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FRANCE

Islamisme radical en France : "l'affaire Merah a fait sauter un verrou"

© AFP

Texte par Amara MAKHOUL-YATIM

Dernière modification : 08/10/2012

Le démantèlement, samedi, d’une cellule terroriste présumée remet sur le devant de la scène la question d’un lien entre délinquance et islamisme radical en France. Éclairage sur un phénomène qui reste toutefois très minoritaire.

Hier délinquant des cités, demain peut-être djihadiste. Énoncé ainsi le raccourci semble grossier mais mérite d’être questionné. Le démantèlement, samedi 6 octobre, d'une cellule islamiste radicale, soupçonnée de l’attaque d’une épicerie casher en région parisienne le mois dernier, remet en lumière une certaine porosité entre délinquance et islamisme radical.

Qui sont les nouveaux djihadistes à la française ?

Jérémie Louis-Sidney, un converti de 33 ans, tué l'arme à la main samedi à Strasbourg, est soupçonné d'avoir jeté une grenade défensive dans un supermarché casher de Sarcelles (Val-d'Oise) le 19 septembre. Lors des perquisitions, une liste de lieux israélites en région parisienne a été retrouvée à son domicile, mais aussi un exemplaire d'Inspire, la revue anglophone d'Al-Qaïda dans la péninsule Arabique (Aqpa), notamment destinée à inciter au djihad les musulmans occidentaux.

Une "planche de salut" pour certains jeunes délinquants

Un autre élément retient l’attention : sur les 11 gardés à vue, tous sont français et plusieurs sont des convertis. Comme Jérémie Louis-Sidney, certains étaient jusqu'alors connus pour des faits de droit commun, un profil de délinquants radicalisés qui rappelle celui de Mohamed Merah, le tueur à scooter de Toulouse et Montauban. Dans ces deux cas, et malgré le caractère marginal du phénomène, il s’agit donc bien de petits délinquants qui ont embrassé le djihad.

Pour Claude Moniquet, directeur de l’European Strategic Intelligence and Security Center (ESISC), le phénomène n’est pas nouveau. Au milieu des années 1990 déjà, Khaled Kelkal et les membres du "Gang de Roubaix", pour la plupart des convertis, présentaient un profil similaire.

"En devenant des djihadistes, ces jeunes voyous vont s’anoblir", explique-t-il à FRANCE 24. Un point de vue partagé par Mathieu Guidère, professeur d’islamologie et auteur des "Nouveaux Terroristes" (éd. Autrement, 2010). Joint par FRANCE 24, ce dernier souligne le fait qu’une fois entrés dans l’islamisme radical, ces jeunes ne sont plus des délinquants. Or, c’est principalement cela qu’ils cherchent. "Pour eux, l’islam radical est perçu comme une planche de salut, qui les fera sortir de la drogue, de la délinquance et des délits", observe-t-il.

Selon Claude Moniquet, certains se convertissent en prison, d’autres dans la cité. Dans les deux cas, c’est dans une période très dure de leur vie, et à la suite d'un constat d’échec qu’ils basculent dans le radicalisme. "Désespérés, ils voient dans le djihadisme une dimension héroïque", poursuit-il, en rappelant également le rôle joué par le groupe : "Dans la cité, le groupe se crée sur des affinités et l’aspect affectif est important : si un membre opère une transformation radicale, il aura une influence sur le groupe entier".

"Un phénomène plus psychologique que religieux"

Si ces "néo-djihadistes" se sont probablement convertis sous l’influence de salafistes, Claude Moniquet relève toutefois que l’aspect religieux de leur radicalisation demeure au second plan. "Le phénomène est selon moi plus psychologique que religieux", analyse-t-il.

Ancien chef du service Renseignement de sécurité de la Direction générale de la sécurité extérieure (DGSE), Alain Chouet partage également cette observation. "Ce sont plus des sociopathes que des religieux ", affirme-t-il, insistant sur le fait que ces cas de figure, de petits bandits des cités qui basculent dans l’islamisme radical, restent minoritaires. "Ils seraient 100 à 200 en France selon les estimations mais, malheureusement, on ne peut pas surveiller en permanence chacun d’entre eux ", explique-t-il à FRANCE 24.

"Ce sont des jeunes, qui ne se sentent pas bien dans leur peau, et qui trouvent [dans l'islam radical] une solution à leur mal-être ", poursuit-il, soulignant le fait qu’ils ne se réclament pas de la mouvance djihadiste internationale. Si la détention a pu dans les années 1990 et 2000 constituer une étape de radicalisation, c'est, selon lui, moins le cas aujourd’hui. "Ces dernières années, le prosélytisme a baissé car l'administration pénitentiaire a pris des mesures pour sélectionner les imams qui interviennent en prison."

Toujours est-il que si l’on parvient à retracer hypothétiquement le processus de radicalisation, on ignore ce qui déclenche le passage à l’action. Pour Mathieu Guidère, c’est l’exemple des autres, le précédent : "l’affaire Merah a fait sauter un verrou, celui du passage à l’acte."

Première publication : 08/10/2012

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