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Amériques

Ann Romney, un atout pour les républicains ?

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Texte par Jon FROSCH

Dernière modification : 30/08/2012

Lors de leur convention, les républicains ont mis en avant l'épouse de Mitt Romney. Dans l'espoir que son profil de mère dévouée puisse séduire un électorat encore rétif à l'idée de voter pour un candidat qui leur semble coupé des réalités.

La liste des participants à la convention républicaine qui se tient cette semaine à Tampa, en Floride, est un peu le "who’s who" des poids lourds du "Grand Old Party". De nombreux vétérans de la formation y ont pris la parole, comme l’ex-secrétaire d’État Condoleezza Rice, l’ancien candidat à la présidentielle John McCain mais aussi des étoiles montantes de l’aile droite du parti comme le gouverneur du New Jersey, Chris Christie, et le sénateur de Floride, Marco Rubio. Mais l’une des principales attractions fut le discours prononcé mardi 28 août par l’épouse de Mitt Romney, Ann.

Le candidat républicain à la Maison Blanche et ses conseillers comptaient sur la très télégénique et appréciée Mme Romney pour reproduire ce que Michelle Obama avait fait lors de la convention démocrate de 2008 : "humaniser" son mari, souvent perçu comme un homme politique légèrement distant, et devenir son ambassadrice auprès des Américains moyens, plus particulièrement les femmes, dont les intentions de vote pour Romney restent faibles.

Jeune histoire d'amour

Âgée de 63 ans, Ann Romney est souvent louée pour sa bienveillance (elle a dit de Michelle Obama qu’elle était ravissante), son dévouement familial (elle a élevé cinq fils et s’occupe régulièrement de ses 18 petits-enfants), son courage face à l’adversité (elle a dû faire face à une sclérose en plaque en 1998 et a lutté contre un cancer du sein en 2008). Toutefois, dire que la vie d’Ann Romney ressemble à celle des Américains serait exagéré.

Née en 1949 dans une riche famille du Michigan, Ann Davies, a rencontré son mari, fils du gouverneur du Michigan George Romney, à l’école primaire. Leur histoire d’amour, elle, a débuté à l’âge de 15 ans.

À 17 ans, Ann se convertit à la religion mormone, non pas, selon elle, sous la pression de sa future belle-famille mais par conviction personnelle. Deux ans plus tard, elle épouse Mitt Romney. Lorsque le couple déménage à Belmont, une charmante banlieue de Boston, pour fonder une famille, Ann choisit de rester à la maison. Une décision qui a suscité "le mépris" des femmes actives de la côte nord-est des États-Unis, s'est-elle épanchée dans une interview accordée au "New York Times" en juin.

Romney, le francophile

Missionnaire pour l’Église mormone en France durant sa jeunesse, Romney ne cache pas son affection pour l’hexagone. "J'ai beaucoup de souvenirs en France. Les meilleurs sont les moments que j'y ai passés en vacances avec ma femme. Paris est l'une des plus belles villes au monde. J'ai hâte d'y retourner."

Des propos en apparence insignifiants mais très risqués lorsque l’on est un républicain qui brigue la présidence des États-Unis. Pour de nombreux conservateurs américains, le socialisme à la française est dangereux. Et la vague francophobe de 2003, suite au "non" de Chirac à la guerre en Irak est, pour beaucoup, toujours dans les mémoires.
 

Le quotidien d’Ann à Belmont (élever des enfants, jouer au tennis, aller à l’église et enseigner bénévolement la cuisine) était chargé mais confortable. "Ils se sont installés en banlieue, ont tissé des liens avec d’autres jeunes couples mormons et se sont enfermés dans leur cercle conservateur, privilégié, traditionnel, blanc et hétérosexuel", analysait en avril l'éditorialiste Maureen Dowd dans le "New York Times".

Première dame... du Massachusetts

Mais l’ambition politique de Mitt Romney a rapidement  brisé la routine de son épouse. Ses premiers pas sur la scène politique furent d’ailleurs assez mouvementés. En 1994, le pari de Mitt Romney d’entrer au Sénat face à Ted Kennedy se solde par un échec. Au même moment, dans un fade entretien au "Boston Globe", Ann Romney parle de régime alimentaire, d’investissements financiers et de ses très rares disputes de couple.

"Elle est passée pour une idiote et c'est vrai que c'était déplacé, analyse Thomas Whalen, politologue et professeur à l’université de Boston. Cela a permis à Ted Kennedy de désigner Mitt Romney comme un candidat éloigné du commun des mortels, ce qui est exactement la même méthode qu’utilise aujourd’hui Barack Obama."

