Dernière modification : 27/09/2012 

- Justice - Tunisie - Viol


"Violée par des policiers tunisiens, ma fiancée est accusée d’attentat à la pudeur"

 "Violée par des policiers tunisiens, ma fiancée est accusée d’attentat à la pudeur"
© ayelet_keshet - Fotolia.com

Une affaire défraie la chronique en Tunisie : une jeune femme, violée début septembre par des policiers, se retrouve accusée d’atteinte à la pudeur. "Un chantage" pour qu'elle retire sa plainte assure son compagnon, interrogé par FRANCE 24.

Par Ségolène ALLEMANDOU (texte)
 

La nuit du 3 au 4 septembre 2012 restera à jamais marquée dans la mémoire d’Ahmed* : sa fiancée a été violée par deux policiers à Ain Zaghouan, un quartier de Tunis. "Trois agents nous ont arrêtés alors que nous étions en voiture", raconte le jeune homme, joint au téléphone par FRANCE24.

Il poursuit d'une voix hésitante : "L’un d’entre eux m’a mis des menottes en réclamant 300 dinars [150 euros, ndlr]. Il a pris tout ce que j’avais : 40 dinars [environ 20 euros, ndlr]. Et pendant ce temps, deux autres ont conduit ma fiancée à l’arrière de leur voiture et l’ont violée". Aujourd’hui, cette jeune femme, Mariam*, se retrouve accusée d’attentat à la pudeur. Cette procédure judiciaire fait grand bruit en Tunisie, et provoque la profonde colère de la société civile.

Appelée à comparaître mercredi 26 septembre par un juge d’instruction du tribunal de Tunis, la femme a été confrontée à ses deux agresseurs présumés, aujourd’hui incarcérés pour viol. Selon l’accusation, Mariam et Ahmed se trouvaient dans une "position immorale" lorsqu’ils ont été arrêtés par la police. Leur procès doit débuter le 2 octobre. Ils risquent chacun six mois de prison.

La procédure : Un moyen de pression

Ahmed, qui affirme que "chacun était bien assis sur son siège quand la police les a interpellés", assure que les policiers étaient "bien organisés". "Ça ne devait pas être la première fois qu’ils sévissaient", constate-t-il aujourd’hui, amer.

Sa compagne, diplômée d’une maîtrise de finance et d’un master en management, ne souhaite pas, pour l’instant, parler aux médias. "Elle est stressée par cette accusation, elle pleure beaucoup", confie-t-il.  Pour lui, la procédure lancée à leur encontre vise purement et simplement à faire pression sur eux pour les "inciter à retirer leur plainte contre les policiers".

Cette procédure judiciaire a provoqué la colère de plusieurs ONG, et notamment de l'Association tunisienne des femmes démocrates. "Au final, cette femme a été violée trois fois : quand elle a été arrêtée dans la voiture, qui reste un espace privé, quand les policiers l’ont agressée et quand la justice a fait d’elle une accusée", s’insurge Zeyneb Farhat, militante au sein de l’organisation depuis plus de vingt ans.

"Cette procédure transforme la victime en accusée", enrage également Me Saïda Garrach, l’avocate de Mariam, interrogée par FRANCE24, qui loue par ailleurs "le courage et le bon réflexe [de sa cliente] de se rendre à la clinique, de déposer plainte et d’assumer l’agression en la dénonçant publiquement".

Politique d’intimidation envers les femmes

"Très peu de femmes portent plainte pour viol en Tunisie car elles ont peur des représailles ou du scandale", poursuit l’avocate de la victime. Cette affaire s’inscrit dans une politique d’intimidation envers les femmes pour les inciter à rester chez elles", poursuit-elle.

Les associations féministes tunisiennes dénoncent, depuis l'arrivée au pouvoir des islamistes d'Ennahda en octobre 2011, le comportement de la police à l'égard des femmes. Elles seraient régulièrement harcelées en raison de leur tenue vestimentaire ou lors de sorties nocturnes lorsqu’elles ne sont pas accompagnées par un homme de leur famille.

