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L'éloge d'Anders Behring Breivik qui embarrasse le monde de l'édition française
Un essai intitulé "Éloge littéraire d’Anders Breivik" suscite un tollé dans le monde de l’édition française : son auteur, Richard Millet, y développe une sympathie pour l'extrémiste norvégien qui a tué 77 personnes à l’été 2011.
Un essai d'une vingtaine de pages sur la tuerie perpétrée par Anders Behring Breivik - ou plutôt sur ce qu'elle recèle de "littéraire" - crée une vive polémique dans le milieu parisien de l'édition. Dans son "Éloge littéraire d’Anders Breivik", Richard Millet s'est intéressé aux quelque 1 500 pages de la "Déclaration d'indépendance européenne", le livre numérique dans lequel l'homme qui a tué 77 personnes, le 22 juillet 2011, à Oslo et sur l’île d'Utoya, tente d'expliquer sa folie meurtrière.
"Breivik est un de ces désenchantés devenu un loup solitaire et gris. Breivik a quelque chose de gris. C’est en cela qu’il aurait pu être écrivain", se justifie Richard Millet.
Littérature, islam, argent et… sang
L’auteur français ne s’en tient pas là. Il décrit Breivik comme "le signe désespéré, et désespérant, de la sous-estimation par l’Europe des ravages du multiculturalisme ; il signale aussi la défaite du spirituel au profit de l’argent. La crise financière est celle du sens, de la valeur, donc de la littérature. Breivik, d’une façon naïve, loin d’incarner le Mal, s’est fait le truchement sacrificiel du mal qui ronge nos sociétés". Littérature sans style, immigration extra-européenne, argent-roi et tuerie de Breivik sont liés, du point de vue de Millet.
Regrettant au passage que l’Europe "renonce à l’affirmation de ses racines chrétiennes" et "refuse de considérer que le chant du muezzin sonnerait la mort de la chrétienté, donc la fin de nos nations", Richard Millet poursuit : "Dans cette décadence, Breivik est sans doute ce que méritait la Norvège et ce qui attend nos sociétés qui ne cessent de s’aveugler pour mieux se renier, particulièrement la France et l’Angleterre".
Abject et dégueulasse
Le malaise face à la prose de Richard Millet, publiée le 24 août, éclate au grand jour : l’écrivain Tahar Ben Jelloun parle de "provocation inutile et dégueulasse", le critique littéraire Sylvain Bourmeau qualifie l’auteur d’"infâme" et le livre d’"abject". L’incompréhension est d’autant plus grande que l’homme est admis dans le cénacle du petit monde de l’édition. Il siège au comité de lecture des éditions Gallimard, dans la collection "La Blanche", et a déniché deux auteurs qui ont décroché le prestigieux prix Goncourt : Jonathan Littell ("Les Bienveillantes", 2006) et Alexis Jenni ("L’Art français de la guerre", 2011).
L’embarras que suscite Richard Millet n’est pas nouveau. Antoine Gallimard avait déjà exprimé sa propre ambivalence envers le personnage au moment de la publication d’"Opprobre", en 2008, ouvrage de Richard Millet qui avait suscité de vives critiques : le patron de Gallimard annonçait alors ne plus vouloir soutenir aucune nouvelle parution de l’auteur, tout en concédant : l’homme est "l'un des meilleurs éditeurs" de la maison.
"Ses ennemis cherchent à le marginaliser"
Cette fois, Richard Millet plonge dans le terrain boueux du racisme au gré d’un triplé littéraire. Non seulement publie-t-il son "Éloge littéraire d’Anders Breivik" dans le recueil "Langue fantôme" opportunément - le jour du verdict du procès Breivik en Norvège. Mais deux autre titres suivent coup sur coup, toujours chez l’éditeur Pierre-Guillaume de Roux : "De l'antiracisme comme terreur littéraire", où il est question de sa propre légitimité d’écrivain et des "vomissements qui ont lieu sur [son] nom", et "Intérieur avec deux femmes", roman qui met en scène un auteur face à "ses ennemis qui cherchent à le marginaliser et à le confiner dans l’angle mort de la littérature". Richard Millet insiste sur l’existence de ces trois livres pour dénoncer une presse qui ne s'est intéressée qu'à "25 pages d'un appendice, quand je publie trois livres. C'est un procédé connu depuis Staline : déconstruire, extraire des citations, les détourner", se plaint-il dans une interview à ActuaLitté.
