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Dernière modification : 02/11/2012

Institut Confucius : l’offensive culturelle chinoise

La Chine est un géant politique, un titan économique mais un nain culturel. Les Chinois le savent, le déplorent et ont décidé de passer à l’offensive. En 2004, la Chine a crée les Instituts Confucius pour diffuser la culture chinoise dans le monde entier. Aujourd’hui, on compte plus de 280 instituts Confucius et plus 290 écoles de langues.

Un quartier résidentiel de la capitale allemande. C'est dans cette dépendance de l'Université Libre de Berlin qu'est hébergé l'institut Confucius, côte à côte avec d'autres instituts prestigieux.

La mission première de l'établissement ouvert en 2005 est de dispenser des cours de chinois. Güntülü est étudiante en ingénierie du bâtiment. Elle apprend le chinois car pour elle, la Chine, c'est avant tout un marché prometteur.

L'institut Confucius est financé par l'université berlinoise et par Pékin. Il a été récompensé à trois reprises par les autorités chinoises, notamment pour son programme culturel. Expositions, projections de films... Ce soir-là, vingt personnes sont venus voir "Les héroïques", un classique de Wu Xia Pan sur l'idéal de vie zen...

Les cours de calligraphie sont eux aussi très prisés. On y apprend la beauté du geste, mais pas seulement. L'art de l'écriture est aussi une introduction à la culture chinoise. D’ailleurs, pour Chen Chung-Huei, professeure de calligraphie à l’Institut Confucius de Berlin, “ce serait dommage de n’apprendre qu’à écrire des mots… D’autant qu’on peut aussi découvrir l’histoire, la philosophie ancienne et se cultiver ”.

Les instituts Confucius participent donc à la stratégie d'expansion culturelle chinoise. Mais la directrice du centre affirme qu'elle est libre dans le choix de sa programmation. Elle connaît les reproches formulés à l'encontre de ces établissements et s’en défend : “On parle de hard power pour décrire les guerres, l’autre forme d’affrontement étant la culture. Mais cela a toujours été la fonction de ce type d’instituts, que ce soit l’institut Goethe, la maison de France ou le British Council”.

Avec 350 établissements culturels dans le monde entier, la Chine s'est définitivement engagé sur ce terrain. Et pour certains, nous sommes encore loin de l’objectif à atteindre. Martin Davidson, le directeur du British Council, met un point d’honneur sur la question de l’indépendance vis-à-vis des gouvernements. Selon lui, l’Institut Confucius est encore trop proche du gouvernement chinois. Pourtant, lorsque ces divers instituts, britannique compris, possèdent des financements de leur gouvernement, on peut se demander quel est le degré d’indépendance qu’ils entretiennent…

La réponse de Martin Davidson est sans appel : “Nous avons des financements du gouvernement britannique mais nous exerçons nos activités à une certaine distance de celui-ci. Nous avons des conversations sur ce que nous devrions faire, mais nous ne parlons pas, avec le gouvernement, de la façon dont nous devrions faire notre travail. Nous pensons donc que cette indépendance est très importante”.

Néanmoins, Xavier Darcos, Président de l’Institut Français, ne tient pas tout à fait le même discours que son homologue britannique. Il rappelle que si le British Council est une association, l’Institut Français ne revêt pas le même statut car il est un établissement public. De ce fait, il se doit de prendre en compte le fait qu’il s’inscrive dans un sillage politique.

Par Kim VO DINH , Anne MAILLIET , Ali LAIDI

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