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EUROPE

Ouverture du premier sommet euro-méditerranéen depuis les révolutions arabes

Vidéo par Gauthier RYBINSKI

Dernière modification : 05/10/2012

Le premier sommet depuis neuf ans du Dialogue 5+5 qui regroupe cinq pays européens et cinq pays maghrébins de l'ouest de la Méditerranée s'est ouvert vendredi à Malte dans un contexte totalement bouleversé par les révolutions arabes.

Pour la première fois depuis neuf ans, les chefs d'État et de gouvernement du Dialogue 5+5 se retrouvent vendredi 5 et samedi 6 octobre à Malte pour un sommet où cinq pays du Nord afficheront leur "intérêt" pour les besoins du Maghreb post-révolutions arabes.

"Malte est fière d'accueillir le premier sommet 5+5 depuis la naissance de la démocratie en Tunisie, Égypte et Libye", a lancé le Premier ministre maltais Lawrence Gonzi en présentant l'évènement cette semaine. Le sommet est "historique en lui-même et sera une vitrine pour le dialogue interculturel" entre rives nord et sud de la Méditerranée, a-t-il ajouté.

Il s'agit seulement de la deuxième réunion au niveau des chefs d'État et de gouvernement de ce forum lancé à Rome en 1990 et appelé Dialogue 5+5 (Espagne, France, Italie, Malte, Portugal + Algérie, Libye, Maroc, Mauritanie, Tunisie).

En outre, ce sera le premier sommet de ce type depuis la chute du président tunisien Zine El Abidine Ben Ali en Tunisie et celle du leader libyen Mouammar Kadhafi, tué peu après sa capture par des rebelles à Syrte le 20 octobre 2011.

Ce Forum euro-méditerranéen a une "signification politique particulière" car, selon Malte, c'"est le seul groupement régional à réunir les membres de l'Union arabe du Maghreb et leurs voisins immédiats de la rive Nord de la Méditerranée". En outre, "sa nature informelle permet une discussion plus franche", ont estimé les autorités de La Valette.

Pour Gauthier Rybinski, envoyé spécial de FRANCE 24 à la Valette, le maître-mot de ce sommet est "démocratie". "Un vent nouveau souffle sur cette rencontre et il va dans le sens des aspirations démocratiques, même si dans certains pays arabes, cet équilibre est fragile, voire chaotique", explique le journaliste.

Signe de l'importance donnée par les pays du Nord à un rapprochement avec leurs voisins d'en face, le président français François Hollande fera le déplacement tout comme le chef du gouvernement italien Mario Monti et ses homologues espagnol Mariano Rajoy et portugais Pedro Passos Coelho.

L'Union européenne sera aussi à l'affiche avec le président de la Commission européenne José Barroso et le commissaire à la Politique européenne de voisinage le Tchèque Stefan Füle.

Le secrétaire général de l'UMA (Union du Maghreb arabe) Habib Ben Yahia et le secrétaire général de l'Union pour la Méditerranée Fathallah Sijilmassi prendront place parmi les observateurs.

"Tisser des liens"

Aux yeux de l'Elysée, il est important de "dire l'engagement" des pays du Nord "de maintenir une coopération méditerranéenne ambitieuse en dépit des difficultés économiques et de la crise de la zone euro".

Paris veut aussi affirmer "après les printemps arabes, sa confiance renouvelée dans les processus de décision politique sur la rive sud de la Méditerranée et en premier lieu au Maghreb" avec lequel il faut "tisser des liens productifs, confiants et diversifiés". "Pour François Hollande, il s’agira de revenir à l’idée de la sécurité migratoire, ajoute Gauthier Rybinski. Chez le chef de l'État, sécurité ne rime pas avec peur de l’étranger mais avec contrôle raisonnable et raisonné des flux migratoires."

Côté maghrébin, les présidents tunisien Moncef Marzouki et mauritanien Mohamed Ould Abdel Aziz ont répondu présents tout comme les Premiers ministres marocain Abdelilah Benkirane et algérien Abdelmalek Sella. La Libye sera représentée par le président du parlement Mohamed Magarief qui est de facto le chef de l'État libyen par interim.

Les dirigeants débattront de sécurité, de défense, d'immigration illégale et chercheront à approfondir le dialogue politique en faisant aussi le point sur les nouveaux domaines de coopération possibles (éducation, environnement, énergie).

La France par exemple souhaiterait un système "Erasmus de la Méditerranée" et le développement de projets dans les énergies renouvelables dont le solaire. L'autoroute intermaghrébine est aussi un projet important même s'il est dans l'impasse à cause des tensions entre Maroc et Algérie sur le Sahara occidental.

En attendant d'avancer sur ce dossier, il faudrait renforcer la coopération "entre ministres de l'Économie et des finances, faciliter la circulation des hommes d'affaires et renforcer la sécurité juridique pour les entreprises", selon Paris.

FRANCE 24 avec AFP

Première publication : 05/10/2012

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