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Economie

L'ex-first Lady allemande refuse d'être l'escort-girl de Google

Texte par Sébastian SEIBT

Dernière modification : 11/09/2012

Bettina Wulff, femme de l’ancien président allemand Christian Wulff, a déposé plainte contre Google. En cause : le moteur de recherche propose automatiquement les mots "prostituée" et "escort-girl" quand on tape son nom.

Bettina Wulff est en colère. La femme de l’ancien président allemand Christian Wulff ne veut plus que le moteur de recherche Google “suggère” qu’elle puisse avoir un lien avec la prostitution et le monde des escort-girls. Elle a même déposé une plainte en justice, le 7 septembre, afin que le géant américain de l’Internet efface ces propositions qui s’affichent lorsqu’on commence à taper son nom dans la boîte de recherche.

Introduit en septembre 2010, la recherche instantanée doit permettre de gagner du temps en affichant une liste de suggestions au fur et à mesure que l’internaute écrit sa requête. Ainsi lorsqu’on tape en France la lettre “f”, Google propose directement “Facebook” ou “France”.

Mais dans le cas de Bettina Wulff, cette fonction théoriquement pratique renvoie cette femme de 38 ans à une campagne de rumeurs et de calomnies sur le Web qui remonte à 2006 et à sa rencontre avec Christian Wulff. Tout au long de l’ascension politique de son mari, des opposants au futur président allemand avaient tenté de le déstabiliser en suggérant que sa femme avait un passé sulfureux, rappelle lundi 10 septembre le quotidien de gauche "Sueddeutsche Zeitung".

Bettina Wulff avait alors fait le choix d’ignorer ces rumeurs afin de ne pas parasiter la carrière de celui qui allait occuper le poste de président allemand de juin 2010 à février 2012. Mais ces colportages sont restés dans la mémoire de l’Internet et surtout du moteur de recherche Google, ce que la jeune femme ne supporte plus maintenant que son mari a démissionné.

"Viol", "sataniste"

Bettina Wulff n’est pas la seule à combattre les modalités du moteur de recherche et d’autres avant elle ont obtenu gain de cause pour des faits similaires. En France, Google s’est déjà fait condamner deux fois en 2010 : la multinationale a dû faire en sorte que le nom d’une entreprise ne soit plus associé à “arnaque” par la fonction “autocomplete” de la recherche instantanée et elle a aussi dû s’assurer que les termes “viol” et “sataniste” ne soient plus accolés au nom d’un particulier.

Toujours en France, Google a trouvé en juin dernier un accord resté confidentiel avec des associations anti-racistes au sujet des suggestions qui faisaient systématiquement ressortir le mot “juif” lors de requêtes concernant plusieurs personnalités de premier plan, dont François Hollande.

Au Japon, Google s’est également retrouvé en difficulté judiciaire à cause de cette fonction controversée de son moteur de recherche. La justice a donné raison, en mars dernier, à un homme qui s’était plaint de ne pas pouvoir trouver de travail car une recherche sur Google le concernant générait des suggestions relatives à des “actes criminels”.

À chaque fois, le géant de Mountain View nie toute responsabilité. Contacté par FRANCE 24, Google explique que "les requêtes qui sont affichées par 'autocomplete' sur le moteur de recherche Google.de sont un reflet de l'activité de recherche de l'ensemble des internautes. Elles sont générées de façon algorithmique, sur la base de nombreux facteurs qui incluent notamment la popularité des termes recherchés. Google ne suggère pas ces termes - l'ensemble des requêtes affichées par 'autocomplete' sur Google.de ont été préalablement saisies par des utilisateurs de Google". Une ligne de défense qui n'a pas impressionné jusqu'à présent la plupart des tribunaux.

Première publication : 11/09/2012

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