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FRANCE

L'ouverture du Mondial de l'automobile chahutée par les salariés de PSA et de Ford

Dernière modification : 01/10/2012

Des salariés de l'usine PSA d'Aulnay et du site Ford de Blanquefort ont manifesté, samedi, pour la défense de leurs emplois lors de l'ouverture du Mondial de l'automobile, où le ministre du Redressement productif a renoncé à se rendre ce week-end.

Des salariés de l'usine PSA d'Aulnay et de celle de Ford Blanquefort ont bruyamment fait entendre leur voix samedi, à l'ouverture au public du Salon de l'automobile à Paris, où Arnaud Montebourg a renoncé à se rendre alors qu'il y était annoncé.
              
Premiers arrivés ce matin, une cinquantaine de salariés de PSA à Aulnay-sous-Bois (Seine-Saint-Denis), conduits par le principal syndicat de cette usine, le SIA, ont distribué aux visiteurs des cartons rouges, symboles de leurs inquiétudes après l'annonce de la fermeture du site en 2014.
              

Philippe Julien, secrétaire CGT de PSA à Aulnay

Ces derniers étaient destinés à Arnaud Montebourg, ministre du Redressement productif, rebaptisé "ministre improductif" par les manifestants qui l'ont attendu en vain.
              
Arnaud Montebourg avait des obligations dans son département de Saône-et-Loire, a affirmé à l'AFP le ministère, en assurant qu'il n'avait jamais été question pour lui de venir ce week-end au Mondial.
              
L'agenda officiel du ministre comprenait pourtant bien "l'ouverture officielle du Salon de l'automobile (Porte de Versailles)" samedi à 9H30.
              
Sur son compte Twitter, Arnaud Montebourg a finalement indiqué qu'il se rendrait "comme prévu" au Salon samedi prochain: "je veux rencontrer les salariés de PSA que j'ai déjà vus à trois reprises et qui défendent légitimement leur travail", a-t-il écrit.
              
Déçus mais "pas surpris" par cette absence, les PSA se sont dirigés vers les stands Citroën et Peugeot pour haranguer la foule des premiers visiteurs et tenter de convaincre, sans succès, les hôtesses de porter leurs badges.
              
Parmi ces visiteurs, Jean-Jacques, venu du Loir-et-Cher, s'est dit compatissant envers "ces pauvres gens" qui "vont aller pointer au chômage malgré leur manif".
              
De son côté, une des manifestantes, Laurence, perruque verte sur la tête, 43 ans dont 16 à PSA, criait son désarroi: "On sait que l'usine va fermer (en 2014), mais on veut qu'on ne laisse personne aller à Pôle emploi."
                        
"Refaire la déco"
                        
Les PSA d'Aulnay à peine sortis du Salon, ce sont quelque 360 salariés de l'usine Ford de Blanquefort, près de Bordeaux, qui ont débarqué vers 11H00, menés par Philippe Poutou, membre CGT de l'intersyndicale du site et ex-candidat du Nouveau Parti anticapitaliste (NPA) à la présidentielle.
              
Ils ont été rapidement rejoints par Olivier Besancenot, ancien porte-parole du NPA, et Jean-Luc Mélenchon, candidat du Front de Gauche à la présidentielle.
              
Venu "les soutenir", ainsi que "ceux de Florange, Fralib, Technicolor et Sodimedical", Olivier Besancenot a dénoncé "un gouvernement qui a choisi son camp", alors "qu'il peut imposer une loi pour interdire tous les licenciements".
              
Aussi a-t-il appelé à "une marche de soutien à la lutte des travailleurs" et suggéré qu'elle se rende "sous les fenêtres de Montebourg".
              
Pour sa part, Jean-Luc Mélenchon a dénoncé ces entreprises dont l'objectif premier est "comment faire du fric", notant que "dans l'automobile, le défi est particulièrement important".
              
"Nous savons que nous devons sortir de l'énergie carbonée et du pétrole et nous ne pourrons le faire sans inventivité". "Ce sont les travailleurs qui ont ce savoir-faire", a-t-il dit.
              
Les salariés de Ford ont ensuite traversé les allées bondées, bras levés tenant de grands autocollants siglés "Ford, sauvons les emplois", au cri de "rien n'est à eux, tout est à nous", sous les yeux de visiteurs ébahis, mais plutôt compréhensifs.
              
"C'est ce qui devait arriver, c'est logique, on sent la morosité sur ce salon", a réagi Christian, venu de Marseille.
              
En quelques minutes, une pluie de confettis s'est ensuite abattue sur le stand du constructeur américain, alors que la quinzaine de véhicules présentée étaient recouverts d'autocollants. Après avoir posé pour les photographes, le cortège a regagné la sortie.
              
Avant d'entrer, fumigène à la main, Philippe Poutou avait promis de "se faire plaisir" et de "refaire la déco".
              
Le 9 octobre, une nouvelle action réunira autour des PSA d'Aulnay leurs collègues de cinq usines Renault, mais aussi des salariés de Goodyear et d'ArcelorMittal, a annoncé la CGT du site de Sainte-Saint-Denis.

(AFP)       

Première publication : 29/09/2012

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