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Economie

PSA : la restructuration validée, mais la stratégie du groupe critiquée

© Charlotte Boitiaux - France 24

Vidéo par France 3

Dernière modification : 11/09/2012

Le rapport remis au gouvernement sur la situation financière de PSA Peugeot Citroën estime que le plan d'économies prévoyant la suppression de 8 000 postes est inévitable. Le texte critique toutefois la décision de fermer le site d'Aulnay.

La direction de PSA Peugeot Citroën a multiplié depuis 20 ans des erreurs stratégiques qui rendent aujourd'hui inévitable et "urgente" sa restructuration, qui prévoit la suppression de 8 000 postes en France, selon les conclusions d'un rapport dévoilé ce mardi 11 septembre par le gouvernement et présenté aux syndicats.

Le document critique également le manque de transparence du constructeur automobile et appelle à "un dialogue social exemplaire" pour explorer "toutes les pistes" de sauvegarde de l'emploi au sein du groupe. "Dans l'immédiat, PSA doit d'urgence redresser la situation, avertit l’auteur du rapport, Emmanuel Sartorius. La nécessité, dans son principe, d'un plan de réorganisation des activités industrielles et de réduction des effectifs n'est malheureusement pas contestable."

Emmanuel Sartorius, ingénieur des Mines, avait été mandaté fin juin par le ministre du Redressement productif, Arnaud Montebourg, pour établir un diagnostic sur PSA, qui venait d’annoncer la fermeture du site d'Aulnay-sous-Bois, près de Paris. Cette dernière s'inscrit dans un plan de restructuration plus large qui prévoit 8 000 suppressions d'emplois en France.

"Pris en tenaille"

Trop dépendant d'un marché européen qui pèse encore la moitié de ses ventes, PSA est aussi handicapé par sa position de constructeur généraliste, "pris en tenaille entre les voitures produites à bas coût en Europe centrale et orientale, d'un côté, et les constructeurs allemands premium" de l'autre, relève le rapport.

Les 200 millions d'euros de liquidités consommés chaque mois ne suffisent pas à expliquer les déboires du groupe, en perte nette de 819 millions d'euros au premier semestre et qui vient de quitter le CAC 40 après avoir vu fondre sa capitalisation boursière.

Sa direction a commis de multiples erreurs, d'après Emmanuel Sartorius. "PSA a choisi jusqu'à présent de préserver son indépendance" en privilégiant des partenariats ponctuels. Résultat, il "n'est plus que le huitième constructeur mondial". Ce n'est qu'en début d'année qu'il s'est allié au géant américain General Motors. "La direction de PSA semble aussi avoir manqué d'ambition dans l'internationalisation du groupe", ce qui lui vaut d'être à la traîne en Chine, en Amérique latine et carrément absent d'Amérique du Nord.

"Décision inopportune"

Plutôt que d'investir sur de nouveaux marchés, comme l'allemand Volkswagen ou son rival français Renault, les actionnaires de PSA, la famille Peugeot en tête, ont privilégié les versements de dividendes et les rachats d'actions, pour un total de près de 6 milliards d'euros entre 1999 et 2011, relève le rapport. La décision "inopportune" prise en 2011 d'y consacrer 450 millions d'euros a "privé le groupe de ressources financières" précieuses, pointe le document.

PSA a également péché par ambition en s'équipant d'usines pour construire 4 millions de voitures par an, quand il n'a jamais dépassé les 3,6 millions. À présent, "la réduction de la capacité actuelle de montage automobile est nécessaire pour préserver [sa] compétitivité".

Emmanuel Sartorius reproche encore au constructeur de ne pas avoir "préalablement mené, sur l'avenir de ses sites industriels, une réflexion d'ensemble qui laisserait aujourd'hui davantage d'options pour faire face à sa situation actuelle de surcapacité".
L’expert critique le choix qui l'a amené à décider la fermeture en 2014 d'Aulnay en évacuant "rapidement la possibilité d'arrêter son usine de Madrid, qui souffre pourtant de nombreux défauts". "L'histoire aurait probablement pu être écrite de façon différente si la direction de PSA avait entamé en amont un dialogue transparent avec les partenaires sociaux et les pouvoirs publics", regrette-t-il.

Autre point sensible : le site de Rennes, à qui la direction doit garantir l'attribution d'un nouveau modèle comme elle l'a promis. Plus largement, son avenir ne doit pas être conditionné aux conclusions des groupes de travail PSA-GM, ajoute l'expert.

Le rapport Sartorius insiste enfin sur la nécessité de limiter la casse sociale : "les mesures du plan doivent être limitées strictement à ce qui est nécessaire au redressement de l'entreprise".

FRANCE 24 avec dépêches

Première publication : 11/09/2012

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