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Afrique

Les deux Soudans signent un accord qui ne règle pas les problèmes clés

Vidéo par Stéphanie BRAQUEHAIS

Dernière modification : 27/09/2012

Les deux Soudans ont signé un accord à Addis-Abeba sur la sécurité de leur frontière commune et l'essor de leur échanges commerciaux. L'impasse est par contre totale concernant le tracé de la frontière et la région disputée d’Abyei.

C’est au terme d’un marathon de quatre jours de négociations et confrontés à la menace de sanctions de l’ONU que les présidents du Soudan, Omar el-Béchir, et du Soudan du Sud, Salva Kiir, ont signé jeudi 27 septembre un accord partiel, à Addis Abeba, la capitale éthiopienne.

L'accord, conclu à l'issue d'un ultime face-à-face à huis clos entre Omar el-Béchir et Salva Kiir, prévoit la création d'une zone-tampon s'étendant à dix kilomètres de part et d'autre de la frontière des deux pays, dont les soldats des deux pays devront se retirer. Cette zone démilitarisée vise à éviter toute reprise des graves affrontements frontaliers qui ont eu lieu au printemps, mais aussi à couper les lignes d'approvisionnement des groupes rebelles actifs dans les régions soudanaises du Kordofan-Sud et du Nil-Bleu, que Khartoum accuse Juba de soutenir.
 
Reprise de la production pétrolière
 
Les deux parties sont également parvenues à finaliser les détails d'un accord pétrolier conclu en août, ouvrant la voie à la reprise de la production pétrolière du Soudan du Sud, dont l'arrêt depuis janvier a mis à genoux les économies des deux pays. Ce protocole sur le pétrole réglait notamment la question des redevances de passage du brut sud-soudanais par les oléoducs du Nord, l'un des sujets les plus épineux entre les deux voisins.
             
Le Soudan du Sud, qui a hérité de 75 % des réserves de brut du Soudan d'avant la sécession mais dépend pour l'exporter des infrastructures du Nord, avait stoppé en janvier sa production, furieux que Khartoum ait prélevé de son brut pour se payer, faute d'accord alors sur le montant de ces redevances.
 
Il faudra maintenant plusieurs mois pour relancer la production pétrolière : les oléoducs avaient été remplis d'eau afin d'éviter leur dégradation et certains sites d'exploitation ont été endommagés lors de combats.
 
Pas d’accord sur la zone d’Abyei
             
Khartoum et Juba n'ont en revanche pas pu s'entendre sur les très sensibles questions du statut de la zone contestée d'Abyei, riche en ressources souterraines, ni sur le tracé exacte de leur 1 800 kilomètres de frontière commune, en suspens depuis l'indépendance du Soudan du Sud en juillet 2011.
 
La question du tracé avait conduit les deux voisins au bord de la guerre au printemps dernier. En avril, l'armée du Soudan du Sud avait brièvement occupé le gisement d'Heglig, essentiel à la survie économique du Nord, provoquant une poussée de tension entre les deux pays.

À l'issue des pourparlers, le porte-parole soudanais s'est néanmoins montré optimiste sur les questions encore en suspens. "Nous avons surmonté beaucoup de divergences. Il y en a encore quelques-unes sur Abyei", a-t-il estimé, soulignant que le règlement des problèmes frontaliers "allait prendre du temps".
                         
La communauté internationale, très inquiète du risque d'un nouveau conflit à grande échelle entre Juba et Khartoum, belligérants de la plus longue guerre civile du continent africain, a continuellement fait pression sur les deux chefs d'État pour qu'ils parviennent à un accord définitif sur l'ensemble des points litigieux. Car sans accord définitif, la zone-tampon entre les deux pays reste sous la menace de la reprise d'affrontements entre les mouvements rebelles qui y sévissent depuis plusieurs mois.


FRANCE 24 avec depêches

 

Première publication : 27/09/2012

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