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Economie

Carburant : le gouvernement négocie une baisse temporaire de six centimes

Texte par Dépêche

Dernière modification : 28/08/2012

Le gouvernement s'est félicité, mardi, d'avoir obtenu des industriels une diminution immédiate de six centimes d'euros sur les prix du carburant. Ce dispositif, qui durera trois mois, sera supporté par l'État français et les pétroliers.

AFP - Les prix des carburants vont diminuer de 6 centimes par litre à la pompe dès maintenant et pour trois mois, avant la mise en place d'un mécanisme pérenne, a annoncé mardi le gouvernement après une réunion avec les industriels, qui financeront ce coup de pouce avec l'Etat.

"Les prix baisseront jusqu'à 6 centimes à la pompe, 3 centimes pour les pétroliers et 3 centimes pour l'Etat. C'est un effort substantiel" et "concrètement, c'est un euro et demi de moins" pour un plein de 25 litres, a annoncé le ministre de l'Economie et des Finances, Pierre Moscovici, à la presse en fin de matinée.

"Cette décision sera applicable dans les 24 heures et donc les prix à la pompe vont baisser maintenant", a-t-il ajouté, précisant que cela représenterait pour l'Etat "un effort qui sera d'environ 300 millions d'euros".

Cette diminution des prix à la pompe est un peu plus étoffée que la fourchette de 2 à 4 centimes évoquée la veille par le chef du gouvernement, Jean-Marc Ayrault, mais il est peu probable qu'elle satisfasse les associations de consommateurs, alors que le prix du gazole a battu la semaine dernière un nouveau record, à près de 1,46 euro le litre.

"Ce sera à chaque opérateur d'annoncer jusqu'où il pourra aller" dans la baisse des carburants, a indiqué de son côté le président de l'Union française des industries pétrolières, Jean-Louis Schilansky, à l'issue d'une réunion à Bercy su le sujet. "J'espère que ce sera sensible pour le consommateur", a-t-il ajouté, en confirmant que la baisse serait "immédiate".

Le gouvernement demandait aux professionnels du secteur un geste pour lutter contre la cherté des carburants, après s'être engagé de son côté à diminuer de quelques centimes la fiscalité sur le gazole et l'essence. Ce dispositif a été préféré au blocage des prix qui avait été promis par François Hollande avant son élection, trop compliqué à mettre en oeuvre.

Divergences de vue des industriels

Les magasins Leclerc et Système U avaient lundi devancé l'appel du gouvernement, en s'engageant à vendre le carburant à prix coûtant. Des déclarations qui avaient été jugées prématurées par les enseignes rivales, alors que les marges des stations-service sont très faibles, de l'ordre d'un centime d'euro par litre.

Toutes enseignes confondues, la grande distribution réalise environ 60% des ventes de carburant dans l'Hexagone, devant les compagnies pétrolières (30%) et les autres détaillants (10%).

Sans attendre le verdict, les associations de consommateurs ont prévenu qu'une baisse de quelques centimes serait très loin du compte, alors que le pouvoir d'achat est malmené de toutes parts, et ont demandé des mesures de plus long terme pour lutter contre la flambée des prix à la pompe.

"Nous sommes certains que ce ne sera pas suffisant et nous avons peur que cette légère baisse suscite beaucoup de désillusions", a lancé lundi Michel Fréchet, président de la Confédération générale du logement (CGL), tandis que l'association Familles rurales affirmait qu'en dessous de 10 centimes par litre, il n'y aurait "aucun impact" sur le pouvoir d'achat des ménages.

Première publication : 28/08/2012

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