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FRANCE

François Hollande attendu au tournant du Sommet de la francophonie de Kinshasa

Texte par Aude MAZOUÉ

Dernière modification : 28/08/2012

François Hollande a levé le suspens en affirmant, ce lundi, qu'il se rendrait au prochain Sommet de la francophonie, à Kinshasa, en octobre. Une présence critiquée par certains, qui devrait cependant lui permettre de dévoiler sa politique africaine.

"Je me rendrai à Kinshasa [...], j'y affirmerai que la francophonie n'est pas seulement une langue qu'on partage", a affirmé François Hollande, lundi 27 août, à l'occasion de la XXe Conférence des ambassadeurs. Le gouvernement avait beau entretenir le suspens, personne ne doutait un instant de la venue du président de la République française au prochain sommet de la Francophonie, qui doit se tenir dans la capitale de la République démocratique du Congo (RDC) du 12 au 14 octobre prochain.

Pourtant, pour les partisans d'un boycott du sommet, participer au grand rendez-vous de la francophonie revient à cautionner la réélection contestée du président Joseph Kabila en décembre 2011. "C’est un mauvais signal envoyé à l’ensemble des régimes autocrates qui ne répond en rien à la Déclaration de Bamako", estime Cécile Marcel, directrice des programmes à l’Action des chrétiens pour l’abolition de la torture (ACAT), dans une allusion au texte qui régit les règles de l’Organisation internationale de la Francophonie (OIF) en matière de démocratie et de droits de l’Homme.

L'affaire met le président français dans l'embarras. Alors que Paris a demandé à Kinshasa une réforme complète de la commission électorale en gage de bonne volonté, les fidèles de Kabila en ont toujours les commandes. L’Élysée aurait par ailleurs invité la RDC à juger les "vrais coupables" de l'assassinat du militant des droits de l'Homme Floribert Chebeya en 2010, sans obtenir d’avancée.

"On attend un discours vigoureux" de François Hollande

"La question d’un boycott de la France ne s’est jamais réellement présentée", estime pour sa part Hugo Sada, délégué de l'OIF à la paix, la démocratie et aux droits de l’Homme, dans un entretien à FRANCE 24. La participation française au sommet a néanmoins fait l’objet d’un important travail réalisé en amont. Ministre déléguée à la Francophonie, Yamina Benguigui a, notamment, été envoyée le 31 juillet en éclaireur en RDC pour y rencontrer des personnalités politiques et civiles du pays, dont le président Joseph Kabila. "En rencontrant des responsables politiques, des artistes, des religieux, des associations de femmes, des défenseurs des droits de l’Homme ou des acteurs économiques franco-congolais, la ministre déléguée a pu effectuer un diagnostic très précis de la situation", assure Hugo Sada, qui espère que le chef de l'État français saisira l’occasion du Sommet de la francophonie pour prononcer "un discours vigoureux, avec des positions fermes sur la politique congolaise et sur tous les régimes africains qui ne répondent pas à l’idéal des droits de l’Homme".

Pour le juriste Albert Bourgi, la rencontre de Kinshasa offre, en effet, au président français "une formidable tribune ouverte sur toute l’Afrique". François Hollande, qui n’a pas encore dévoilé les contours de sa politique africaine, pourrait profiter de l’occasion pour marquer une rupture avec ses prédécesseurs. "Jusqu’à maintenant, tous les présidents français se sont contentés de politiques complaisantes entretenant la françafrique, rappelle celui-ci, dans un entretien à FRANCE 24. François Hollande n’a pas de connexion ni de passé avec l’Afrique, il peut donc trancher dans le vif."
 

Première publication : 27/08/2012

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