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EUROPE

Scandale du "Vatileaks" : l'ex-majordome du pape se dit innocent

© AFP

Vidéo par Clémence DIBOUT

Dernière modification : 03/10/2012

Au second jour de son procès, l'ancien majordome Paolo Gabriele, accusé d'avoir volé et transmis des centaines de documents confidentiels, a dit être innocent de l'accusation de vol, mais a reconnu avoir trahi la confiance du pape.

Paolo Gabriele, que Benoît XVI surnommait affectueusement "Paoletto", a clamé son innocence devant les juges mardi 2 octobre. "Pour ce qui concerne le vol aggravé, je me déclare innocent", a-t-il ainsi affirmé à la barre des accusés. "Je me sens coupable d'avoir trahi la confiance qu'avait placée en moi le Saint-Père que j'aime comme si j'étais son fils", a toutefois regretté l’ancien majordome du pape.

Cet ancien proche du souverain pontife est accusé de s'être emparé de centaines de

documents confidentiels du pape pour les transmettre au journaliste Gianluigi Nuzzi. Ce dernier les a ensuite publiés dans un livre, "Sua santità" ("Sa Sainteté"), qui pour la première fois révèle la face cachée du Vatican. Intrigues, rivalités et lutte de pouvoir éclatent au grand jour. Dans les documents rendus publics, le numéro deux du Vatican, le cardinal Tarcisio Bertone, est particulièrement visé.

À la barre des accusés, l'ex-majordome, en complet et cravate grise, donnait pour la première fois publiquement sa version des faits, au deuxième jour du retentissant procès Vatileaks, inédit dans l’histoire de la petite cité vaticane. "Ce qui m'a vraiment scandalisé est que lorsque je me retrouvais à la table du Saint-Père pour déjeuner, il lui arrivait de me poser des questions sur des choses dont il aurait du être informé", a-t-il confié. "C'est là que j'ai acquis la conviction qu'il était facile de manipuler une personne qui a entre ses mains un pouvoir aussi énorme", a expliqué Paolo Gabriele.

Durant l'instruction, l'ancien majordome avait affirmé vouloir combattre "le mal et la corruption" au Vatican, ignorés par le pape. Mais à chaque question à ce sujet, le juge Giuseppe Dalla Torre a estimé: "C'est hors sujet. Nous devons en rester au chef d'inculpation", le vol aggravé.

Coupures de presse sur la franc-maçonnerie et les services secrets

Paolo Gabriele a affirmé avoir agi seul, "sans complice", mais reconnu avoir de nombreux "contacts" au Vatican, où il sentait un "mécontentement vaste et diffus". "Depuis 1997, tous me connaissaient au Vatican, me faisaient confiance", a-t-il expliqué. Avant d'ajouter: "Je ne suis pas le seul au cours des années à avoir fourni des informations confidentielles à la presse".

La somme des documents saisis dans les appartements de l'ex-majordome - au Vatican et à Castel Gandolfo - remplit pas moins de 82 cartons. Deux des gendarmes qui ont mené la perquisition ont indiqué qu'y figuraient de nombreux livres et coupures de presse sur la franc-maçonnerie et les services secrets.

Paolo Gabriele a précisé qu'il n'avait pas reçu d'argent en échange des documents. "C'était une condition essentielle", a-t-il insisté.

Outre l'accusé, plusieurs témoins sont venus à la barre, dont le secrétaire particulier du pape, Mgr Georg Gänswein. "J'avais une confiance totale. Pendant les années de son service, je n'ai jamais eu une seule occasion de douter de M. Gabriele", a assuré celui qui était son supérieur hiérarchique direct.

Les derniers témoins seront appelés à la barre mercredi 3 octobre, a indiqué le père Lombardi, porte-parole du Vatican. Aucune audience n'est prévue jeudi, jour de la Saint-François, patron de l'Italie, durant lequel le pape a prévu un déplacement dans la péninsule. Le procès devrait reprendre vendredi et pourrait s'achever à la fin de la semaine.

L’ancien majordome du pape risque jusqu’à quatre ans de prison. Comme il n’y a pas de prison dans le petit État du Vatican, Paolo Gabriele - s’il est condamné et si le pape ne le gracie pas - devra purger sa peine dans un établissement pénitentiaire italien.

FRANCE 24 avec dépêches

Première publication : 03/10/2012

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