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Amériques

Mark Owen, le Navy Seal qui dit avoir abattu Ben Laden

Texte par Assiya HAMZA

Dernière modification : 10/09/2012

Mark Owen, l’ex-Navy Seal, révèle dans son livre "No Easy Day" des détails inédits sur la mort du numéro un d'Al-Qaïda, abattu par les forces spéciales en 2011 au Pakistan. Un récit qui diffère sensiblement de la version donnée par le Pentagone.

C’était sa première interview depuis son départ en retraite. Mark Owen, membre de l’unité d’élite Navy Seal et auteur du livre "No Easy Day" ("Pas un jour facile", en français) a accordé, dimanche, une interview exclusive à 60 minutes, une émission phare de la chaîne américaine CBS. Ce récit minute par minute de l’opération américaine qui s’est soldée par la mort d’Oussama Ben Laden bat en brèche la version officielle du Pentagone.

"Nous n’avons pas été mandatés pour le tuer"

Pour préserver son anonymat mais aussi sa sécurité, Mark Owen a dû être grimé, sa voix modifiée. CBS n’a pas lésiné sur les moyens : près de 4 heures de maquillage ont été nécessaires pour le métamorphoser. À l’écran, le résultat est troublant. Rien ne permet de distinguer, dans son visage, le vrai du faux.

 

"Nous n’avons pas été mandaté pour le tuer", assure Mark Owen, évoquant l’opération lancée le 2 mai au Pakistan autour du domicile du numéro un d’Al-Qaïda, Oussama Ben Laden. Navy Seal depuis 14 ans, décoré de la Silver Star (l’équivalent de la médaille du mérite) pour sa bravoure, le soldat insiste : en aucun cas, il ne s’agissait d’un "assassinat". Le mot d’ordre de l’équipe 6, un escadron d’élite, était plutôt "tuez-le ou capturez-le", martèle-t-il.
 
"Nous avons trouvé Ben Laden"

En avril 2011, Mark Owen rentre tout juste d’Afghanistan quand, avec 24 de ses camarades, il est envoyé à l’entraînement en Caroline du Nord. Dans une salle de conférence top secrète, il découvre une reproduction d’un complexe immobilier. Puis, une phrase est lâchée, l’air de rien : "Nous avons retrouvé Ben Laden".

L’opération baptisée "Neptune spear", "la lance de Neptune" en français, est dirigée par la CIA. Celui que les services de renseignement pensent être Oussama Ben Laden est surnommé "The Pacer", autrement dit celui qui fait les cent pas, en référence à la petite balade quotidienne de l’homme le plus recherché du monde dans les jardins de sa résidence. Il a été localisé à Abbottabad, au Pakistan. C’est là qu’il habite depuis cinq ans. Pendant un mois, Mark Owen et ses coéquipiers s’exercent dans une reproduction grandeur nature de la propriété de Ben Laden. Fin avril, les Navy Seals atterrissent sur une base américaine en Afghanistan. Tout est prêt pour l’opération. Il ne manque plus que l’aval du président des États-Unis. Barack Obama n’est pas encore convaincu. L’identité du "leader" n’a pas été confirmée. Puis le 30 avril, il donne enfin son feu vert. "La lance de Neptune" peut commencer.
 
"Il est mort, vous l'avez tué"
Le 2 mai, l’assaut est donné. L’opération est censée durer 30 minutes. Pas une seconde de plus. Mais, lorsque l’un des deux hélicoptères dans lesquels ils étaient embarqués s’écrase, les Navy Seals sont contraints à l’improvisation. À l’intérieur, tout se passe très vite. Pièce après pièce, Mark Owen et ses camarades sécurisent les lieux. Le fils du numéro un d’Al-Qaïda, Khalid, est abattu 15 minutes après le début de l’assaut. "Vous savez, ça n’est pas comme au cinéma", précise Mark Owen. "Dans les films, tout est bruyant, fou, tout le monde crie. Mais là, c’est notre boulot. Et nous le faisons bien. Tout est calme, comme si nous l’avions déjà fait un million de fois. On a un dicton : ne court pas à ta mort ".
 
"On ne pouvait pas voir ses bras"

Puis, une tête apparaît dans l’entrebâillement d’une porte. Un soldat tire. L’homme gît sur le sol, blessé à la tête. Il bouge encore. "On ne pouvait pas voir ses bras. Il pouvait tenir quelque chose, une grenade ou cacher quelque chose", poursuit Mark Owen. Les hommes du Navy Seal ouvrent alors le feu, encore et encore. Il ignore qu’il vient d’achever l’ennemi public numéro un. "À ce moment là, ça pouvait être n’importe qui. Ça pouvait être fils, un garde du corps. Peu importe, cela ne comptait pas. Il fallait sécuriser les lieux".
 
Ces détails ne figurent pas dans le livre "No Easy Day" qui vient de paraître. Des informations sans doute classées secret défense, et qui pourraient entraîner des poursuites contre l’ex-militaire. D’autant plus qu’elles viennent contredire la version officielle. Les responsables du Pentagone affirment, eux, que les commandos ont tiré sur Ben Laden alors qu'il était dans sa chambre et qu'il résistait.
 
L’ancien membre des commandos n’a pourtant pas réalisé tout de suite que l’homme, qu’il venait d’abattre avec un autre membre de son équipe, était Oussama Ben Laden. "Dans mon esprit, il avait l’air plus jeune qu’il n’aurait dû l’être. Sa barbe n’était pas grise. Vous savez, j’avais étudié de nombreuses photos. Là, sa barbe était bien noire".
 
"J’ai eu Geronimo"

La confirmation viendra d’un jeune garçon et d’une des femmes, retranchés dans une pièce de la maison : "C’est Oussama Ben Laden". La Maison Blanche est alors prévenue. "Au nom de dieu et de la patrie, a lancé le commandant, j’ai eu Geronimo, [autre nom de code de Ben Laden, NDLR]. Geronimo a été tué au cours de l’opération", se souvient Mark Owen.
 
Pour prouver la mort de celui qui était traqué sans relâche depuis dix ans, des échantillons d’ADN sont prélevés sur le cadavre du numéro un d’Al-Qaïda. L’ex-marine, lui, prend des photos. "J’ai réalisé qu’il s’agissait probablement des photos les plus importantes de toute ma vie", confie-t-il. Le visage d’Oussama Ben Laden, couvert de sang, est nettoyé avec de l’eau. "Il avait une balle dans la tête, c’était assez horrible". La dépouille d’Oussama Ben Laden est ensuite placée dans un sac et chargée dans l'hélicoptère. Trente minutes se sont écoulées depuis le début de la mission. Alertés par les coups de feu, les riverains commencent à sortir dans la rue. Les Navy Seals sont exfiltrés.
 
Lorsque le président Obama reçoit le commando d'élite pour les féliciter, il demande qui était l'auteur du coup mortel porté à l'ennemi public numéro un. La question est restée sans réponse. "Il est très facile d’appuyer sur la détente (…) Peu importe qui c’était. Ça n’a aucune importance", rapporte Mark Owen.
 
À la veille des commémorations du 11-Septembre, l’ouvrage de Mark Owen caracole déjà en tête des ventes. L’auteur précise pourtant qu’il ne révèle aucun secret. Humblement, il assure avoir "seulement essayé de laisser entrevoir aux lecteurs ce que l’on ressent quand on est là-bas".

 

Première publication : 10/09/2012

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