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EUROPE

Des migrants marocains chassés d'un îlot espagnol par les autorités de Rabat et de Madrid

Texte par Dépêche

Dernière modification : 04/09/2012

Les forces de l'ordre espagnoles et marocaines ont conjointement délogé, dans la nuit de lundi à mardi, des dizaines de candidats à l'immigration regroupés sur un îlot espagnol accessible à la nage depuis le Maroc.

AFP - Les forces de l'ordre espagnoles et marocaines ont délogé ensemble, dans la nuit de lundi à mardi, des dizaines de migrants installés sur un îlot espagnol désert et les ont renvoyés au Maroc, mettant fin de manière abrupte à un casse-tête pour les deux pays.

Des mineurs et des femmes ont été conduits en territoire espagnol. Mais "les autres ont été délogés à l'aube", a indiqué à l'AFP un porte-parole de la Garde civile espagnole, expliquant que l'opération a été menée "conjointement" par l'Espagne et le Maroc, "sans aucun incident". "Simplement, nous avons délogé (les migrants) de l'îlot car c'était un danger que ces personnes restent là", a-t-il ajouté.

Sur les sites internet des journaux El Pais et El Mundo, des photos prises dans la nuit montraient des militaires espagnols sur un zodiac, en train de ramener les migrants vers le Maroc, et franchissant les derniers mètres dans l'eau pour les remettre aux forces de l'ordre marocaines sur la plage tout en s'efforçant de ne pas poser le pied sur le sol de ce pays.

"Les conditions maritimes ont permis (l'intervention, ndlr) parce qu'avant, cela aurait été impossible", a expliqué à l'AFP un porte-parole du ministère espagnol de l'Intérieur, précisant que "l'évacuation s'est achevée à 4H30 du matin (02H30 GMT)".

Au total, 83 migrants venus d'Afrique sub-saharienne avaient débarqué ces derniers jours sur l'île de Terre (Isla de Tierra), un îlot inhabité accessible à la nage depuis une plage marocaine, créant un véritable casse-tête pour l'Espagne qui a accusé les mafias d'avoir "coordonné" leurs débarquements.

L'évacuation a eu lieu en deux temps : "dix migrants, des mineurs et des mères de famille, ont été amenés en Espagne et sont à Melilla actuellement", selon le ministère espagnol de l'Intérieur. Selon les médias, ils sont en observation médicale.

Mais "73 migrants ont été envoyés au Maroc pour être rapatriés", a-t-il ajouté, une information confirmée par les autorités marocaines.

Selon une source sécuritaire marocaine, ils ont été "pris en charge" par les forces de l'ordre dans l'attente de leur expulsion vers la frontière algérienne d'où ils avaient gagné dernièrement le royaume.

Lors de l'opération, deux migrants ont été blessés légèrement, a-t-on appris auprès des autorités marocaines.

Le ministère espagnol de l'Intérieur a lui nié tout incident : "la plupart des migrants ne voulaient pas aller au Maroc, mais il n'a pas été nécessaire d'employer la force et il n'y a pas eu de débordement".

Lundi soir des sources gouvernementales espagnoles avaient indiqué qu'un début d'accord avait été trouvé avec les autorités marocaines sur le sort des immigrants.

Les deux pays ont donc réglé, de manière très rapide, une situation qui s'annonçait comme un véritable casse-tête: "ici, l'objectif n'est pas tant d'avoir à agir de cette manière (en évacuant les migrants, ndlr), mais d'éviter que d'autres migrants arrivent sur les rochers espagnols", a confié le porte-parole du ministère espagnol de l'Intérieur.

L'Espagne doit déjà gérer l'épineuse question de ses enclaves de Ceuta et Melilla, seules frontières terrestres entre l'Afrique et l'Europe et donc très prisées par les migrants, qui tentent régulièrement d'y entrer.

Le ministre espagnol des Affaires étrangères, José Manuel Garcia Margallo, s'était dit lundi "convaincu" que l'arrivée de sans-papiers sur la Isla de Tierra était "une opération coordonnée par les mafias qui font du trafic d'êtres humains".

Le pays avait fourni ces derniers jours une aide en couvertures, eau et nourriture aux migrants débarqués sur l'îlot, refusant toutefois de leur laisser entrevoir le moindre espoir d'être transférés sur la péninsule ibérique.

Il mise désormais sur une coopération accrue avec le Maroc pour éviter que ce genre de situation se reproduise: "la réponse conjointe des gouvernements espagnol et marocain, et de l'Union européenne, est de dire "ça suffit" à ceux qui font du trafic d'êtres humains, mettant en danger la vie des plus vulnérables comme les femmes enceintes et les jeunes enfants", a déclaré mardi le préfet espagnol à Melilla, Abdelmalik El Barkani, à la radio nationale.

 

 

 

Première publication : 04/09/2012

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