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Afrique

Violents affrontements entre policiers et partisans de l'opposition à Libreville

Texte par Dépêche

Dernière modification : 15/08/2012

Une manifestation de l’opposition gabonaise appelant au départ du président Ali Bongo a dégénéré, mercredi, en de violents affrontements entre policiers et partisans du dissident André Mba Obame dans la capitale du pays, Libreville.

AFP - Au moins dix personnes ont été blessées et une dizaine interpellées mercredi lors de violents affrontements à Libreville entre policiers et partisans du dissident André Mba Obame qui réclamaient le départ du président Ali Bongo.

La police a procédé à une dizaine d'interpellations lors de ces heurts, les plus violents depuis les violences post-électorales de 2009.

L'Union nationale (UN, parti dissous) d'André Mba Obame avait appelé à une manifestation à 15h00 (14h00 GMT) dans le centre de Libreville pour réclamer une "conférence nationale souveraine" en vue d'obtenir une nouvelle Constitution et des élections législatives et présidentielle. Mais ce rassemblement n'a pas été autorisé par les autorités.

Des affrontements entre opposants, forces de l'ordre et groupuscules ont alors éclaté, avant l'heure prévue de la manifestation, et se sont prolongés jusqu'en début de soirée.

Au même moment, entre 2.000 et 3.000 manifestants, qui s'étaient réunis au siège de l'UN se sont dirigés vers le quartier populaire et très pauvre Cocotiers.

Ils scandaient des slogans "AMO (Andre Mba obame), le vrai président" ainsi que "Ali Ben dégage".

Ils ont été été violemment dispersés par les policiers. Armés de gourdins, des jeunes ont jeté des cailloux et des bouteilles vides en direction des policiers qui ont fait usage de de matraques et de gaz lacrymogène, procédant parfois à des tirs tendus.

Lors des assauts, les jeunes se réfugiaient régulièrement dans le dédale des ruelles et des passages étroits du quartier.

Les manifestants ont dressé des barricades, brûlé des poubelles et au moins une voiture. Ils ont également partiellement détruit au moins une dizaine d'autres véhicules et saccagé une station essence, selon le décompte de l'AFP.



"Actes de vandalisme"



Des manifestants ont commis "des actes de vandalisme. Les forces de l'ordre ont essayé de les dissuader avec notamment des gaz lacrymogène. Ils ont aussi encerclé le commissariat de Nkembo, la direction de la sûreté urbaine caillassant les policiers et les véhicules", a affirmé à l'AFP par téléphone la Procureur de la République de Libreville, Sidonie-Flore Ouwé.

"Ils ont aussi vandalisé une quinzaine de véhicules, pour la plupart des véhicules à usage commercial. Pour le moment, d'après les informations en ma possession il y a eu sept interpellations (..) on ne m'a pas fait état de blessés", a-t-elle dit, ajoutant que les forces de l'ordre restaient "vigilantes".

La police avait déjà dispersé mercredi à l'aube une quarantaine de personnes qui préparaient le meeting. Selon un membre de l'UN, deux personnes ont été arrêtées.

"Vers 6 heures du matin, des policiers nous ont dit que la manifestation était interdite. On a dit qu'on restait. Quelques minutes plus tard, six camions de policiers sont arrivés. Ils ont lancé des grenades lacrymogènes et frappé les gens", a affirmé sous couvert de l'anonymat un sympathisant de l'UN.

"L'ancien ministre de l'Intérieur (M. Mba Obame) sait qu'il faut demander une autorisation. Ils ne l'ont pas demandé. La manifestation n'est donc pas autorisée", avait indiqué le porte-parole du ministère de l'Intérieur Jean Eric Nziengui Mangala sans confirmer ces deux arrestations.

De retour samedi, après 14 mois d'absence en raison de problèmes de santé, M. Mba Obame, ancien baron du régime passé dans l'opposition à la mort du président Omar Bongo en 2009, avait contesté la victoire à la présidentielle d'Ali Bongo, le fils de l'ancien président.

Il s'était autoproclamé président de la République en 2011, avant de se réfugier plus d'un mois dans une agence onusienne de Libreville.

L'immunité parlementaire de M. Mba Obame a été levée et il est poursuivi pour "trouble à l'ordre public". Il risque de deux mois à un an de prison, selon son avocat.

Première publication : 15/08/2012

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