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Afrique

Aqmi menace de tuer les quatre otages français enlevés au Niger

© AFP

Dernière modification : 19/09/2012

Dans un message publié sur un site mauritanien, Aqmi menace d'exécuter les quatre otages français enlevés en 2010 au Niger. Le groupe islamiste veut ainsi se venger de la France, accusée d'avoir appelé à "envahir" le Nord-Mali.

Al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi) a reproché mercredi à Paris d'avoir appelé à "envahir" le Nord-Mali, assurant que cela risquait d'aboutir à "la mort des otages" français et à "davantage de malheurs" pour la France, dans un message publié sur un site mauritanien.
              
Dans ce message adressé aux familles des quatre otages enlevés en 2010 à Arlit au Niger, Aqmi reproche au gouvernement français d'avoir "l'outrecuidance d'appeler à envahir le pays des musulmans maliens".
              
"Cette initiative folle n'aura pas seulement pour conséquence la mort des otages, mais noiera la France toute entière dans les marécages de l'Azawad (Nord du Mali), ce qui aura pour conséquence pour elle et pour son peuple davantage de malheurs et de drames", menace l'organisation.
              
Les trois régions administratives du nord du Mali - Tombouctou, Gao et Kidal - sont occupées depuis plus de cinq mois par différents groupes alliés d'Aqmi, qui multiplient les exactions en prétendant imposer la charia (loi islamique).
              
Avant de se faire menaçante, la diatribe en arabe commence toutefois par une proposition de négociations.
              
Pour la première fois, Aqmi s'adresse directement aux familles des quatre Français - salariés du groupe nucléaire français Areva et de sous-traitant Satom - qu'elle retient en otages depuis deux ans.
              
"Nous annonçons, via ce communiqué, notre disponibilité aux négociations", affirment les islamistes, qui ajoutent: "c'est le gouvernement français qui a fermé la porte aux négociations et continue de mettre en danger la vie de vos fils".
              
"Nous attendons de votre gouvernement qu'il fasse le premier pas, juste en prenant contact avec nous, afin de pouvoir tenir ses dernières promesses et assurances aux familles", dit encore l'organisation.
              
Contactées par l'AFP, les familles des otages n'ont pas souhaité "réagir à chaud", selon leur porte-parole, Mireille Blain. "J'attends", a simplement dit René Robert, grand père de l'otage Pierre Legrand.
              
Ces familles avaient été reçues le 13 septembre par François Hollande qui leur avait assuré que "tout était fait avec la plus grande détermination" pour obtenir la libération des otages enlevés au Niger, de même que celle de deux autres Français enlevés au Mali fin 2011, également aux mains d'Aqmi.
              
Le message d'Aqmi est publié par le site mauritanien Saharamedias, généralement très bien informé sur les activités des groupes islamistes armés au Mali, et qui a dit à l'AFP avoir "authentifié" le message auprès de ses réseaux.
              
Saharamedias avait mis en ligne le 8 septembre une vidéo datée du 29 août, nouvelle preuve de vie des Français enlevés au Niger.
              
Chacun d'eux demandait de faire le "maximum pour prendre contact avec Al-Qaïda". La vidéo contenait aussi une allusion à une demande de rançon, un des otages évoquant "peut-être un prix fort à payer".
              
Premier ministre malien à Paris  

        
Le sort des otages dépendrait de l'Algérien Abou Zeid, l'un des chefs les plus redoutés d'Aqmi, considéré comme responsable de la mort de deux otages occidentaux.
              
"Nous avions pensé que le nouveau pouvoir français était plus sage que l'ancien et serait plus soucieux de la vie des citoyens français" et qu'il traiterait "les vraies causes qui ont fait que nos combattants ont pris pour cible les citoyens français", affirme encore le signataire du texte, Salah Abou Mohamed, "responsable à l'information d'Aqmi".
              
Ces menaces sont adressées à Paris au moment où l'Afrique de l'Ouest étudie les conditions d'un déploiement d'une force africaine au Mali, pour aider l'armée malienne à reconquérir le nord. Fin août, François Hollande avait annoncé que la France appuierait "logistiquement cette intervention" si elle était organisée "dans le cadre de la légalité internationale".
              
Le Premier ministre malien Cheikh Modibo Diarra est actuellement en visite à Paris où il doit s'entretenir jeudi avec le chef de la diplomatie française.
              
Cheikh Modibo Diarra a affirmé mercredi à l'AFP que le temps "pressait" pour une intervention, réclamant "beaucoup plus de fermeté" de la communauté internationale. Mais "la question des otages pourrait gêner la France, ce serait légitime", a-t-il relevé

(AFP)

Première publication : 19/09/2012

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