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Moyen-orient

Ces réfugiés syriens bloqués aux portes de la Turquie

Vidéo par Alexandra RENARD , Eve IRVINE

Texte par FRANCE 24

Dernière modification : 15/08/2012

Des centaines de Syriens passent quotidiennement la frontière syro-turque pour échapper aux bombardements de l’armée de Bachar al-Assad. Mais Ankara, incapable de faire face à cet afflux, exhorte une partie d’entre eux à repartir en Syrie. Reportage.

Le village de Kilis accueille le plus grand camp de réfugiés syriens en Turquie. Construit dans l’urgence début avril le long du poste-frontière syro-turc, il est déjà saturé. Près de 11 000 personnes vivent aujourd’hui dans ce centre qui, depuis quelques jours, se voit contraint de refuser les nouveaux arrivants qui fuient, chaque jour, les combats entre armée régulière et rebelles en Syrie.

La plupart des réfugiés sont des femmes et des enfants qui viennent chercher sécurité et nourriture. Les plus "chanceux" pourront ainsi échapper à l’enfer syrien et pourront profiter de dortoirs d’appoint, installés ça et là, à la belle étoile, dans ce camp insalubre et dangereux. Les autres devront repasser la frontière. "C’est très dur pour ces familles passées illégalement et condamnées à repartir en Syrie", raconte Alexandra Renard, l'envoyée spéciale de FRANCE 24 à Kilis.

"On erre dans les rues"

La Turquie, en effet, dit ne pas avoir d’autre choix que de freiner cet afflux d’arrivants devenu ingérable. Le 13 août, le pays a annoncé accueillir plus de 70 000 réfugiés syriens dans les 10 camps construits le long de la frontière syrienne. Ils étaient 44 000 fin juillet.

"Il n’y a pas pire humiliation. On erre dans les rues", témoigne une réfugiée syrienne, entourée de sa famille et contrainte de repartir vers son pays. "On va certes retourner à la frontière mais, ensuite, on repassera de nouveau [en Turquie], légalement", ajoute-t-elle.

Beaucoup de ces réfugiés poussés au retour patientent, en effet, le long des grillages du poste-frontière. Pas question de retourner en Syrie. En attendant, ils sont des centaines - voire des milliers - à dormir sous les arbres frontaliers. "Il leur faudra encore un peu de patience, conclut Alexandra Renard. Quatre nouveaux camps turcs devraient ouvrir leurs portes prochainement et pouvoir les accueillir." Quatre camps bâtis loin de la frontière, loin des bombardements.


Première publication : 15/08/2012

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