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Sports

Quand les lames deviennent l’enjeu des Jeux paralympiques

Texte par Stéphanie TROUILLARD

Dernière modification : 03/09/2012

Après avoir perdu la finale du 200 m, le Sud Africain Oscar Pistorius a dénoncé la longueur des lames du vainqueur, Alan Oliveira. Ces critiques ouvrent un nouveau chapitre du débat sur les avantages de certaines prothèses.

Oscar Pistorius n’aime pas perdre. Le triple champion paralympique n’a pas digéré sa défaite en finale du 200 m (catégorie T44) face au Brésilien Alan Oliveira, le 3 septembre. Deuxième à passer la ligne d'arrivée, il a mis en cause la longueur des lames de son adversaire, qui lui aurait permis de remporter la victoire.

"Je ne veux rien enlever à la performance d'Alan, c'est un grand athlète, mais ces gars sont beaucoup plus grands (NDLR : à cause de leurs prothèses), vous ne pouvez pas rivaliser avec la longueur de leurs enjambées", s’est plaint celui que l’on surnomme Blade Runner.

"Cette course n’a pas été juste. Le Comité international paralympique a ses règles et ces règles permettent à certains d’être plus hauts que d’autres. Les genoux de Alan sont 10,16 centimètres plus hauts qu’ils devraient l’être", a ajouté Pistorius qui n’avait jamais encore perdu sur cette distance.

Quelques semaines auparavant, c’est pourtant lui qui avait créé la polémique en tentant de démontrer que ses prothèses ne lui offraient pas un avantage en terme mécanique et au niveau de la restitution de ses forces. Lors des épreuves olympiques de Londres auxquelles il a participé aux côtés des valides,  le Sud-Africain avait été contraint de réduire la longueur de ses célèbres lames en carbone.

La finale du 200 m aux Jeux paralympiques de Londres

Une taille limite

Directement visé par les accusations de Pistorius, le Comité international paralympique a rapidement réagi. "Lors des Jeux paralympiques de Londres, tous les athlètes participant aux compétitions dans les catégories T42/43/44 (amputés au-dessus et en-dessous du genou) ont eu leurs prothèses mesurées pour voir si elles étaient conformes aux règlements du CIP", a expliqué l’organisation dans un communiqué publié quelques heures après les déclarations de l'athlète sud-africain.

Le CIP a rappelé que la longueur des lames était déterminée à partir d'une formule complexe, proportionnellement au corps des sportifs. En d’autres termes, les athlètes munis de prothèses ne doivent pas dépasser une taille maximale, qui se rapproche de celle qu’ils devraient avoir s’ils n’avaient pas été amputés ou s’ils n’étaient pas nés sans jambes.

Pour mieux se justifier, le Comité a posté dimanche soir sur son compte Twitter un document qui prouve que les contrôles ont été effectués. On peut y lire qu’Oscar Pistorius ne doit pas mesurer plus de 1m93 et Alan Oliveira 1m85.

La photo postée sur le compte twitter du Comité International Paralympique

"Les règlements ne sont pas clairs"

Selon Jo Maisetti, ces explications officielles n'apaiseront pas la polémique . Cet entraîneur d’athlétisme de l’équipe de France handisport affirme avoir été le témoin de plusieurs irrégularités depuis le début des Jeux paralympiques à Londres.

Lors de la finale du 200 m (catégorie T42), auquel a pris part le Français Clavel Kayitaré, il a notamment constaté que le Britannique Richard Whitehead, vainqueur de l’épreuve, avait des lames plus longues que ses adversaires. "Ce n’était pas proportionné. On avait l’impression de voir un géant sur la piste !", a raconté Jo Maisetti à FRANCE 24.

Ce coach réputé dénonce les zones d’ombre dans le règlement du CIP et le manque de sérieux qu’il a découvert depuis qu'il a rejoint le milieu paralympique en 2006.

"Quand j’étais avec les valides, le règlement était très précis. On pouvait faire valoir ses droits en cas de contestation. Mais avec le Comité international paralympique, je ne veux plus engager de recours car c’est voué à l’échec. On vous répond que votre appel est rejeté mais on ne vous donne pas d’explications. On a l’impression de se heurter à des portes de prison", insiste Jo Maisetti.

Des équipements similaires

Concepteur de prothèses pour des athlètes handisports présents aux Jeux paralympiques, Pierre Chabloz a lui aussi remarqué des lacunes dans le règlement.

"On n’exige rien de nous pendant la fabrication. Je sais seulement qu’il y a ensuite un comité qui valide les prothèses", a-t-il déclaré à FRANCE 24.

Pour autant, le responsable de cette entreprise d’orthopédie située dans l’Isère, la région Rhône-Alpes, ne comprend pas vraiment la polémique autour des prothèses. Selon lui, il n’y a pas de sportifs plus favorisés que les autres: "J’ai regardé les Jeux et tous les athlètes ont les mêmes lames. Il y a deux marques qui se disputent le marché : Össur et Otto Bock (NDLR : la première est islandaise, la seconde allemande). Les sportifs ont l'une ou l'autre".

"La seule différence qu’il peut y avoir, c’est au niveau de l’emboîture (NDLR : partie de la prothèse qui est faite sur mesure pour s'adapter au moignon). Elle peut être plus confortable suivant le travail du prothésiste et la qualité du montage", précise-t-il. "Mais après, l’épreuve se joue selon la qualité du bonhomme qui court".

Une entreprise française fabrique des prothèses pour des athlètes présents aux Jeux paralympiques

Avantage ou pas, la rivalité entre Oscar Pistorius et Alan Oliveira ne fait que commencer. Même si le Sud-Africain s’est depuis excusé pour ses propos "inappropriés", il aura à cœur de battre son rival brésilien lors de leurs prochaines confrontations. Les deux champions seront de nouveau opposés sur 100 m le 6 septembre et sur 400 m le 8.
 

Première publication : 03/09/2012

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