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Création d'une commission d'enquête sur les violences communautaires

Texte par Dépêche

Dernière modification : 18/08/2012

Une commission d'enquête a vu le jour pour pointer les causes des fréquentes violences communautaires, alors que la gestion gouvernementale du problème est critiquée. En juin, au moins 80 personnes ont péri dans des violences inter-ethniques.

AFP - La Birmanie s'est dotée d'une nouvelle commission d'enquête sur les violences communautaires, selon plusieurs de ses membres, alors que la gestion de la crise vaut au pouvoir de vives critiques dans le pays comme à l'étranger.

Les 27 membres, parmi lesquels des personnalités de tous bords dont d'anciens dissidents, doivent "mettre en lumière les véritables causes" des violences et suggérer des solutions pour la "coexistence pacifique", a précisé samedi le quotidien officiel New Light of Myanmar.

"C'est une bonne décision qui montre que nous pouvons décider de notre propre destin pour le pays", a déclaré à l'AFP Aye Maung, président du Parti du développement des nationalités rakhines.

Les violences entre bouddhistes et musulmans ont fait environ 80 morts en juin dans l'Etat Rakhine (ouest), selon un bilan officiel que des ONG jugent sous-estimé. Plusieurs autres personnes ont été tuées début août dans de nouveaux incidents.

Des défenseurs des droits de l'Homme ont accusé les forces de sécurité birmanes d'abus, en particulier à l'égard des Rohingyas, une minorité musulmane apatride qui ne fait pas partie des groupes ethniques reconnus par Naypyidaw. Et l'ONU s'est inquiétée d'une répression visant les musulmans.

Les autorités de Naypyidaw ont de leur côté nié les accusations. En juin, le pouvoir avait déjà créé une commission d'enquête mais ses conclusions n'ont pas été rendues publiques.

Les musulmans représentent officiellement 4% de la population birmane, à 89% bouddhiste. Une tension larvée a conduit à des séries d'émeutes anti-musulmanes dans le pays ces 15 dernières années, notamment dans cet état qui borde le Bangladesh.

L'ONU considère les Rohingyas comme l'une des minorités les plus persécutées de la planète.

 

Première publication : 18/08/2012

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