-être impliquées dans le scandale Vatileaks.

Le père Lombardi, citant le procureur Nicola Picardi, a souligné que la magistrature s'était "trouvée devant une réalité très ample et complexe". "Nous ne pensons pas avoir terminé notre travail. L'enquête reste ouverte à l'égard d'autres personnes qui apparaissent impliquées", a-t-il dit reprenant des propos du procureur.

Deux expertises ont été effectuées par le parquet et les avocats sur l'état mental de Gabriele, jugé normal mais révélant sa fragilité, a indiqué le père Lombardi.

Le rapport d'un des experts, Tonino Cantelmi, parle de "grave malaise psychologique caractérisé par l'inquiétude, la tension, la colère, la frustration".

Les expertises ont révélé une "tragique contradiction" entre "l'intention de Gabriele de faire du bien" au pape, et "la gravité des actes accomplis" ainsi qu'une "distance" entre la figure modèle du majordome et ce qu'il a fait, a dit le père Lombardi.

Parmi les objets saisis, au milieu d'"une masse de documents entreposés dans le plus grand désordre" dans l'appartement de Gabriele, a été retrouvé un chèque de 100.000 euros adressé au pape, une pépite d'or et une édition précieuse de l'Enéïde datant de 1581, offertes au pape, selon le rapport du juge d'instruction.

Les noms des témoins qui ont été entendus pendant l'enquête ne sont pas cités dans le rapport judiciaire. "C'est un principe de réserve et de correction" à leur égard, a expliqué le porte-parole.

"Le pape a reçu ce document. Il y a une claire volonté de sa part de respecter les résultats de l'enquête". En conséquence, "la ligne très vraisemblable est qu'un procès public aura lieu" au Vatican, a-t-il ajouté.

Paolo Gabriele, 46 ans, arrêté le 23 mai, a été assigné à son domicile au Vatican le 21 juillet après 53 jours de détention dans une cellule du palais de justice, derrière la basilique Saint-Pierre, en l'absence de prison.

Jusqu'à présent, il était l'unique prévenu dans l'affaire Vatileaks, qui a vu des centaines de documents secrets transmis depuis janvier à des journalistes italiens.

Gabriele est accusé de s'être emparé sur le bureau de Mgr Georg Gänswein, secrétaire particulier du pape, de dizaines de lettres et courriels ultra-secrets, dont certains adressés à Joseph Ratzinger, et les avoir photocopiés pour les transmettre à l'extérieur.

Gabriele, marié et père de trois enfants, homme pieux et discret, qui a la nationalité vaticane, avait commencé à travailler pour lui en 2006 comme majordome. Il était chargé de préparer ses habits de cérémonie et l'accompagnait dans la papamobile. C'était "le premier et le dernier à voir le pape", selon des connaisseurs du Vatican. Benoît XVI a ressenti cette trahison avec douleur, selon son entourage.

Première publication : 13/08/2012

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