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Les Coréens rechignent à s’installer à Sejong, nouvelle capitale créée de toutes pièces

©

Vidéo par FRANCE 24

Texte par Aude MAZOUÉ

Dernière modification : 27/09/2012

Inaugurée le 1er juillet, Sejong, baptisée la "ville heureuse", est la nouvelle capitale administrative de la Corée du Sud. Mais le projet, qui vise à désengorger la ville de Séoul, ne suscite guère d'enthousiasme parmi la population.

La "ville heureuse", le surnom donné à Sejong, n’a pas suffi à attirer les habitants de Séoul. La seconde capitale sud-coréenne doit accueillir d’ici à 2013 la trentaine de ministères et autres agences nationales que compte le pays. Mais pour l’heure, la cité ne parvient pas à faire d’émules.

L’objectif de la construction de cette nouvelle ville est de désengorger l’actuelle capitale, qui regroupe aujourd’hui la moitié de la population sud-coréenne - soit 10 millions d'habitants. Une surpopulation qui ne va pas sans difficultés. "La vie à Séoul est devenue infernale par certains aspects", raconte Marie Linton, la correspondante de FRANCE 24 à Séoul. "Il faut souvent 10 minutes pour parcourir deux kilomètres en voiture, les transports publics sont toujours bondés même s’ils fonctionnent très bien et l’immobilier est cher", détaille la journaliste.

"Notre projet est de faire en sorte que les fonctionnaires de l'administration centrale et les étudiants d'université aient envie de vivre ici et nulle part ailleurs", explique à FRANCE 24 Chun-Soo Park, le porte-parole de l'agence pour la construction de la ville administrative.

"J’ai peur de m’ennuyer"

Située à 120 kilomètres au sud de Séoul et à trois heures de voiture, la nouvelle ville peine pourtant à susciter l’enthousiasme de ses futurs habitants. Les milliers de fonctionnaires, contraints de plier bagages pour la "ville heureuse", font grise mine. Yui Seok Ynug, employé au bureau du Premier ministre, a prévu de louer une petite chambre à Sejong pour la semaine et de revenir le week-end à Séoul pour retrouver sa famille. "Il n’y a rien dans le quartier dans lequel je dois m’installer. Je n’aurai pas d’amis, pas de connaissances et rien à faire. J’ai peur de m’ennuyer", explique amer l’employé d’État.

Pourtant, les autorités se sont efforcées de faire preuve de modernité : architecture innovante, énergies nouvellse, activités culturelles et espaces naturels sont mis à l'honneur. À terme, 500 000 personnes devraient habiter Sejong d’ici 2030. Un pari qui n’est pas gagné. Sejong est en concurrence directe avec d'autres projets de villes nouvelles comme Songdo et Saemangeum, toutes deux récemment construites au bord de la mer Jaune.

En outre, la nouvelle capitale administrative fait également l’objet de la réticence de certains élus. Le président Lee Myung Bak lui-même n'a pas cru bon d’assister à son inauguration début juillet. De son côté, le Premier ministre redoute que la dispersion des ministères entre deux villes ne paralyse le gouvernement. Autre frein au projet : le montant de la construction des nouveaux bâtiments administratifs s’élève à 15 milliards d'euros pour l'État. Un coût prohibitif qui ne fait pas que des heureux.

Première publication : 27/09/2012

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