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Moyen-orient

Lakhdar Brahimi entame sa mission de médiation par une réunion au Caire

Vidéo par FRANCE 24

Texte par Dépêche

Dernière modification : 10/09/2012

Alors que l'armée poursuit ses raids au dessus d'Alep, le nouveau médiateur de l'ONU et de la Ligue arabe pour la Syrie a évoqué, ce lundi, sa délicate mission lors d'une réunion avec des responsables égyptiens et arabes au Caire.

AFP - Le nouveau médiateur international pour la Syrie, Lakhdar Brahimi, a reconnu lundi que sa tâche était "très difficile", au début de sa délicate mission de paix au Caire.

Le conflit en Syrie, déclenché en mars 2011 par une contestation pacifique qui s'est militarisée face à la brutale répression, devait également être au menu d'une réunion au Caire incluant des représentants de l'Iran, de l'Egypte, de l'Arabie saoudite et de la Turquie.

Près de 18 mois après le début des violences qui ne connaissent aucun répit, rien ne permet de croire à une solution proche tant sont grandes la haine entre la rébellion et le régime de Bachar al-Assad et les divergences entre les grandes puissances sur les moyens de régler le conflit.

"Je réalise que c'est une mission très difficile mais je pense que je n'ai pas le droit de refuser d'apporter une aide au peuple syrien", a dit M. Brahimi devant la presse après une rencontre avec Nabil al-Arabi, le chef de la Ligue arabe qui a suspendu la Syrie de ses travaux.

Il a ajouté qu'il comptait se rendre en Syrie "dans les prochains jours" pour "y rencontrer des responsables et des gens de la société civile". Tout en disant "espérer" rencontrer M. Assad, il a souligné qu'à ce stade il "ne savait pas" si cela serait possible.

M. Arabi a pour sa part affirmé que la mission de M. Brahimi, mandaté par l'ONU et la Ligue arabe pour tenter de rétablir la paix en Syrie, était "presque impossible" mais s'est dit confiant dans la capacité du diplomate algérien à la mener.

Arrivé dimanche soir au Caire, l'émissaire international, qui a pris ses fonctions officiellement le 1er septembre, devait encore rencontrer le président égyptien Mohamed Morsi, favorable à un départ du régime Assad qu'il a qualifié d'"oppressif".

M. Brahimi, qui aussitôt après sa nomination avait tenu à ne pas soulever trop d'espoirs, devait voir ensuite le chef de la diplomatie égyptienne Mohammed Kamel Amr.

Groupe de contact

M. Brahimi a succédé à Kofi Annan, qui a démissionné le 2 août en admettant l'échec de plusieurs mois d'efforts, qu'il a attribué à un manque de soutien de la communauté internationale divisée entre Russes, Chinois et Iraniens, alliés du régime, et Occidentaux, Arabes et Turcs, partisans d'un départ de M. Assad.

Si tous les pays soutiennent les efforts de M. Brahimi, ils ne s'accordent pas sur les moyens de parvenir à un règlement. Pékin et Moscou ont bloqué au Conseil de sécurité de l'ONU trois résolutions condamnant le pouvoir.

Dans le cadre d'autres efforts diplomatiques, l'Egypte a confirmé la tenue d'une première réunion au Caire d'un "groupe de contact" sur la Syrie dont M. Morsi a proposé la mise sur pied, mais dont la création n'a jamais été annoncée officiellement.

"Des délégations des ministères des Affaires étrangères des quatre pays (...) se réunissent aujourd'hui", a indiqué le ministère égyptien des Affaires étrangères. L'Iran y a dépêché son vice-ministre des Affaires étrangères Hossein Amir Abdollahian.

Damas avait pourtant affirmé vendredi que M. Morsi avait "signé l'arrêt de mort" de ce groupe par ses appels à un changement de régime.

Et pendant ces initiatives tout azimuts, les violences continuent de plus belle sur de nombreux fronts faisant de nouveaux morts et occasionnant de nouveaux dégâts, le régime restant décidé à en finir avec une rébellion qu'il assimile à du "terrorisme".

A Alep, la métropole du nord meurtrie par huit semaines de combats, l'armée de l'air a pilonné plusieurs quartiers rebelles, au lendemain d'un attentat contre des bâtiments abritant des forces fidèles au régime qui a fait 27 morts, selon l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH).

Immeubles effondrés

"Plusieurs immeubles se sont effondrés et les rebelles utilisent des batteries anti-aériennes" pour tenter de résister aux raids aériens, a affirmé à l'AFP Rami Abdel Rahmane, président de l'OSDH.

L'artillerie lourde de l'armée a aussi visé Sayeda Zeinab, haut lieu de pèlerinage chiite près de Damas, de même que des localités à Deraa (sud), Idleb (nord-ouest), Hama et Homs (centre) et dans la province de Damas. De violents combats avaient en même temps lieu dans ces secteurs d'où l'armée cherche à déloger les rebelles, a ajouté l'ONG.

Les violences ont coûté la vie à 21 personnes, selon un bilan provisoire, les morts se comptant par dizaines tous les jours.

Depuis le début du conflit le 15 mars 2011, plus de 27.000 personnes ont été tuées selon l'OSDH, et des centaines de milliers ont été poussé à l'exil. En outre 1,2 million de Syriens à l'intérieur du pays dévasté ont besoin d'aide.

"Nous devons nous assurer que toute personne, des deux côtés, qui commette des crimes de guerre, des crimes contre l'humanité ou autres violations des droits de l'homme internationaux ou du droit humanitaire soient traduits en justice", a dit le chef de l'ONU Ban Ki-moon devant le Conseil des droits de l'homme de l'ONU à Genève.

Il s'est dit "profondément troublé par les bombardements aériens de civils par les forces du gouvernement" syrien, ainsi que par "l'augmentation des tensions interconfessionnelles, la détérioration de la situation humanitaire".

Première publication : 10/09/2012

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