Ouvrir

À suivre

Rendez-vous

Rejouer


LES DERNIÈRES ÉMISSIONS

REVUE DE PRESSE

Université d'été du PS : "une allumette et c'est l'incendie"

En savoir plus

REVUE DE PRESSE

La preuve par l'image de "l'invasion" russe en Ukraine

En savoir plus

DÉBAT

Organisation de l'État Islamique : la Syrie, une alliée inévitable ?

En savoir plus

DÉBAT

François Hollande expose la ligne diplomatique de la France

En savoir plus

L'INVITÉ DE L'ÉCO

Geoffroy Roux de Bézieux, vice-président du Medef

En savoir plus

JOURNAL DE L’AFRIQUE

Le président du Parlement nigérien inquiété dans une affaire de trafic de bébés

En savoir plus

SUR LE NET

"L'Ice Bucket Challenge" détourné par un acteur américain

En savoir plus

SUR LE NET

Des militants anti-avortement s'opposent au " Ice Bucket Challenge"

En savoir plus

FOCUS

Honduras : ces enfants qui fuient leur pays au péril de leurs vies

En savoir plus

  • L'Ukraine va lancer les procédures d'adhésion à l'Otan

    En savoir plus

  • Le nombre de réfugiés syriens atteint le chiffre record de trois millions

    En savoir plus

  • Quand le Canada et la Russie jouent les profs de géographie sur Twitter

    En savoir plus

  • Dans un climat tendu, le PS ouvre son université d'été

    En savoir plus

  • L'Occident dénonce l'incursion "évidente" de la Russie en Ukraine

    En savoir plus

  • Obama "n'a pas encore de stratégie" pour intervenir contre l'EI en Syrie

    En savoir plus

  • Ukraine : le "double jeu dangereux" de Vladimir Poutine

    En savoir plus

  • La jeune garde des économistes français impressionne le FMI

    En savoir plus

  • Syrie : 43 casques bleus capturés par un groupe armé dans le Golan

    En savoir plus

  • Ligue des champions : le PSG hérite de Barcelone, Monaco de Benfica

    En savoir plus

  • En images : des millions de criquets envahissent Antananarivo

    En savoir plus

  • Des pirates russes “patriotes” à l’assaut de banques américaines ?

    En savoir plus

  • Netflix prépare "Marseille", un "House of Cards" aux accents provençaux

    En savoir plus

  • Cristiano Ronaldo, sacré meilleur joueur européen de l'année

    En savoir plus

  • Vidéo : à Paris, les coiffeuses sans-papiers de Château d'eau se rebellent

    En savoir plus

Economie

La Chine se dit prête à croquer une grande banque européenne

Texte par Sébastian SEIBT

Dernière modification : 17/09/2012

La banque chinoise publique CCB se dit disposée à débourser 12 milliards d’euros pour l'acquisition totale ou partielle d'un grand établissement européen. Des emplettes qu'elle pourrait effectuer au Royaume-Uni, en Allemagne ou en France.

La deuxième plus grande banque chinoise par actifs est officiellement sur les rangs pour l’achat d’une grande banque européenne. Pour y parvenir, la China Construction Bank (CCB) est prête à mettre 15 milliards de dollars (12 milliards d’euros) sur la table, a annoncé, dimanche 16 septembre, le patron de l’établissement public, Wang Hongzhang, à l’influent quotidien britannique "Financial Times".

“Nous sommes en train de chercher la bonne cible”, a-t-il indiqué en précisant que la CCB ne visait pas forcément une acquisition pure et simple mais pouvait se satisfaire de 30 % à 50 % du capital d’une banque. Autant dire que la China Construction Bank peut faire ses emplettes parmi la quasi-totalité des grandes institutions financières européennes.

Sans citer de noms, Wang Hongzhang a néanmoins dressé le profil type de sa potentielle prise. Pour cet ancien haut responsable de la Banque centrale chinoise, la priorité sera ainsi donnée à une banque “ayant une forte dimension internationale” afin que le choc des cultures ne soit pas trop violent. Parmi les pays visés : le Royaume-Uni, l’Allemagne ou la France.

