Ouvrir

À suivre

Rendez-vous

Rejouer


LES DERNIÈRES ÉMISSIONS

L'INVITÉ DE L'ÉCO

La French Touch, avec le chef Thierry Marx et le mathématicien Cédric Villani

En savoir plus

JOURNAL DE L’AFRIQUE

Cameroun : la famille d'Albert Ebossé pleure le joueur tué en Algérie

En savoir plus

JOURNAL DE L’AFRIQUE

Immigration : 170 corps retrouvés près des côtes libyennes

En savoir plus

À L’AFFICHE !

Coup d’envoi de la 71ème Mostra de Venise

En savoir plus

SUR LE NET

Après "l'Ice Bucket Challenge", place au "Rice Bucket Challenge"

En savoir plus

FOCUS

Milan, ville de transit pour les réfugiés syriens

En savoir plus

FOCUS

Sénégal : insécurité alimentaire en Casamance

En savoir plus

EXPRESS ORIENT

Otages en Syrie : la rançon ou la mort ?

En savoir plus

DÉBAT

Gouvernement Valls II : le bon choix ?

En savoir plus

  • Cessez-le-feu à Gaza : qui d'Israël ou du Hamas sort vainqueur ?

    En savoir plus

  • Bloquer l'avancée de l'EI, le casse-tête d'Obama

    En savoir plus

  • La déclaration d'amour de Valls aux entreprises françaises

    En savoir plus

  • Macron vs Montebourg : deux styles opposés mais une même politique ?

    En savoir plus

  • Affaire Tapie : Christine Lagarde mise en examen pour "négligence"

    En savoir plus

  • Ronaldo, Robben, Neuer : qui sera sacré joueur européen de l'année ?

    En savoir plus

  • Zara retire de la vente une marinière flanquée d'une étoile jaune

    En savoir plus

  • France : le chômage atteint un nouveau record en juillet

    En savoir plus

  • Un rapport de l’ONU accuse Damas et l’EI de crimes contre l’humanité

    En savoir plus

  • Ebola : le Liberia sanctionne ses ministres réfugiés à l'étranger

    En savoir plus

  • Milan, ville de transit pour les réfugiés syriens

    En savoir plus

  • Theo Curtis, ex-otage américain en Syrie, est arrivé aux États-Unis

    En savoir plus

  • Syrie : l'unique passage menant au Golan tombe aux mains des rebelles

    En savoir plus

  • Vidéo : Lalish, capitale spirituelle et dernier refuge des Yazidis d'Irak

    En savoir plus

  • En images : les ministres du gouvernement Valls II

    En savoir plus

Economie

Répression iranienne sur fond d'asphyxie économique

© AFP

Texte par Sébastian SEIBT

Dernière modification : 04/10/2012

Une monnaie à un niveau historiquement bas face au dollar, des sanctions internationales de plus en plus sévères : l’économie iranienne est au plus mal. Mais pour plusieurs experts un "printemps perse" n'est pas à l'ordre du jour.

Les forces de l’ordre ont effectué, mercredi 3 octobre, une descente en plein cœur de Téhéran pour arrêter des revendeurs illégaux de devises étrangères. Cette intervention a engendré des échauffourées avec les personnes venues protester contre la chute de la monnaie nationale. “C’est une action musclée qui révèle au grand jour les craintes persistantes du régime face à la grogne sociale en Iran”, analyse Thierry Coville, spécialiste de l’Iran à l’Institut des relations internationales et stratégiques (Iris), contacté par FRANCE 24. Une partie des magasins du grand bazar de Téhéran étaient, en outre, fermés pour protester contre la dégradation de la situation économique.

Les manifestations au grand bazar de Téhéran

Ce signe de nervosité des autorités intervient alors que le cours de la monnaie locale, le rial, atteignait des niveaux historiquement bas face au dollar ces derniers jours. Il fallait, mercredi, 34 000 rials pour obtenir un dollar en Iran contre 22 000 une semaine auparavant. En un an, il a perdu 75 % de sa valeur face au billet vert.

