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Afrique

Intervention au Mali : Washington freine les ardeurs de Paris

Vidéo par Emmanuel SAINT-MARTIN

Texte par FRANCE 24

Dernière modification : 27/09/2012

Malgré les appels pressants du président Hollande et du Premier ministre malien Cheikh Modibo Diarra (photo) pour l'adoption d'une résolution de l’ONU autorisant l’emploi de la force dans la crise malienne, les États-Unis restent réticents.

L’intervention militaire au Nord-Mali ne serait plus qu’une question de "calendrier". C’est du moins ce qui ressort d’une réunion consacrée à la crise malienne en marge de l’Assemblée générale des Nations unies.

Le Premier ministre malien Cheikh Modibo Diarra a plaidé, mercredi soir, pour une résolution de l’ONU autorisant l’intervention de troupes ouest-africaines contre les groupes islamistes qui ont pris le contrôle du Nord-Mali, en avril dernier. Quelques jours après l’accord entre Bamako et la Cédéao (Communauté économique des États d’Afrique de l’Ouest) sur les conditions du déploiement militaire ouest-africain, il s’agissait pour le leader malien de souligner les risques qui pesaient sur la sécurité de la région.

"Il y a urgence à agir, d’abord pour abréger les souffrances des populations maliennes, ensuite pour prévenir une situation similaire, sinon beaucoup plus complexe pour les peuples du Sahel", a déclaré M. Diarra.

Une urgence partagée par François Hollande, qui a relayé l’appel du Premier ministre malien et proposé une "aide logistique" aux forces de la Cédéao. La perspective d’une résolution sous le chapitre VII des Nations unies – et donc de l’autorisation de la force militaire – se heurte néanmoins au scepticisme de plusieurs pays.


Scepticisme
américain

Les réticences les plus inattendues sont venues de la délégation américaine, qui a exprimé ses doutes par l’intervention de la secrétaire d’État, Hillary Clinton, en faveur d’une restauration préalable de l’état de droit au Mali.

Selon Emmanuel Saint-Martin, correspondent de FRANCE24 à New York,  les divergences entre la France et les États-Unis portent davantage sur la question du calendrier que sur la nécessité d’une intervention militaire.

"Les Américains disent ‘on ne peut pas envoyer des troupes comme ça maintenant, il faut d’abord reconstruire un ordre démocratique et légal’, c'est-à-dire organiser des élections. François Hollande a répondu qu’on ne pouvait pas organiser des élections si le territoire était divisé et si le Nord n’était pas d'abord reconquis".

Le secrétaire général des Nations unies est également resté prudent face aux requêtes pressantes de Paris et Bamako.

"Toute solution militaire (..) devrait être envisagée avec une extrême prudence. Elle pourrait avoir de graves conséquences humanitaires", a averti Ban Ki-moon.

Ces réticences jettent un doute sur la capacité de la France et du Mali à convaincre le Conseil de sécurité "dans les prochaines semaines", comme l’avait souhaité François Hollande.

Ce dernier s’est félicité, mercredi, de la seule avancée concrète à l’ONU sur le dossier malien : la nomination par Ban Ki-moon d’un envoyé spécial pour le Sahel "chargé de parachever la stratégie et de superviser sa mise œuvre".

FRANCE24 avec dépêches

Première publication : 27/09/2012

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