Pour l’instant, Antoine Gallimard ne bronche pas. Il est en vacances, répond sa maison d’édition. Quoi qu’il en soit, il semble peu probable qu'il décide de renvoyer son éditeur, d’autant plus que, cette fois, Richard Millet n’a pas publié chez Gallimard et s’est ouvert ailleurs un champ de liberté d’expression. Qu’importe, estime l’écrivaine Annie Ernaux (éditée chez Gallimard) : "L’idéologie, les prises de position [de Richard Millet, NDLR] engagent la maison", et "la question d'une réaction collective est maintenant posée à tous les écrivains Gallimard".
Nesbo et Davidsen piétinés
La controverse se cantonne pour l’instant au petit monde parisien de l’édition. Les écrivains norvégiens ont eu vent du pamphlet dans les colonnes du quotidien national Aftenposten. Plusieurs d’entre eux ont été contactés par FRANCE 24, mais l’heure n’est pas à la réaction. "La polémique n’a pas encore pris en Norvège", explique Vibeke Knoop Rachline, correspondante d'Aftenposten à Paris.
Un nouveau papier de la journaliste dans les colonnes du journal norvégien, ce mercredi, pourrait cependant lancer le débat, d’autant plus que nombreux sont les auteurs norvégiens, comme Jo Nesbo et Leif Davidsen, à être publiés chez Gallimard… et à être copieusement méprisés par Richard Millet. "Ces écrivains, évidemment de gauche, ces vigilants, ces naïfs ne voient en général que ce qu’ils veulent voir ; les Davidsen, les Nesbo, les Mankell et le défunt auteur de 'Millenium' [Stieg Larsson, NDLR] sont aveugles ou se crèvent les yeux quand ils ne donnent pas dans la propagande", écrit l’auteur dans l'"Éloge littéraire d’Anders Breivik".
Jamais un essayiste norvégien n’a osé soutenir les thèses extrêmes de Richard Millet. Anders Breivik lui-même serait à la recherche d’un éditeur pour publier son autobiographie, mais aucune maison ne se porte candidate pour l’instant. Selon Erling Rimehaug, journaliste qui a suivi le procès Breivik pour le quotidien Vart Land, la polémique lancée par Millet a toutes les chances d'indifférer Oslo. "Bien sûr que des personnes vont utiliser l’affaire Breivik pour choquer, nous nous y attendons. Mais ce passé nous est tellement douloureux que nous sommes aseptisés contre ce genre de polémique", réagit-elle. La surenchère d’informations, de révélations et de thèses sur cette affaire est même devenue indigeste, au point que les Norvégiens ne veulent plus en entendre parler, rapporte Vibeke Knoop Rachline. "Pourquoi cette volonté de ne pas voir ? Ce n'est pas de l'indifférence ni de la froideur. Plutôt une honte", commente la journaliste dans Le Monde.



























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(10) Réactions
Affectio nationis rompu
En 2009, je finissais un texte intitulé "Capuches à découvert" par ces lignes : "la crise économique, claironnée par les médias qui fournissent ainsi un carburant indispensable pour l’entretenir et maximaliser ses effets, dissimule la crise réelle d’une part croissante de la population qui a perdu l’affectio nationis et s’en remet aux litanies d’intégristes, aux sermons mortifères qui inclinent à mettre au-dessus de tout son clan, son quartier, sa communauté. Faites vos jeux… rien ne va plus ! " Du Millet prématuré ? Cf. http://pamphletaire.blogspot.fr/2009/03/capuches-decouvert.html
Mon fauteuil pour un ligament
A chacun sa rentrée littéraire. La mienne se fait sans plan de communication, sans éditeur, mais avec la passion renouvelée de l’écriture, le goût forcené des mots, la jubilation pour les entrechocs sémantiques et phonétiques. Extrait, sur le même thème que Millet… le maudit ? « J’ai espéré une mise en orbite martienne de l’ensanglanteur syrien après le coup d’éclat d’Annan, mais rien à faire il parade toujours. Décevante prestation de l’ouragan Isaac qui, sans doute après avoir perdu son triple A, n’a pu catapulter les Bachar el-Assad et Anders Breivik loin de notre sphère bleutée. Alors on se garde le tout et en prime on libère l’épouse Dutroux. Le monde détourne décidément très bien l’humanisme pour le bal des salauds. » Cf. http://pamphletaire.blogspot.fr/2012/09/my-chair-for-ligament.html
le véritable danger.
