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Afrique

La direction de la mine de Marikana lâche du lest face aux grévistes

Vidéo par FRANCE 24

Texte par Dépêche

Dernière modification : 21/08/2012

Cinq jours après la fusillade meurtrière dans la mine de Marikana, l'exploitant Lonmin a annoncé ce mardi qu'il n'envisageait plus de licencier massivement les grévistes, les assurant qu'ils pouvaient reprendre le travail en sécurité.

AFP - La tension a semblé retomber mardi à la mine de sud-africaine de Marikana (nord), dont l'exploitant Lonmin a fait savoir qu'il n'envisageait plus de licencier massivement les grévistes, cinq jours après la fusillade policière qui a fait 34 morts parmi les mineurs.

Mardi matin, 33% des mineurs avaient repris le travail, selon Lonmin. La direction invite instamment les 25.000 non-grévistes sur un total de 28.000 salariés, à revenir à leur poste, assurant que leur sécurité était garantie.

A l'extérieur du site, comme chaque jour, quelques centaines d'hommes étaient rassemblés pour répéter leur refus de reprendre le travail. "Notre position n'a pas changé, nous ne bougeons pas, nous refusons d'être intimidés par Lonmin", lançait Litha Mpula, qui se décrit qui un "survivant" de la fusillade du 16 août.

Sur le site du massacre, un autre groupe était en prière, mené par un évêque méthodiste.

La veille, la direction de la mine de platine avait fixé à 07h00 (05h00 GMT) ce mardi l'expiration d'un ultimatum lancé aux 3.000 foreurs en grève sauvage depuis le 10 août: ils étaient sommés de reprendre le travail, sous peine d'être licenciés.

A 07h00, le secrétaire général de la présidence sud-africaine, Collins Chabane, est intervenu pour demander à Lonmin de suspendre son ultimatum jusqu'à ce que toutes les victimes de la répression policière aient été identifiées et enterrées.

Deux corps sur les 34 de la fusillade de jeudi dernier n'ont toujours pas été identifiés. La plupart des autres ont été renvoyés à leurs familles, souvent dans des régions lointaines.

Les autorités espèrent avoir achevé le processus d'identification d'ici mercredi, à temps pour des cérémonies d'hommage prévues jeudi dans le cadre d'une semaine de deuil national décrétée par le président Jacob Zuma.

"Lors de nos discussions avec la direction", a précisé M. Chabane, "nous avons souligné, et nous pensons qu'ils nous ont entendus, qu'à ce stade, je pense que nous devons essayer de calmer l'explosion d'émotions de chaque coté et de tenter de parvenir à une solution raisonnable".

"Et donc dans ce contexte du deuil des personnes qui sont mortes dans cette grève, nous pensons qu'il est important pour eux d'examiner la question d'une suspension de l'ultimatum, et nous pensons qu'il sont d'accord, et nous allons confirmer avec eux ce matin ce qui s'est passé", a ajouté M. Chabane.

Un peu plus tard, le vice-président de Lonmin Mark Munroe, intervenant sur une radio, a confirmé qu'il avait bien reçu le message du pouvoir: "Je ne pense pas que cela contribuerait à créer un environnement plus stable si Lonmin arrive avec des dates limites et des ultimatums en disant +nous allons virer tout le monde si personne ne vient travailler+", a-t-il dit.

Pour autant, Lonmin n'a jamais évoqué l'ouverture de négociations salariales avec les grévistes, qui réclamaient plus qu'un triplement de leurs salaires (l'équivalent de 1.250 euros contre 400 actuellement).

L'entreprise affirme que les foreurs gagnent déjà plus de 1.100 euros mensuels avec les primes, "des niveaux de salaire comparable à ses concurrents".

Mardi matin, la branche régionale de la confédération syndicale Cosatu estimait que "tous les travailleurs devaient être autorisés à porter le deuil pendant toute la semaine".

"Le retour au travail doit se faire seulement après que tous les travailleurs concernés aient été consultés", insiste la Cosatu.

Lundi, Lonmin avait discuté avec le syndicat majoritaire NUM (membre de la Cosatu), mais n'avait pas convié le petit syndicat AMCU, qui a soutenu et encouragé le mouvement spontané - et illégal au regard du droit du travail - des mineurs de fond.

Un débat extraordinaire aura lieu ce mardi à l'Assemblée nationale au Cap pour évoquer ce massacre policier, le pire depuis la fin de l'apartheid en 1994.

Première publication : 21/08/2012

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