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FRANCE

À l'université d'été du Medef, Ayrault tente de rassurer les patrons

©

Vidéo par France 3

Texte par Dépêche

Dernière modification : 30/08/2012

Devant un parterre de dirigeants d'entreprises réunis pour l'université d'été du Medef, le Premier ministre français a tâché de dédramatiser l'impact des réformes économiques et fiscales de son gouvernement.

AFP - Le Premier ministre Jean-Marc Ayrault a rassuré mercredi lors de l'Université d'été du Medef des patrons inquiets des projets du gouvernement, tout en défendant son programme et en demandant aux partenaires sociaux d'accélérer les négociations sur plusieurs chantiers.

"C'est un nouvel environnement favorable au développement des entreprises que le gouvernement est en train de créer" et pour cela "nous avons besoin les uns des autres", a lancé M. Ayrault en inaugurant ce rendez-vous de rentrée du mouvement patronal, une première pour un chef de gouvernement.

"Je m'étonne de l'étonnement que suscite ma présence parmi vous", a ajouté M. Ayrault, devant un parterre de patrons réunis sous une grande tente blanche sur le campus HEC de Jouy-en-Josas (Yvelines).

Le chef de file du Front de Gauche, Jean-Luc Mélenchon, lui avait reproché sa venue devant le patronat. "Un signe de faiblesse", selon lui.

"Je crois aux vertus du dialogue entre le gouvernement et les partenaires sociaux", a insisté le Premier ministre, arrivé et reparti des lieux accompagné de la présidente du Medef, Laurence Parisot.

A des patrons inquiets des projets fiscaux et sociaux du gouvernement -- notamment de la promesse de taxer à 75% la part des revenus excédant un million d'euros-- M. Ayrault a adressé "un message de confiance", mais sans céder sur ses orientations.

"La réforme fiscale visera à améliorer le financement de l'économie, l'investissement et la compétitivité des entreprises", contrairement à ce qu'affirment les patrons, qui redoutent un alourdissement des impôts en pleine crise.

M. Ayrault s'est appliqué à dédramatiser ce sujet sensible côté patronat, rappelant que le projet de budget pour 2013, qui doit contenir les principales mesures fiscales du quinquennat, ne serait présenté en Conseil des ministres que la dernière semaine de septembre.

Pour l'heure, "les arbitrages ne sont pas pris" même si "certains veulent se faire peur" a-t-il affirmé.

M. Ayrault a aussi loué les emplois d'avenir, présentés le matin même en Conseil des ministres, qui "apporteront une réponse à la fois rapide et ambitieuse" au chômage des jeunes.

Le Premier ministre a en même temps exigé des partenaires sociaux, patronat compris, qu'ils prennent leur part aux efforts. Il a appelé en particulier "toutes les organisations à accélérer le rythme de négociation" sur la sécurisation de l'emploi, qui fait partie des nombreux chantiers ouverts en juillet lors de la Conférence sociale.

"Nous avons apprécié la visite et le discours aussi du Premier ministre", a déclaré la patronne des patrons, Laurence Parisot, pour qui la brouille entre le gouvernement de gauche et les entreprises, héritée de la conférence sociale de juillet, relève désormais du passé.

Mais "nous ne pouvons pas bien sûr nous contenter de ce discours", a-t-elle ajouté. "Les orientations indiquées par le Premier ministre sont intéressantes, il convient maintenant d'attendre que les décisions, notamment budgétaires, confirment, matérialisent ces orientations", a-t-elle résumé.

Dernier bémol sur le volet social, Mme Parisot a regretté que M. Ayrault n'ait pas repris son antienne de la "flexibilité" du travail, une donnée cruciale pour relancer le marché de l'emploi selon le patronat.

"Le message aujourd'hui était apaisant, d'écoute, mais ce sera dans les prochaines semaines, avec le budget, que l'on pourra juger", a acquiescé de son côté le PDG de la Société générale, Frédéric Oudéa, devant quelques journalistes en marge de l'Université d'été.

"Nous alertons le gouvernement sur le fait que la maîtrise des déficits (...) doit se faire en regardant d'abord l'efficacité de la dépense publique avant de penser aux augmentations d'impôts", a ajouté M. Oudéa, qui s'inquiète de l'effet d'une taxation à 75% sur l'attractivité de la France pour les salariés à haut revenu.
 

Première publication : 30/08/2012

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