"Le viol comme moyen de répression est encore une pratique en Tunisie", a dénoncé la coalition tunisienne d'opposition de gauche "Le Pôle". La députée Karima Souid, membre d'Ettakatol un parti de gauche allié aux islamistes d'Ennahda, a, elle aussi, ajouté sa voix au concert de protestations contre la procédure judiciaire lancée contre Mariam. "Je me désolidarise complètement de ce gouvernement. L'affaire du viol et la convocation de la victime ce matin est la goutte d'eau qui vient de faire déborder le vase", a-t-elle écrit, avant de lancer à la coalition tripartite au pouvoir : "Je vous vomis!".

Interrogé par l'AFP, le porte-parole du ministère de l'Intérieur, Khaled Tarrouche, a indiqué que son ministère "n'avait rien à voir" avec les poursuites engagées contre la jeune femme, soulignant que la décision relevait du juge d'instruction. "Dans cette affaire, nous nous sommes comportés comme il fallait. Ce qui devait être fait a été fait, les trois agents ont été arrêtés tout de suite", a-t-il dit.

Manifestation samedi à Tunis

Les Tunisiens, qui reprochent régulièrement aux islamistes au pouvoir de faire peu de cas de la condition féminine, expriment aussi leur colère et leur indignation sur les réseaux sociaux. Certains se sont mobilisés en appelant à manifester samedi 29 septembre à Tunis.

Les femmes tunisiennes bénéficient du statut le plus moderne du monde arabe depuis la promulgation du Code de statut personnel (CSP) le 13 août 1956 instaurant l'égalité des sexes dans plusieurs domaines. Elles restent en revanche discriminées sur d’autres plans, notamment sur les questions d’héritage.

Les islamistes d'Ennahda avaient par ailleurs déclenché un large mouvement de contestation en août dernier en proposant d'inscrire dans la nouvelle Constitution non pas l’égalité mais la "complémentarité" des sexes. Lundi 24 septembre, ce projet de texte a fini par être abandonné.

*Les prénoms ont été modifiés pour préserver l’anonymat des personnes citées

 

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(38) Réactions

sallam 3alykome ....je vous

sallam 3alykome ....je vous demande ..o ..gens... ittakou allah fi khalkih....itakou allah fi khalkih ......ce couple et plus précisément cette jeune fille tunisienne qui a été violée par 3 policiers pouvait être votre sœur et ce jeune homme pouvait être votre frère ...est ce que quelqu'un veut qu'il arrive cela a sa sœur ou a son frère ? et si vous voulez vous marier vous allez vous marier avec des filles de la société toutes violées si ça continue comme ça ... ne laisser pas cette histoire classée il faut aller jusqu’au bout pour défendre votre honneur ..garder la morale ... l’islam na pas dit cela ..... respectez l'un l'autre ...et la femme et votre honneur c'est votre maman qui vous a eu qui vous a mise au monde vous êtes tous responsable d'elles ..la femme est un être faible il faut la protéger mais ne pas l'agresser ..la violer si vous la respecter elle vous respectera ..pourquoi pratiquer vous sur elle des choses incorrecte que Dieu a interdit pourquoi vous vous acharnez comme ça sur elle ..... ce que l’islam a interdit...vous craignez qu'elle vous prenne votre place dans la société ...ce n'est pas comme ça qu'il faut traiter la femme le bon Dieu na pas dit cela ..si vous voyez qu'elle dérive il faut la redresser si vous voyez que sa tenue vestimentaire n'est pas correcte il faut lui parler ...tout les maghrébins sont avec ce couple souiller ..
continuer a vous défendre ..

Tout Homme qui viole,

Tout Homme qui viole, franchit des limites dont son âme sera définitivement entâchée, il lui faudra maintes et maintes actions pour purifier son âme...Souiller le corps d'une femme,c'est souiller l'origine de la vie, le féminin de son âme, les hommes qui cherchent à détruire les femmes sont ignorants de cette part féminine qui les habite et vivent dans la peur d'être gouvernés par celles-ci de la même manière qu'ils se trouvent gouvernés par leur propre instinct bas et destructeur...Quand on ne peut accéder à la beauté de soi, on cherche à voler, violer celle de son prochain...Quand l'âme opère à des prises de conscience sur nos actes, elle nous confronte à nos responsabilités et nous oblige à grandir, que ces deux policiers mettent le temps qu'il faut pour ouvrir et les yeux et grandir... mais ce jour viendra...et la facture sera lourde...

