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Asie - pacifique

Accusée de génocide, l'ex-"première dame" du régime khmer rouge libérée

© AFP

Vidéo par FRANCE 24

Dernière modification : 16/09/2012

Le tribunal de Phnom Penh chargé de juger les Khmers rouges a libéré Ieng Thirith pour démence. Accusée de génocide, crimes contre l'humanité et crimes de guerre, l'ex-"première dame" du régime de Pol Pot n'en est pas pour autant "innocentée".

Ieng Thirith finira ses jours chez elle. Accusée de génocide, crimes de guerre et crimes contre l’humanité, la belle-sœur de Pol Pot, considérée comme la  "première dame" du régime, avait subi, à la fin de 2011, une batterie d’examens ayant conclu à la folie. Après six mois de détention, de nouveaux tests viennent de confirmer l’état de santé mentale de l’octogénaire, probablement atteinte de la maladie d’Alzheimer.

"La dégénérescence des facultés cognitives de l’intéressée présente selon toute vraisemblance un caractère irréversible", ont déclaré les experts médicaux. Le 13 septembre, le tribunal de Phnom Penh chargé de juger les Khmers rouges a donc acté la remise en liberté de l’accusée, effective depuis ce dimanche 16 septembre.

L’ex-ministre khmer des Affaires sociales n’est "pas innocentée" pour autant, tient à souligner le tribunal. Elle devra impérativement rester sur le territoire cambodgien et prévenir la justice de tout changement d'adresse. Toute intervention dans la presse ou contact avec des acteurs du procès lui sont également interdits, a expliqué à l’AFP Neth Pheaktra, un porte-parole du tribunal. La seule personne qu'elle pourra fréquenter est son époux et ex-ministre des Affaires étrangères, Ieng Sary. Une décision définitive encadrant les conditions de remise en liberté sera prise ultérieurement.

Respectivement morts en 1998 et 2006, Pol Pot et le "boucher" Ta Mok, ont eux aussi échappé à une condamnation.

Entre 1975 et 1979, le Parti communiste du Kampuchéa a causé mort de quelque 2 millions de Cambodgiens. Plus de 35 ans après les faits, un seul verdict définitif a été prononcé par le tribunal de Phnom Penh parrainé par l’ONU. Il s’agit de la condamnation, le 3 février 2012, de Kaing Guek Eav, plus connu sous le nom de "Douch", jugé pour avoir dirigé la prison S-21 où 15 000 personnes ont été torturées et exécutées. Condamné à 30 ans de réclusion en première instance, il a finalement écopé de la perpétuité en appel.

Une décision qui avait été particulièrement bien accueillie au Cambodge. "Il y a une vague de soulagement autour du tribunal et dans l’ensemble du pays, notamment parmi les milliers de familles de victimes et les survivants du génocide khmer rouge", décrivait alors le correspondant de FRANCE 24 en Asie du Sud-Est, Cyril Payen.

VERDICT DU PROCÈS DE DOUCH (3 février 2012)


Mais le procès s’éternise et trois autres hauts responsables du régime comparaissent depuis plusieurs mois : Nuon Chea, qui était alors le numéro deux du régime, Khieu Samphan, ex-président du Kampuchéa démocratique et Ieng Sary, ex-ministre des Affaires étrangères et époux de Ieng Thirith. L’état de santé des trois accusés, tous octogénaires, laisse craindre de nouvelles entorses à la justice, pour raisons médicales. Le verdict de ce procès hautement symbolique où 4 000 personnes se sont portées parties civiles n'est pas prévu, au mieux, avant plusieurs mois.
 

(FRANCE 24 avec AFP et Reuters)

Première publication : 16/09/2012

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