Les françaises à l’abri ?

Les banques qui auraient été partiellement nationalisées, telles la Royal Bank of Scotland (RBS) ou la Commerzbank allemande, pourraient être des proies faciles, juge le "Financial Times". La vente de ces institutions constituerait une bonne affaire pour des États à la recherche d’argent frais pour réduire leur déficit.

“Le Royaume-Uni me semble être la destination idéale pour les appétits de la CCB”, affirme à FRANCE 24 Pascal de Lima, spécialiste des banques et enseignant à Sciences-Po Paris. Les profits du secteur bancaire britannique (11 milliards d’euros en 2011) sont, en effet, bien plus élevés qu’en Allemagne, où ils ont péniblement dépassé le 1 milliard d’euros l’année dernière.

Les banques françaises, d’après l’économiste, sembleraient relativement à l’abri d’une acquisition totale par les Chinois. D’une part, parce qu’aucune banque n’a été nationalisée et, d’autre part, parce que leur capitalisation boursière dépasse ce que peut payer la CCB : la BNP vaut plus de 50 milliards d’euros, la Société générale 19 milliards d’euros et le Crédit agricole 14 milliards d’euros.

“Si le choix de la CCB se porte effectivement sur une banque britannique, le Royaume-Uni pourrait ironiquement se retrouver dans la position de sauveteur de la zone euro alors qu'il n'en fait même pas partie”, s’amuse Pascal de Lima. Pour lui, en effet, la motivation chinoise derrière cette opération est claire : investir sur le marché monétaire et acheter des obligations de pays économiquement fragilisés comme l’Espagne ou l’Italie.

Pékin n’aurait aucun intérêt à ce que la zone euro, sa principale partenaire commerciale, se désagrège et pourrait ainsi soutenir la monnaie unique à travers son acquisition européenne. En outre, “acheter et spéculer sur les dettes des pays fragiles peut actuellement rapporter très gros”, assure Pascal de Lima.

Obstacle politique

Ce sont ces profits potentiels qui expliquent, d’après lui, ce retour en grâce des banques européennes aux yeux de Pékin. Jusqu’à récemment, le secteur financier européen était considéré comme un terrain trop miné par les investisseurs chinois.

Bank of China avait, en septembre 2011, décidé de mettre le holà à une partie de ses transactions financières avec les banques européennes. En 2008, la China Development Bank et l’assureur Ping An ont tous les deux perdu de l’argent lors d’investissements engagés dans la britannique Barclays et la franco-belge Fortis, rappelle le "Financial Times".

Mais le grand déballage de dollars risque de ne pas suffire. La CCB devrait voir se dresser plusieurs obstacles devant elle. En interne déjà, les actionnaires des banques visées risquent de voir une telle opération d’un mauvais œil. “Lorsque ICBC [Industrial and Commercial Bank of China] avait investi dans la principale banque sud-africaine en octobre 2007, elle en avait réorienté la stratégie vers l’achat de matières premières dont la Chine a besoin. Et cela sans égards pour les intérêts des autres actionnaires”, rappelle Pascal de Lima.

En cas de prise de contrôle d’une grande banque par une institution financière totalement soumise aux desideratas du gouvernement chinois, il y a fort à parier que les pouvoirs publics grincent eux aussi des dents et le fassent savoir diplomatiquement à Pékin.
 

Première publication : 17/09/2012

  • ÉCONOMIE

    Un géant de l'agroalimentaire chinois fait alliance avec un négociant en Bordeaux

    En savoir plus

  • CONTREFAÇON

    Le village autrichien Hallstatt voit double en Chine

    En savoir plus

  • CRISE ÉCONOMIQUE

    La Chine sort le chéquier pour pousser ses pions au FMI

    En savoir plus

COMMENTAIRE(S)