QUE JUSTICE SOI FAITE ET QUAND RECONNAISSE LE DROIT DE L'HOMME

BJR A TOUS DSL MAIS LE GOUVERNEMENT TUNISIEN ET CES MINISTRES HONTE A EUX DE COUVRIR CES POLICIERS QUI ONT COMMIS UN DÉLIT PÉNAL
IL DOIVE A TT PRIX CONDAMNER CES POLICIERS ,AUTREMENT IL BAFOUE LES DROIT DE L'HOMME ET DE LA FEMME

C'est ça , la fin du Monde....

Son plus grand artisan c'est l'homme,le mâle : le mal !...Mais je pense que tant qu'il restera un peu d'énergie (du désespoir d'ailleurs)on peu rêver à un monde meilleur,plus juste où les femmes seront enfin respectées et non traitées comme un bien de consommation.Soutenons ces pauvres femmes que des hommes martyrisent sous couvert d'une religion interprétée de façon indigne.

viol

Faites en des eunuques et qu'ils servent dans des bordels!!!!!!!!!!

Nous sommes tous des femmes !

Le viol des femmes par des policiers, représentants de l’ordre, est courant malheureusement en Tunisie, et ça ne date pas d’aujourd’hui. Le ministre de la justice justifie le viol par une position immorale de ces jeunes ; Cette annonce est encore une violence faite à toutes les femmes. Je me permets de porter à la connaissance de notre ministre, a priori ignorant quant au sujet du plaisir traité dans la religion musulmane que le prophète Mohamed a préconisé du plaisir à l’infini. Je suis un homme et j’ai honte. Nous sommes tous des femmes. J’appelle toutes les femmes du monde à se dresser contre cette violence qui leur est faite.
A noter tout de même que le viol des prisonniers politiques, des jeunes étudiants ou manifestants fait partie de la torture et violences faites aux tunisiens par les dépositaires de fonctions régaliennes.
Il appartient à chaque tunisien de s’indigner et de se révolter. On a le pouvoir qu’on mérite !

Viol

C'est une violation des droits humains de cette jeune dame. J'espere que son courage permettra a d'autres jeunes filles de porter plainte.
Que toues les femmes tunisiennes se mobilisent pour supporter cette jeune dame. Trop c'est trop. Pendant qu'aux Nations Unies d'autres femmes se battaient pour faire entendre la voix de femmes violees ces policiers se donnaient le droit de violer la fille des gens. Ils meritent la prison a perpetuite pour l'exemple.

Degradation generale des Droits de la Femme tunisienne

Il serait interessant que France 24 organise un debat sur la regression de la situation des droits de la Femme en Tunisie depuis l`accession des islamistes au pouvoir. Suivez sur les reseaux sociaux les accusations de corruption administrative et financiere lancees contre les femmes ambassadeurs de Tunisie nommees apres la revolution, diplomates de carriere, non compromises avec le regime de Ben Ali qui ont neanmoins fait l`objet d`un harcelement systematique, pour justifier leur revocation arbitraire.

"Violée par des policiers tunisiens..."

Le jugement de Mariam et son compagnon semble à du déjà vu car la methode de pression exercée pour faire taire nos 2 Tourtereaux est la stratégie utilisée par les autorités juridicaiaires, voire politique dans nos pays et cela comme il en est de même pour la gestion du Pouvoir. Toutes les Tunisiennes et Tous les Tunisiens (adultes et jeunes ) doivent ce jour prendre d'assaut la Cour où aura lieu ce similacre de jugement.

"Une position immorale" .. et

"Une position immorale" .. et tout de suite certains réagissent "ils s'embrassaient", "ils faisait l'amour" .. rien n'est précisé dans l'article, mais il est si facile de critiquer les victimes "elle l'a bien cherché" dit le violeur ! d'ailleurs comment faire confiance à des flics qui violent, c'est eux qui disent "position immorale" .. pourquoi les croire ?

 
 
 
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