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Amériques

Mitt Romney prône une diplomatie plus offensive

© AFP

Vidéo par Stanislas DE SAINT HIPPOLYTE

Texte par FRANCE 24

Dernière modification : 08/10/2012

Soucieux d'épingler la passivité de Barack Obama sur les dossiers sensibles, le candidat républicain a promis, lors d'un discours de politique étrangère, d’armer les rebelles syriens et de se montrer inflexible avec la Russie et l'Iran.

Ragaillardi par sa prestation lors du premier débat présidentiel, 3 octobre, duquel il est sorti "victorieux" face à Barack Obama, Mitt Romney s’est une nouvelle fois employé à endosser le costume présidentiel. À l’occasion de son discours de politique étrangère, prononcé ce lundi à Lexington, en Virginie, le candidat républicain à la présidentielle américaine du 6 novembre a tenté de convaincre ses compatriotes de sa stature de chef d’État en matière de politique extérieure et de défense, deux domaines dans lesquels une majorité de citoyens font plutôt confiance à l'actuel locataire de la Maison Blanche. 

Sans surprise, l’approche diplomatique de Mitt Romney sur les enjeux internationaux s'est voulue bien plus offensive que celle de son rival. "Mitt Romney s'est montré très sévère. Il a même affirmé que le risque de guerre au Moyen-Orient était plus élevé aujourd'hui que lorsque Barack Obama est arrivé au pouvoir, analyse Stanislas de Saint Hippolyte, correspondant de FRANCE 24 à Washington. Il y avait presque une tonalité de guerre froide dans ses propos."

Des armes aux rebelles syriens

Désireux de marquer la différence avec Obama, le républicain n'a pas hésité à taper fort. Il a notamment accusé le président sortant d'avoir "échoué" sur tous les dossiers diplomatiques sensibles du moment, dont celui de la Syrie.

"Le président a échoué à montrer la voie en Syrie, où plus de 30 000 hommes, femmes et enfants ont été massacrés par le régime de Bachar al-Assad ces 20 derniers mois", a-t-il lancé.

L'ancien gouverneur du Massachusetts reproche également à son adversaire de ne pas avoir armé les rebelles syriens. Mitt Romney affirme qu'en cas de victoire, il fera en sorte "qu'ils obtiennent des armes pour vaincre les tanks et les hélicoptères d'Assad".

Tensions entre Washington et Tel-Aviv

Mitt Romney s'est ensuite attardé sur le cas libyen, poursuivant ses critiques à l'égard de l'administration Obama, notamment sur sa gestion du dossier après l'attaque du consulat américain de Benghazi, dans l'est de la Libye, le 11 septembre, assaut au cours duquel l'ambassadeur américain Christopher Stevens avait été tué. Mitt Romney reproche à son rival d'avoir attendu plusieurs jours avant de qualifier l'attaque de "terroriste" et d'avoir sous-estimé les menaces qui pèsent sur les représentations américaines à l'étranger.

En ce qui concerne le Moyen-Orient, le candidat républicain a mis en garde contre les tensions récentes entre les États-Unis et Israël, fidèle allié des Américains, estimant qu'elles avaient encouragé l'Iran, engagé dans un programme nucléaire controversé.

Un président "silencieux"

"Les relations entre le président des États-Unis et le Premier ministre israélien, notre plus proche allié dans la région, ont connu de fortes tensions [...] C'est une situation dangereuse qui a retardé l'espoir de paix au Moyen-Orient et encouragé nos adversaires communs, en particulier l'Iran", a-t-il dénoncé. Ne manquant pas une occasion de remettre en cause le manque de leadership du président Obama, Mitt Romney a ajouté : "Même quand des millions d'Iraniens sont descendus dans la rue en juin 2009 pour demander d'être libérés d'un régime cruel qui menace le monde entier [....], le président américain est resté silencieux".

Le candidat républicain est considéré comme un proche du chef du gouvernement israélien, Benjamin Netanyahou. Ce dernier avait récemment demandé aux États-Unis de fixer une "ligne rouge" à l'Iran concernant son programme nucléaire contesté. Cette exigence israélienne s'était toutefois heurtée au refus de Barack Obama, qui a toujours affirmé vouloir privilégier la voie diplomatique et les sanctions internationales à l'alternative militaire.

Plus sévère avec Poutine

Sur le volet européen, le candidat républicain a également prévenu qu'il ne ferait preuve "d'aucune flexibilité" avec le président russe, Vladimir Poutine, sur le projet d'un bouclier antimissiles en Europe. "Je mettrai en place des défenses antimissiles efficaces pour nous protéger des menaces. Et, à cet égard, il n'y aura aucune flexibilité avec Vladimir Poutine", a-t-il déclaré.

Discutant de ce bouclier, le président américain et son homologue russe d'alors, Dmitri Medvedev, s'étaient laissé surprendre, fin mars, par un micro resté branché lors d'un sommet à Séoul, en Corée du Sud. Les journalistes avaient alors pu entendre le président américain affirmer qu'il aurait "plus de flexibilité" à ce sujet s'il était réélu le 6 novembre.

Première publication : 08/10/2012

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