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Economie

Apple store, l'envers du décor

© StartAgain/Flickr

Vidéo par Stéphanie DE SILGUY

Texte par Sébastian SEIBT

Dernière modification : 21/09/2012

L'appel à la grève, lancé dans les magasins français d'Apple pour la sortie de l'iPhone 5, vendredi, n'est pas très suivi. FRANCE 24 s'est entretenu avec un salarié d'un Apple Store, amer sur ses conditions de travail.

L'orage social au dessus des Apple Stores parisien n'a pas éclaté... ou si peu. Le lancement, vendredi 21 septembre, de l’iPhone 5 n'a que très peu été perturbé par l'appel à la grève lancé jeudi soir par le syndicat SUD.

Cette centrale syndicale, qui représente 25 % des salariés d'Apple France, avait déclaré qu'"aucun accord n'a été signé avec la direction, dont les propositions sont insuffisantes. Nous lançons un appel à la grève auprès de 1 500 salariés et les appelons à se rassembler devant les Apple Stores vendredi à 8 heures, heure du lancement du nouveau smartphone de la marque".

Mais cette menace d'une grève n'avait que très peu de chance d'être suivi d'effet comme l'expliquait, mercredi, deux employés d’Apple Store franciliens contactés par FRANCE 24. Une telle action serait "suicidaire dans l’état actuel du marché du travail”, selon l'un d'eux. Pourtant, les raisons de la colère ne manqueraient pas pour les employés des magasins français de la marque à la pomme. L’un d’entre eux, John*, a accepté de raconter son expérience au sein du monde pas si merveilleux des Apple Stores.

“Indigne du groupe le plus riche au monde”

John, 21 ans, travaille depuis plusieurs mois dans un Apple Store parisien. Il ne porte pas le bracelet vert, symbolisant la contestation sociale au sein du groupe en France, mais il aimerait bien : il n’a simplement "pas pu mettre la main dessus dans [son] magasin". Car le jeune homme n’arrive pas à se faire à l’idée que "le groupe le plus riche au monde" traite ses employés avec aussi peu d’égards.

Son principal reproche : le rythme infernal imposé par la direction. "Nous n’avons en tout et pour tout qu’une heure de pause pour déjeuner et c’est tout", raconte John. Il occupe le poste d’Apple Genius, une sorte d’homme à tout faire dans les Apple Stores. "Je passe littéralement mon temps à courir dans les tous les sens", pour un salaire de 1 400 euros par mois et "25 à 30 heures travaillées par semaine" (il est en temps partiel). Et pourtant, John s’estime plutôt chanceux par rapport à certains de ses collègues.

Car au sein du microcosme des Apple Stores, mieux vaut ne pas être en bas de la hiérarchie. Ainsi, les simples vendeurs sont "comme des citoyens de troisième zone travaillant à la mine et payés au smic", dénonce John. Ils n’ont pas le droit de s’absenter de leur poste, ne serait-ce que quelques secondes, pour aller "chercher un verre d’eau ou aller aux toilettes". "À la moindre absence, un superviseur les contacte par talky walky pour les rappeler à l’ordre", raconte John. Car tout le monde dans les Apple Store est équipé d’une oreillette...

Manager, simple flic ?

Au dessus des vendeurs, se trouvent les "family specialists" chargés essentiellement de "changer des iPhone à longueur de journée, jusqu’à 200 par jour", explique John. Ensuite, arrivent les "animateurs d’ateliers/créa", un peu mieux lotis. Ces employés alternent entre des tâches de "family specialist" et d’animateurs des cours dispensés aux clients pour leur apprendre à se servir de leurs appareils Apple.

Enfin, les Apple Genius ont le poste le plus convoité car, hors de l’encadrement, se sont les mieux payés. "Mais en contre partie, nous sommes soumis à une très forte pression", explique John. Si leur journée de travail commence théoriquement à 10 heures, les Apple Genius se sentent contraints d’arriver plus tôt. "C’est mal vu d’arriver pile à l’heure", poursuit John. Pour espérer une promotion et ne pas avoir droit à des remarques désagréables, les Apple Genius doivent, d’après l’employé, arriver avant "pour checker les mails et faire bonne figure auprès de la direction".

Au sein de la direction, se trouvent les managers dont le travail consiste "essentiellement à du flicage, du reporting et du pointage", selon John. Ainsi, les caméras de surveillance qui, d’après lui, sont "présentes partout jusqu’à l’entrée des toilettes" sont utilisées - dans son magasin - par l’encadrement pour des rappels à l’ordre dès qu’un employé "s’accoude ne serait-ce qu’un peu sur un bureau". Au dessus des managers, tout en haut de la hiérarchie de l’Apple Store, trône le "store leader". Lui est censé apporter une dynamique au magasin. "On ne le voit que très peu", constate John.

Culture sociale française

Les conditions de travail dans les Apple Stores français sont pourtant les mêmes qu’aux États-Unis. "Apple doit encore s’adapter à la culture sociale française", estime un autre salarié contacté par FRANCE 24, et moins critique à l’égard de la marque à la pomme. Signe d’un effort du groupe : un Comité d’entreprise a ouvert il y a six mois. "Mais franchement il n’est pas digne de ce qu’on pourrait attendre d’un géant comme Apple", râle John.

Lors des négociations, les salariés français d'Apple ont demandé au géant américain de bénéficier de tickets restaurants, d’un treizième mois, d’un possible intéressement aux bénéfices d’Apple et aussi d’une revalorisation salariale. D’après les informations obtenues par le Huffington Post, la direction serait restée sourde à la plupart des revendications. Tout au plus aurait-elle proposé, mercredi soir, des tickets restaurants. Contacté par FRANCE 24, Apple n’a, pour l’heure, pas donné suite à nos demandes d'interview.


* Le prénom a été changé à la demande de l’intéressé.

 

Première publication : 20/09/2012

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