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FRANCE

La droite s'inquiète des investissements qataris en banlieue

Dernière modification : 01/10/2012

Les projets d'investissements du Qatar dans les banlieues françaises continuent d'inquiéter la classe politique. De nombreux députés de l'opposition se disent favorables à l'idée d'une commission d'enquête parlementaire.

Les projets d'investissements du Qatar en France, dans le secteur sportif ou pour relancer l'activité dans les banlieues, continuent de susciter des interrogations dans la classe politique, où l'idée d'une commission d'enquête parlementaire commence à faire son chemin.

Après avoir investi dans le secteur sportif, au Paris-Saint-Germain (football et handball) et dans l'achat de droits de diffusion TV, puis sur le marché de l'art, le Qatar

Le Débat de France 24, 1e partie

s'intéresse depuis fin 2011 aux banlieues françaises, auxquelles il voulait dédier à l'origine un fonds de 50 millions d'euros.

L'initiative a été reportée avant les élections en France, afin d'éviter son instrumentalisation politique. La présidente du Front national, Marine Le Pen, avait notamment accusé le Qatar "d'investir massivement" sur une base communautaire dans les banlieues, où vivent de nombreux musulmans.

La nouvelle majorité cherche désormais à modifier les contours de cette initiative, en s'orientant plutôt, selon le ministère du Redressement productif, vers "un fonds franco-qatari", abondé par l'Etat et le privé, destiné à l'ensemble des territoires déshérités pour aider à y créer de l'emploi. Son montant n'est pas encore fixé.

"Un partenariat stratégique est en train de se jouer entre nos deux pays en effet", a confirmé dimanche le ministre délégué au Budget, Jérôme Cahuzac, qui n'a pas voulu s'étendre sur le sujet.

"Par principe, quand une négociation est en cours, la moindre des choses - c'est de la politesse mais peut-être aussi de l'habileté -, est qu'une des deux parties n'en dise rien de ce qu'(elle) en pense", a-t-il glissé au Grand Rendez-vous Europe1/i-Télé/Le Parisien.

"Ce partenariat stratégique n'a pas été initié par nous, peut-être est-il poursuivi sous notre autorité", a-t-il ajouté, précisant que "la gauche, au moins autant que la droite, a le sens de l'Etat et de l'intérêt du pays".

A droite, plusieurs figures ont exprimé dimanche leurs interrogations, même si c'est durant le quinquennat de Nicolas Sarkozy que les liens entre la France et le Qatar se sont resserrés.

Le débat de France 24, 2e partie
L'ex-ministre Bruno Le Maire s'est ainsi dit "favorable" sur Radio J à l'idée d'une commission d'enquête parlementaire sur les investissements du Qatar en France, proposée par son collègue député UMP Lionnel Luca.

Les investissements étrangers en France, "ça pose question, cela ne va pas de soi que le Qatar puisse investir à coups de dizaines de millions d'euros dans le sport, les quartiers, sans qu'on comprenne très bien la stratégie de long terme", a jugé M. Le Maire.

Son ancienne collègue du gouvernement Nathalie Kosciusko-Morizet a abondé dans son sens sur Canal+. "L'investissement étranger doit être recherché mais, surtout dans ces conditions qu'on sent un peu ambiguës, il doit être encadré", a-t-elle estimé.

"Moi, je veux savoir quelles sont les conditions d'engagement de ces fonds. Est-ce qu'il va y avoir un droit de regard public? Est-ce qu'on va savoir où va l'argent, comment c'est contrôlé?" a poursuivi la députée UMP de l'Essonne.

Ces précautions ne suffisent pas au député souverainiste Nicolas Dupont-Aignan (Debout la République), élu du même département de banlieue, vivement opposé à l'entrée de capitaux qataris dans les cités.

"Pauvre pays où une puissance étrangère, je dirais la même chose si c'était les Etats-Unis ou le Japon, vient intervenir dans nos affaires intérieures. Mais où est tombée la France pour accepter ça? C'est fou!" s'est exclamé le député non inscrit (ex-UMP).

AFP

Première publication : 01/10/2012

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