Puis, au fil des années passées en tant que "Première dame du Massachusetts" lors du mandat de gouverneur de Mitt Romney (2003-2007) mais aussi après avoir arpenté les routes en 2008 et 2012 pour décrocher l’investiture républicaine, Ann Romney a pris de l’assurance. Depuis lors, elle est perçue comme un atout-clé dans la course à la présidence engagée par son époux. Elle apparaît toujours souriante à ses côtés dans les meetings, elle distribue des pancakes lors des petits déjeuners de campagne et se montre particulièrement bavarde avec les journalistes.

"Ils ont su la mettre en valeur, souligne Thomas Whalen. Le public est plus réceptif à Ann Romney qu’à son mari parce qu’elle donne l’impression d’être à l’écoute et d’avoir de la compassion. Sans elle, les sondages seraient moins favorables à son mari." Selon le politologue, cette affection repose aussi sur ses soucis de santé, notamment la sclérose en plaque, qui l’ont rendue "plus sympathique" aux yeux des Américains.

"Pas toujours sur la même longueur d'onde"

En 1998, sa maladie neuro-dégénérative est diagnostiquée pour la première fois. Ann Romney est clouée au lit par la douleur, l’épuisement et la dépression. En plus des traitements traditionnels, elle opte pour l’acupuncture et se lance dans le dressage de chevaux. Une passion à laquelle elle s’adonne même en voyage. L’un de ses chevaux a d’ailleurs participé aux Jeux olympiques de Londres, cet été.

Cette maladie l’a empêché de poursuivre ses études d’histoire de l’art et d'entamer une carrière professionnelle, explique-t-elle. Aussi sa vie s’est-elle concentrée sur les aspirations politiques de son époux. Bien qu’elle ait récemment admis ne "pas être toujours sur la même longueur d’onde que son mari" en matière de politique, elle n’a jamais précisé leurs points de désaccord.

Malgré cette précaution, Ann Romney ne parvient pas toujours à éviter les polémiques. Lors de la primaire républicaine, l'épouse du candidat multimillionnaire a quelque peu stupéfié le monde médiatique en affirmant qu’elle ne se considérait pas comme quelqu'un de "riche". Quelques semaines plus tard, lors d’une émission télévisée, elle arborait un chemisier valant près de... 800 euros. Dès lors, nombre d'Américains la percevaient comme une femme coupée de la vie réelle.

"Martyre"

Souvent attaquée sur son style de vie très privilégié, Ann Romney peut parfois tourner la situation à son avantage. Lorsque Hilary Rosen, conseillère au sein du Parti démocrate, crut bon affirmer, moqueuse, que Mitt Romney prenait conseil auprès de son épouse pour connaître les problèmes des femmes alors qu’elle "n’a jamais travaillé de sa vie", Ann Romney a simplement twitté qu’elle avait fait "le choix de rester à la maison et d’élever ses cinq garçons". "Croyez-moi, c’est un travail à part entière", avait-elle ajouté.

Soutenue de toutes parts (Michelle Obama a pris sa défense via Twitter), Ann Romney a martelé son discours sur la chaîne conservatrice Fox News. "Elle aurait dû venir chez moi lorsque mes cinq fils me donnaient du fil à retordre", a-t-elle lancé. Tout en précisant, en référence à ses ennuis de santé : "Je sais ce que c’est que de se battre".

D'après le journaliste de NBC, Garrett Haake, cette prise de bec a fait d'Ann Romney une véritable "stratège politique". "Le fait de me critiquer en tant que mère s’apparentait à un cadeau d’anniversaire avant l’heure. C’était un moment palpitant et j’ai adoré", a-t-elle confié, selon le journaliste, lors d'une soirée de levée de fonds.

Reste que cette sortie a elle aussi relancé les critiques. "Lorsqu’on tente de passer pour une martyre, il est capital de ne pas pousser le bouchon trop loin", a ironisé Maureen Dowd dans le "New York Times". "Si vous criez haut et fort que vous feigniez d’être offensée, vous risquez de paraître fausse. Comme votre mari". C’est, à ce jour, la remarque la plus cinglante portée à l'encontre de l'épouse du candidat républicain. Mais cette volonté d’en découdre avec ses détracteurs est aussi perçue comme un signal : Ann Romney est bel et bien prête à endosser le rôle de Première dame des États-Unis.

 

Première publication : 30/08/2012

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