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EUROPE

L'islamiste radical Abou Hamza entre les mains de la justice américaine

© AFP

Vidéo par Ludovic de Foucaud

Dernière modification : 06/10/2012

L'islamiste radical Abou Hamza, ancien prêcheur, d'origine égyptienne, de la mosquée londonienne de Finsbury Park, et quatre autres personnes soupçonnées de terrorisme ont été extradés dans la nuit de vendredi à samedi vers les États-Unis.

L’islamiste radical Abou Hamza, connu pour ses prêches enflammés contre l’Occident à la mosquée londonienne de Finsbury Park, fera finalement un crochet par les États-Unis. Le prédicateur d’origine égyptienne, symbole vivant du "Londonistan", a été extradé dans la nuit de vendredi à samedi vers les États-Unis, où il est accusé d’activités liées au terrorisme. Il doit être présenté ce samedi à un magistrat de New York. 

Avec son bras muni d'un crochet et son regard de borgne, Abou Hamza était devenu le visage de la menace islamiste intérieure au Royaume-Uni. L’imam de 54 ans s’était notamment distingué pour avoir salué les attentats les attentats du 11-Septembre aux États-Unis. Il purgeait une peine de sept ans de prison en Grande-Bretagne pour avoir incité ses partisans à tuer des non-musulmans.

Dès son arrivée aux États-Unis, Abou Hamza devra répondre de onze chefs d’accusation. Le prédicateur de Finsbury est notamment accusé par Washington d'avoir pris part à l'enlèvement de seize touristes occidentaux au Yémen en 1998, dont quatre sont morts lors d'une opération militaire pour les libérer.

Il est aussi soupçonné d'avoir facilité la mise en place d'un camp d'entraînement aux États-Unis en 2000-2001 et aidé à financer des candidats au "djihad" désireux de se rendre au Proche-Orient pour s'entraîner à des attentats.

Marathon judiciaire

Le gouvernement britannique a remis Abou Hamza aux autorités américaines quelques heures après le rejet de son ultime recours devant la Haute Cour de justice de Londres, mettant fin à un marathon judiciaire de huit ans.

Quatre autres hommes dont l’extradition était également réclamée par les États-Unis pour actes de terrorisme ont également vu leur recours rejetés vendredi. Ils ont été mis à bord de deux avions civils américains. Deux d'entre eux, Adel Abdul Bary et Khaled Al- Fawwaz, devaient formellement être mis en accusation samedi à New York. Les deux derniers relèvent des tribunaux du Connecticut (nord-est), où ils devaient également comparaître ce samedi.

Les autres islamistes réclamés par Washington sont accusés d’avoir participé en 1998 aux attentats contre les ambassades de Nairobi, au Kenya, et de Dar-es-Salaam, en Tanzanie, pour deux d’entre eux, de divers meurtres et autres actes criminels s’agissant des deux derniers.

Abou Hamza a été décrit comme source d’inspiration pour certains des activistes connus sur la scène internationale comme le Français Zacarias Moussaoui, condamné à la réclusion à perpétuité pour avoir participé à l’organisation des attentats du 11-Septembre.

Né en Égypte, l’imam était arrivé au Royaume-Uni dans les années 70 pour y suivre des études d’ingénieur. Il avait épousé une Britannique et travaillait comme portier dans des discothèques de Londres.

L’imam raconte qu’il a perdu ses deux mains - il porte un crochet à la droite - et un œil en Afghanistan dans les années 80 lors d’une mission humanitaire. Selon les autorités, il combattait contre l’Union soviétique aux côtés des moudjahidine.
 

(FRANCE24 avec dépêches)

Première publication : 06/10/2012

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