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Moyen-orient

Le Conseil de sécurité de l'ONU reste muet sur la crise humanitaire syrienne

Texte par Dépêche

Dernière modification : 31/08/2012

Le Conseil de sécurité de l'ONU s'est achevé ce vendredi matin sans qu'aucune position sur la Syrie ne soit adoptée. L'opposition de la Chine et de la Russie à toute intervention rend difficile le vote d'une résolution.

REUTERS - Une réunion des ministres des Affaires étrangères des 15 membres du Conseil de sécurité de l’Onu sur la crise humanitaire syrienne s’est achevée vendredi matin sans résolution ni communiqué, alors que les puissances occidentales ont à nouveau menacé le président Bachar al Assad d’une intervention militaire.

L’adoption d’une résolution en ce sens par le Conseil de sécurité paraît impossible étant donné le blocage de la Russie et la Chine. Mais plusieurs pays pourraient intervenir en dehors de l’autorité de l’Onu, comme cela avait été le cas au Kosovo en 1999.

"Combien de temps allons-nous rester assis à regarder, alors qu’une génération entière est en train d’être décimée par des bombardements aveugles et des attaques ciblées de masse ?", a demandé le ministre turc des Affaires étrangères Ahmet Davutoglu au Conseil de sécurité.

"Je pensais que cette réunion déboucherait sur des solutions concrètes aux souffrances du peuple syrien", a-t-il ajouté. "Nous n’avons rien de neuf à dire aux milliers de Syriens qui souffrent aux mains du régime, alors que l’Onu est piégée par l’inaction."

Mercredi, Ahmet Davutoglu, a exhorté l’Onu à instaurer une zone refuge en Syrie pour les civils fuyant les combats qui font rage entre le régime de Damas et les insurgés, alors que le conflit dure maintenant depuis un an et demi.

"De telles propositions soulèvent des questions importantes et nécessitent un examen approfondi et critique", déclaré le vice-secrétaire général des Nations unies Jan Eliasson, soutenu, entre autres, par Paris.

"Large évential de solution"

"Devant cette situation qui heurte la conscience humaine, la conviction de la France est qu’il faut tout faire, tout tenter pour mettre fin aux violences et soulager la population civile", a dit le ministre français des Affaires étrangères Laurent Fabius devant le Conseil de sécurité, rappelant que Paris reconnaîtrait un gouvernement de transition dès qu’il serait formé par l’opposition syrienne.

"Nous n’écartons rien et avons prévu des solutions pour un large éventail de solutions", avait déclaré le chef de la diplomatie britannique William Hague lors d’une conférence de presse conjointe avec Laurent Fabius avant la réunion.

"Nous devons également dire clairement que tout ce qui ressemble à une zone de sécurité nécessite une intervention militaire, et c’est bien sûr quelque chose qui doit être considéré avec beaucoup de précaution", a-t-il ajouté.

La France, qui préside le Conseil pour le mois d’août, espérait que celui-ci pourrait s’accorder afin de pallier le manque d’aide humanitaire et a convoqué la réunion de jeudi en ce sens, y invitant aussi les ministres des Affaires étrangères de plusieurs pays voisins de la Syrie : la Turquie, le Liban, la Jordanie et l’Irak.

Mais l’absence des ministres chinois et russe des Affaires étrangères à cette réunion vient rappeler l’impasse dans laquelle se trouve le Conseil de sécurité sur le dossier syrien, alors que l’Onu estime à près de 20.000 le nombre de morts depuis le début du conflit.

Moins de la moitié des pays membres du Conseil ont envoyé leurs ministres assister à la réunion. Parmi les cinq membres permanents, seuls la France et le Royaume-Uni ont envoyé leur ministre.

La France et la Grande-Bretagne ont en outre annoncé jeudi une augmentation de leur aide humanitaire - trois millions de livres (3,8 millions d’euros) pour Londres, cinq millions d’euros pour Paris - et appelé les autres pays à les imiter.

Première publication : 31/08/2012

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