Conséquence principale de cette chute : l’envolée des prix pour les Iraniens. Ainsi, la viande et le riz coûtent, respectivement, 48 % et 34 % de plus qu’il y a quelques mois. Une évolution tellement inquiétante que le régime a décidé, depuis cet été, de ne plus publier le taux officiel de l’inflation.

Classe moyenne frappée

Cette dépréciation de la monnaie iranienne pèse lourdement sur le coût des importations et risque de priver le pays de produits consommés notamment par les Iraniens les plus aisés. “La détérioration de la situation économique frappe durement les classes moyennes qui avaient pourtant beaucoup progressé ces dernières années”, regrette Thierry Coville.

Paradoxalement, les sanctions internationales font, en un sens, le jeu du régime. Avec la crise qui frappe durement les classes moyennes le "régime a moins à craindre car elles représentent la frange de la population la plus en faveur des réformes", souligne Christian Emery, spécialiste de l’Iran à la London School of Economics.

Face à cet étranglement économique, le régime fait de son mieux pour se défendre. “Est-ce que la situation du marché de devises est due aux sanctions ? Non, ce n'est pas le cas et ce n'est pas comme si les revenus en devises n'étaient pas suffisants pour répondre aux besoins du pays", assure Mehdi Mohammadi, un proche du Conseil suprême de la sécurité nationale, dans un éditorial publié mardi dans le quotidien "Vatan Emrouz".

Le président Mahmoud Ahmadinejad, en personne, est aussi monté au créneau mardi, lors d’une conférence de presse, pour assurer que si “[nos] ennemis ont réussi à réduire [nos] ventes de pétrole”, le pouvoir “réussira à compenser ce manque à gagner”, sans pour autant préciser comment.

Un printemps perse ?

Car le rial en berne serait un signe de l’efficacité des sanctions économiques internationales contre l’Iran mises en place par les États-Unis depuis 2010. La décision de l’Union européenne de mettre un terme, le 1er juillet 2012, à l’achat de brut iranien a, en outre, privé le régime d’un marché qui représentait 20 % de ses exportations de pétrole.

Cette asphyxie économique a, d'ailleurs, été saluée par Washington qui a évoqué, mardi, “la pression internationale implacable et de plus en plus réussie que nous faisons tous peser sur l'économie iranienne”.

D'aucuns appellent désormais de leur vœux un "printemps arabe" version iranienne. "Les manifestations de l'opposition qui ont eu lieu en Iran en juin 2009 vont revenir avec plus de force”, a ainsi assuré Avigdor Liberman, ministre israélien des Affaires étrangères, dans un entretien accordé le 29 septembre au quotidien israélien de gauche "Haaret’z".

"Je ne vois pas de prémices à un soulèvement populaire qui renverserait le régime en place”, estime, pour sa part, Thierry Coville. Ce spécialiste de l’Iran juge que le “scénario idéal” voulu par les États-Unis - un départ forcé de Mahmoud Ahmadinejad et la mise en place d’un pouvoir plus proche des positions américaines - n’est pas prêt de voir le jour.

“D’abord, Mahmoud Ahmadinejad est déjà très isolé au sein du pouvoir et l’aggravation de la situation économique risque simplement de lui donner des arguments pour dire que la faute incombe exclusivement aux puissances occidentales et à leurs sanctions”, rappelle Thierry Coville. “À l’heure actuelle, il sert essentiellement de pare-feu pour protéger le leader suprême Sayyid Ali Khamenei qui attend que le mandat d’Ahmadinejad arrive à terme”, renchérit Christian Emery.

Mais surtout, rien ne dit que le successeur de l’actuel président sera plus souple sur la question du nucléaire. “L’Iran est un pays nationaliste qui voit dans le programme nucléaire une défense de ses intérêts nationaux”, souligne Thierry Coville.

Première publication : 03/10/2012

  • ONU

    Benjamin Netanyahou veut fixer une "ligne rouge" à l'Iran

    En savoir plus

  • IRAN

    L'AIEA accuse Téhéran d'avoir doublé sa capacité de production nucléaire

    En savoir plus

  • DIPLOMATIE

    Les États-Unis durcissent encore leurs sanctions contre l'Iran

    En savoir plus

COMMENTAIRE(S)