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FRANCE

L'incident à Fessenheim relance le débat sur la fermeture de la centrale

Vidéo par France 3

Texte par FRANCE 24

Dernière modification : 05/09/2012

L'incident, qui s'est déclaré mercredi à la centrale nucléaire de Fessenheim (Haut-Rhin) et qui a fait deux blessés légers, relance le débat houleux sur la fermeture de la plus vieille installation du parc électronucléaire français.

Un incident  s'est produit mercredi après-midi dans le bâtiment du réacteur de la centrale nucléaire de Fessenheim, dans la région du Haut-Rhin, à la frontière française avec l'Allemagne, brûlant légèrement deux personnes aux mains.

D’après EDF, l'opérateur de la centrale, il s’agit d’un dégagement de vapeur d'eau - et non pas d’un départ incendie comme l'avaient initialement annoncé des pompiers à l'agence Reuters - qui s'est produit au cours d'une opération de maintenance sur le réacteur n°1 de la centrale.
 
Contactée par FRANCE 24, la préfecture confirme cette information, précisant que l’incident correspondait à "un dégagement de vapeur d’eau oxygénée résultant d’un mélange entre deux produits absolument non radioactifs. Les moyens prévus ont été rapidement dépêchés sur place et les choses sont très cadrées," a déclaré un employé.
 
La ministre de l'Écologie, du Développement durable et de l'Énergie Delphine Batho s'est immédiatement entretenue avec l'Autorité de Sûreté Nucléaire, qui lui a confirmé que cet incident était sans enjeu de sûreté.
 
Selon les brigades de gendarmerie présentes sur place, l’intervention, débutée vers 15 h, n’aura duré que quelques heures. "Ce n’est rien d’important, et cela n’a rien à voir avec le nucléaire," a précisé un gendarme à FRANCE 24. Le Préfet devait se rendre sur place en fin de journée.
 
"Faut-il attendre qu’il y ait des morts pour fermer la centrale ?"
 
La centrale de Fessenheim, la plus vieille du parc nucléaire français, est au cœur d’une polémique aussi vive que durable. Installée au bord du Rhin, elle comprend deux réacteurs de 900 mégawatts, tous deux raccordés au réseau électrique national, qui ont été mis en service en 1977. Durant sa campagne présidentielle, François Hollande a promis aux écologistes qu’elle serait fermée d’ici à 2017.
 
La polémique autour de Fessenheim
Mais les risques sismiques ainsi que la récurrence des incidents inquiètent les associations qui réclament une fermeture anticipée. En avril, un départ de feu avait eu lieu dans une salle des machines, dans la partie non nucléaire, sans faire de blessés. Hasard du calendrier, les associations rencontraient d’ailleurs mercredi après-midi le cabinet de Delphine Batho pour discuter d’un calendrier de fermeture.
 
"Cette centrale est une véritable épée de Damoclès sur l’Alsace comme sur les pays voisins", s’insurge sur l’antenne de FRANCE 24 André Hatz, membre de l’association Stop le nucléaire. "Il y a quatre fois plus d’accident à Fessenheim que dans les autres centrales. Faudra-t-il attendre qu’il y ait des morts pour fermer la centrale ?" interroge le militant.
 
Confusion autour du calendrier
 
Les experts nucléaires rappellent néanmoins que Fessenheim est soumise, comme toutes les centrales françaises, à des visites décennales, opérations techniques de l’Autorité de sureté nucléaire (ASN) qui procède à une évaluation des installations, à un contrôle des chantiers et à la réalisation de travaux de maintenance.  
 
"La centrale de Fessenheim a fait l’objet d’une visite approfondie, dite décennale, et l’ASN a donné à EDF une série de modifications pour obtenir le droit de fonctionner dix ans de plus. Si EDF fait les renouvellements nécessaires, il n’y a aucune raison de fermer la centrale prématurément", estime Bertrand Barré, professeur émérite à l'Institut national des sciences et techniques nucléaires.
 
Mais le coût de ces chantiers de mise en conformité - dont les derniers ont coûté 200 millions et mobilisé jusqu'à 900 techniciens et ingénieurs - fait craindre aux associations un délai du calendrier de fermeture.
 
"EDF a prévu de faire des travaux qui lui permettront de poursuivre l’exploitation de la centrale durant 10 ans. Étant donné le coût des travaux et la fermeture de plusieurs mois qu’engendreront ces opérations, on peut douter de l’envie d’EDF de fermer la centrale en 2017", souligne sur FRANCE 24 Sophia Majnoni, chargée de campagne nucléaire chez Greenpeace en France.
 
Elle souhaite que la fermeture soit rapide. "Nous n’avons pas besoin de Fessenheim pour subvenir aux besoins énergétiques du pays. Il n’y a aucune raison de continuer à prendre des risques avec cette centrale", insiste la militante écologique.

 

Première publication : 05/09/2012

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