Le véritable danger, c'est la pensée unique, et son corollaire :
l'incapacité intellectuelle à sortir d'une surdité mentale pour toute pensée différente, et donc à tenter d'ouvrir son entendement
à la pensée de l'autre.
Derrière cette incapacité chez tous les censeurs adeptes de la pensée unique, il y a la peur, l'enfermement intellectuel, et l'immaturité humaine.
"1 extrémiste, 77 morts"
Je ne pense pas que le multiculturalisme soit responsable de ça.
Il ne faut pas confondre l'Europe et le Proche Orient.
Historiquement, le peuple ne réagit pas de la même manière, le peuple occidental est beaucoup plus soumis au système et le système est un peu plus juste aussi envers le peuple.
Sa fait pas de "nous" des exemples, car en gros on est très proche, c'est juste qu'au lieu d'avoir une miette comme au Proche Orient, on a trois miettes en occident et sa tient le peuple tranquille et en soumission.
Pour la "LIBERTE D'EXPRESSION" je laisse tout le monde s'exprimer, même le plus abjecte des personnages, tu es pas obliger de lire son torchon, mais si tu veux le lire, il est là.
Comme "Mein Kampf", c'est une sacré connerie, mais il est bien de le lire pour se rendre compte du personnage, de son idéologie.
Je suis pas devenue un SS en puissance à cause de cette lecture.
Puis tôt ou tard le livre de Breivik sera publier, peut être dans 20 ans, mais un jour il sera publier, inutile donc de faire les hypocrites en censurant le bouquin de Breivik.
C'est ça, la liberté!
Critiquer ou réfléchir?
Pourquoi n'a t-il pas droit à son analyse? L'occident bombarde bien des villes dans de nombreux États pour imposer la démocratie, n'est-ce pas? L'horreur peut exister autant au niveau individuel que collectif; et tous cherchent à se justifier.
incompatibilité
Comment parler de défense des valeurs et racines chrétiennes de l'Europe quand on parle de ce monstre Breivik:
il a tué des innocents et si cela est un sacrifice humain alors il s'oppose aux écrits bibliques qui interdisent tout sacrifice humain; cette thèse de Millet est donc incompatible.
Richard Millet se fait le défenseur d'un assassin et cela est très grave.
Les limites du multiculturalisme...
Cet homme se fait incendier par tous ces juges impitoyablement sans nuance et au discours « politiquement correct »… Une partie de cette société Française constamment plus permissive s’insurge au sujet d’un écrivain qui ne lance que des alertes aux dangers que les évènements de notre quotidien corroborent toujours davantage… Moi je le trouve plutôt courageux cette homme et je le respecte pour cela... Le multiculturalisme est quelque chose de très enrichissant mais il a aussi ses limites… En faire état ne signifie pas cautionner le meurtre de personnes innocentes... Le nier est faire preuve d'hypocrisie complaisante... Ce Monsieur n'est pas un Français comme tous, il est fondamentalement marqué par son expérience du Liban et il craint une Libanisation de la France... Car force est de constater que, à certains égards, les comportements et les revendications communautaires de certains marquent le début de son inquiétante apparition...
Salut, Je voulais juste
Salut,
Je voulais juste signaler que Henning Mankell n'est pas norvégien mais suédois!
Salut, Je voulais juste
Salut,
Je voulais juste signaler que Henning Mankell n'est pas norvégien mais suédois!
langue fantôme
NOUS sommes TOUS responsables de tout ÇA