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Amériques

Bogota exclut un cessez-le-feu rapide avec les Farc

Texte par Dépêche

Dernière modification : 07/09/2012

Le président colombien, Juan Manuel Santos, a réaffirmé jeudi son opposition à un cessez-le-feu rapide proposé par les Farc, la principale guérilla colombienne, en vue des pourparlers de paix prévus dès octobre en Norvège puis à Cuba.

AFP - Le président colombien Juan Manuel Santos a appelé jeudi les Farc au réalisme en vue des négociations de paix, excluant notamment d'accepter un cessez-le-feu proposé par la guérilla, avant de parvenir à un accord final pour mettre fin à un demi-siècle de conflit.

"Cela doit être une table (de négociations) sérieuse, réaliste et efficace. Si nous entendons des propositions qui ne sont pas réalistes, le processus ne va pas être efficace", a lancé M. Santos, en réaction aux propos tenus par la rébellion marxiste lors d'une conférence de presse à La Havane.



Le chef de l'Etat a réaffirmé son opposition à un cessez-le-feu rapide, que les Forces armées révolutionnaires de Colombie (Farc) ont proposé d'instaurer dès le début des pourparlers, prévus à partir d'octobre en Norvège puis à Cuba.

"Ce n'est pas viable, ce n'est pas réalisable", a-t-il souligné, lors d'un discours devant une cinquantaine de généraux réunis au fort de Tolemaida, centre d'entraînement des armées, au sud-ouest de Bogota.

Les prochaines négociations constituent la quatrième tentative de négociations avec les Farc, principale guérilla de Colombie qui compte quelque 9.200 combattants après 48 ans d'existence.

M. Santos a même appelé les soldats à "intensifier leurs actions" face à la principale guérilla du pays, dont les troupes ont fondu de moitié en dix ans à la suite d'une série de revers militaires. "Il n'y aura aucun cessez-le-feu, rien, tant qu'on arrivera pas à l'accord final", a-t-il martelé.

Auparavant le président colombien avait décliné une autre revendication formulée par les Farc, celle d'inclure parmi leurs émissaires de paix un ancien haut dirigeant rebelle, Simon Trinidad, actuellement emprisonné aux Etats-Unis où il purge une peine de 60 ans de prison.

"Nous n'avons aucun veto pour les émissaires que désigneront les Farc. Mais il y en qui pourront être là-bas et d'autres qui ne le pourront pas", avait-il réagi, avant de préciser: la présence de Trinidad "ne dépend pas de nous".

Simon Trinidad, de son vrai nom Ricardo Palmera, 62 ans, a été arrêté en novembre 2004 en Equateur puis renvoyé en Colombie avant d'être extradé aux Etats-Unis, où il a été condamné en 2008 pour l'enlèvement de trois civils américains qui travaillaient pour une entreprise privée de sécurité.

Ces otages, enlevés en 2003 après la chute de leur avion, avaient été libérés cinq ans plus tard en même temps que l'ex-candidate présidentielle Ingrid Betancourt lors d'une opération de l'armée.

La question des enlèvements a d'ailleurs suscité jeudi une autre controverse en Colombie.

Des dizaines de proches de personnes séquestrées se sont rassemblés à Bogota pour exprimer leur indignation à l'égard des Farc qui ont assuré ne plus détenir d'otages, lors de leur conférence de presse à Cuba.

Les manifestants ont exigé d'être représentés à la table des négociations. "Il faut qu'une personne ayant souffert (de cette situation) soit présente", a indiqué à l'AFP Maria Elena Galvez, une femme sans nouvelle de son père enlevé en 1991.

La guérilla des Farc détiendrait encore 405 otages, selon l'ONG colombienne Pays Libre, tandis que d'autres associations évoquent des milliers de personnes séquestrées.
 

Première publication : 07/09/2012

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