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EUROPE

Manifestations devant le Parlement espagnol : "Ils ne nous représentent pas !"

© Adeline Percept

Vidéo par FRANCE 24

Texte par Adeline PERCEPT

Dernière modification : 27/09/2012

Alors que le gouvernement espagnol a dévoilé, ce jeudi, un budget 2013 sous le signe de l’austérité, la mobilisation populaire reprend de plus belle. Reportage aux côtés des "indignés" qui appellent à assiéger le Parlement.

L’Espagne annonce un budget austère

Le gouvernement conservateur annonce une série de réformes économiques et un budget 2013 serré pour s'épargner l'humiliation politique de voir Bruxelles imposer ses conditions à un plan de renflouement. Madrid, qui prévoit notamment une hausse des pensions de retraite, s'est engagé à réduire son déficit public à 6,3 % du PIB en 2012, puis à 4,5 % en 2013. Une "autorité budgétaire indépendante" a également été créée afin de contrôler les comptes et d’éviter tout dérapage budgétaire comme en 2011 (déficit de 8,9 % au lieu des 6 % promis).

Les mots d’ordre comportent une violence symbolique rare. Les organisateurs dénoncent une souveraineté populaire "séquestrée" par la Troika. Un rapt dont l’ensemble de la "caste politique" serait complice. Il faut "encercler" le Parlement, "prendre" le Congrès des députés.

En arrivant sur la place Neptuno, qui jouxte le Congrès, à 18 h mardi soir, on pouvait déjà respirer la tension, la colère d’une génération de militants. Les groupes radicaux, de mouvance anarchiste ou d’extrême gauche, étaient représentés en grand nombre et aux avant-postes de cette manifestation. Dès les premiers instants, le rassemblement a pris des allures de face-à-face avec des policiers anti-émeutes sur les dents. Le bilan sera lourd : 35 personnes interpellées, et plus de 60 blessés, dans des affrontements d’une rare violence à Madrid.

Mercredi soir, même heure, même endroit. De nouveaux visages, ceux d’une foule plus âgée, plus sympathisante que militante. "Hier, nous n’étions pas là, aujourd’hui, si !," explique Montserrat, 46 ans, fonctionnaire du ministère de la Santé, tenant son mari Fernando par le bras.

"Nous avons été indignés, pour ne pas dire scandalisés par les images des charges policières d’hier soir que nous avons vues à la télévision, et nous sommes venus soutenir les manifestants sur qui on tape pour avoir simplement dit ce qu’ils pensent."

Montserrat et son mari, Fernando, parmi les "indignés"

Si la "majorité silencieuse" invoquée par le chef du gouvernement espagnol avait un visage, on pourrait aussi bien penser qu’il prendrait celui de ce couple. Elle, fonctionnaire, a perdu en quatre années près de 15 % de son salaire. Lui est graphiste dans le privé. Ils n’ont jamais fait partie du mouvement des "indignés".

Et pourtant, ils sont là ce mercredi soir. "L'austérité ne se résume pas à une politique, c’est un climat de tous les jours, lâche Fernando. Dans mon entreprise, comme dans toutes les autres, nous vivons avec la menace permanente du plan social. Tous les gens qui avaient des contrats précaires ont déjà été jetés dehors en une matinée, et la direction les prend en exemple pour mettre ceux qui restent sous pression. "

Un an et demi après, des changements apparaissent par rapport au mouvement qui avait explosé Puerta del Sol le 15 mai 2011. Ces dernières semaines et particulièrement ces derniers jours, la colère se focalise sur cette "caste politique", jugée au moins responsable si ce n’est coupable des déboires de l’Espagne.

Wendy, âgée de 18 ans, pense déjà à quitter le pays

Dans cette foule anonyme ne brandissant presque aucune pancarte, une expression revient : l’"ensemble des politiques doivent dégager ! Ils ne nous représentent pas !". Et quand on leur oppose une simple remarque – "ils ont été élus" - tous les interviewés remettent en cause la légitimité de cette démocratie parlementaire.

"J’ai vécu le franquisme, et voilà ce que ce Parlement me rappelle !", hurle Mari-Carmen, 60 ans, en montrant le Parlement du doigt. "On va tous les mettre dehors ! Le Parti populaire utilise l’hémicycle comme s’il lui appartenait, en prenant ses décisions par décrets-lois. Il n’y a aucune consultation avec personne. On vit dans un monde où le budget est exposé au "Financial Times" avant d’être présenté au peuple. Nos politiques font le contraire de ce qu’ils ont dit pendant toute la campagne."

À 18 ans, Wendy confond les mots "social" et "socialiste" lorsqu’elle s’emporte sur les coupes budgétaires. Mais elle emploie les mêmes arguments désenchantés sur les représentants de son peuple. Elle vient d’entrer à l’université, où elle étudie la publicité, et pense comme beaucoup d’autres à quitter un pays qui semble bien morose quand on sort tout juste de l’adolescence.

Toutes ces frustrations sont scrutées dans les dernières enquêtes d’opinion qui dressent un tableau alarmant de la défiance envers les politiques espagnols. Le rejet du gouvernement de Mariano Rajoy ne bénéficie en aucun cas à l’autre grand parti du gouvernement, l’opposition socialiste du PSOE, qui perd inexorablement des intentions de vote lui aussi.

Dans les couloirs de l’Assemblée, les députés de toutes tendances confient leur préoccupation sur cette lame de fond. La "caste politique" en sera encore pour ses frais ce samedi 28 septembre, pour une nouvelle manifestation indignée devant le Parlement, la première après les nouvelles mesures d’austérité annoncées dans ce budget 2013.

Les "indignés" rassemblés à proximité du parlement espagnol


 

Première publication : 27/09/2012

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