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FRANCE

Pour Geneviève Fioraso, "le classement de Shangaï n'est pas adapté aux critères européens"

Texte par Aude MAZOUÉ

Dernière modification : 17/08/2012

Le classement de Shanghaï des universités mondiales confirme la suprématie des facultés américaines, loin devant les pays européens. Entretien avec Geneviève Fioraso, ministre de l'Enseignement supérieur, qui dénonce un outil réducteur.

Les résultats du classement des universités de Shanghaï publié par l’université de Jiao Tong ont été publiés le 14 août et ne contiennent pas vraiment de surprise. Le premier établissement universitaire français se place au 37e rang du Top 500. Publié depuis 2003, ce classement mondial est aussi attendu que critiqué, en raison de ses critères jugés trop partiels aux yeux des Français et des Européens.

Au total, 20 universités françaises se classent dans le Top 500, qui comprend notamment 150 établissements américains, 42 chinois, 38 britanniques et 37 allemands. Le quatuor de tête est inchangé, composé des universités américaines de Harvard, Standford, du Massachussetts Institute of Technology (MIT) et de Berkeley.

La ministre de l’Enseignement supérieur,Geneviève Fioraso, revient pour FRANCE 24 sur les résultats de ce classement.

Que pensez-vous du classement de Shanghaï ?

Geneviève Fioraso : Il est d’une stabilité assez remarquable. Mise à part l’émergence de quelques universités chinoises, les universités américaines tiennent comme d’habitude la tête du classement et les universités européennes sont à la traîne. Il y a

Qu'est-ce que le classement de Shanghaï ?

Le classement académique des universités mondiales par l'université Jiao Tong de Shanghaï, communément appelé classement de Shanghaï, établit chaque année depuis 2003 une liste des 500 meilleures universités du monde. Les établissements universitaires doivent répondre à des critères bien précis pour intégrer le classement. Sont pris en compte :

- le nombre de prix Nobel et de médailles Fields obtenus parmi les anciens élèves et les chercheurs de l'établissement.

- la masse de publications réalisées par les chercheurs.

- la performance académique au regard de la taille de l'institution.
 

quand même quelques bonnes nouvelles avec l'entrée de Lille-I dans le Top 500 et la progression de l'université Joseph-Fourier de Grenoble-I. L’université d’Aix-Marseille conserve la très bonne place qu’elle a acquise l’année dernière.

Ce classement n’est pas adapté à nos critères européens et ne permet pas de mettre en avant l’excellence de nos universités européennes. Des universités comme celle de Heidelberg en Allemagne, de Bologne en Italie ou de la Sorbonne en France n’ont pas la place qu’elles méritent. Nous n’avons pas à rougir de notre niveau d’enseignement car il est très bon. Les critères d’évaluation du classement chinois répondent à une logique anglo-saxonne, qui n’est pas dans notre culture. Le palmarès ne tient pas compte de la qualité de l’enseignement ni de la formation et privilégie les sciences exactes au détriment des sciences humaines, ce qui est une aberration. L’étude ne tient pas non plus compte du nombre d’étudiants inscrits, du taux de réussite, du transfert de technologie ni de l’ancrage de l’université sur son territoire, qui constitue, via ses partenariats, une véritable richesse régionale. Enfin, le plus important, le critère de la recherche, qui occupe une place considérable dans le classement de Shanghaï, n’est pas pertinent pour notre système français où les organismes de recherche sont souvent indépendants.

Les Européens vont-ils lancer leur propre classement ?

G. F. : Nous travaillons actuellement sur la mise en place d’un outil multicritère, le U-Multirank. L’Allemagne a déjà engagé un travail important dans ce sens, elle est suivie de près par les Italiens, les Espagnols et les Français mais nous sommes beaucoup trop lents. Nous souhaitons valoriser les points forts de l’enseignement européen pour jouir d’une bonne image dans le monde entier et attirer ainsi les bons éléments de l’étranger. Mais pas seulement. Il ne faut pas non plus être obsédé par les classements. Le U-Multirank a également pour but d’aider les étudiants et les professeurs à mieux choisir leur université en fonction de leurs attentes. C’est un outil d’orientation qui nous fait actuellement défaut. Nous allons tout faire pour qu’il soit opérationnel en 2013. Mes homologues européens et moi-même sommes déterminés à le mettre en place rapidement. Seuls nos voisins britanniques semblent plus réticents car leur système universitaire répond davantage aux critères du classement de Shanghaï. Ce projet ne peut vivre qu’à l’échelle européenne, il est important que nous nous mettions tous rapidement d’accord. Nous nous sommes déjà rencontrés deux fois et nous nous voyons à nouveau en septembre. Il faut aussi que nos députés européens nous suivent sur ce projet. Une fois le projet validé, nous nommerons un groupe d’experts européens qui sera en charge de piloter le projet. C’est un système très facile à mettre en place car nous avons déjà un groupe de travail qui planche sur la question. C’est un sujet important car l’enseignement supérieur est un levier de la croissance.

Le classement de Shanghaï permet tout de même de pointer les failles de notre système. Que faut-il améliorer ?

G. F. : Le U-Multirank sera un outil précieux pour analyser correctement nos points forts et nos faiblesses. Si nous pouvons être fiers de nos universités, on sait aussi qu’il y a un certain nombre de priorités sur lesquelles nous devons travailler. J’ai défini trois grandes priorités : former davantage de jeunes, augmenter le taux de réussite des étudiants du premier cycle et améliorer la qualité de vie des étudiants. Il faut également réformer la formation de nos professeurs en innovant sur la pédagogie. Il reste également à valoriser la recherche technologique et fondamentale, trop souvent obligée de courir après les crédits. Nous avons d’excellents chercheurs en France, mais leur travail n’est pas visible à l’échelle internationale. Nous avons un vrai travail en profondeur à mener. Une fois que j’aurai fait tout cela pendant la durée de mon mandat, je pourrai dire que j’aurai bien travaillé.

(Crédit photo © Matthieu Riegler, CC-BY)

Première publication : 17/08/2012

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