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Afrique

Les homosexuels algériens veulent entrer dans la lumière

© AFP

Texte par Assiya HAMZA

Dernière modification : 10/10/2012

Alors que l’homosexualité est un délit puni par la loi algérienne, des associations se mobilisent pour faire évoluer les mentalités. Tel est l’objectif de TenTen 2012, la journée nationale de sensibilisation organisée mercredi.

Allumer une bougie pour "éclairer ceux qui sont dans l’ombre". Pour la sixième année consécutive, l’association Alouen organise, mercredi 10 octobre, une journée nationale des LGBT algériens (lesbiennes, gays, bisexuels et transexuels) : TenTen 2012. Le principe est simple. À 20h, chaque Algérien, quelle que soit son orientation sexuelle, est appelé à allumer un lumignon en signe de soutien à la communauté.

"Nous voulons juste dire que les homosexuels existent en Algérie", explique la responsable de l’évènement au sein de l’association Alouen, jointe au téléphone par FRANCE24, qui tient à garder l'anonymat. "Nous ne pouvons pas organiser de Gay Pride ou distribuer de tracts dans la rue. Allumer une bougie chez soi, c’est un acte simple et symbolique, une sorte de commémoration."

"Une fois par an, allumer une bougie pour saluer la communauté"

“Pour mes parents, c’est une amie”

Ce rendez-vous, Nour* ne le manquerait pour rien au monde. Cette jeune Algéroise de 32 ans a découvert son homosexualité à l’âge de 13 ans. "Je le savais depuis toujours mais quand on est une petite fille, on est, par définition, asexuée. Ce n’est vraiment qu’à la puberté que j’ai pu mettre des mots sur ce que je ressentais. C’était tout à fait naturel", confie Nour.

Elevée dans une famille très traditionnelle, la jeune femme n’a toujours pas fait son coming out. Enfin pas tout à fait... "Je ne l’ai jamais caché. Certains de mes proches le savent, d’autres pas", raconte Nour. Une réaction l’a marquée tout particulièrement. "Quand j’ai essayé de le dire à l’une de mes proches, elle m’a coupée net en me disant : 'Tu n’es pas en train de me dire que…'. Je me suis immédiatement rétractée", se souvient-elle. "Finalement, quelques années plus tard, c’est elle qui est revenue pour me dire qu’elle avait compris."

Aujourd’hui, Nour vit toujours chez ses parents. Non pas parce qu’elle ne souhaite pas prendre son indépendance, mais parce que celle qui partage sa vie depuis un an travaille en dehors de la capitale algérienne. Trop compliqué à gérer. Sa moitié, tout le monde la connaît. "Ma famille l’adore. Pour mes parents, c’est une amie. En revanche, certains de mes frères et sœurs savent que c’est ma compagne. Ils ont même des petites attentions pour elle."

La multiplication des "mariages rainbow"

Une ouverture d’esprit que ne rencontrent pas toujours les homosexuels. Dans cette société patriarcale où, officiellement, la sexualité n’existe pas hors mariage, les jeunes femmes ne peuvent quitter le cocon familial que pour rejoindre le domicile conjugal. Certaines se marient donc sous la pression de leurs proches ou ont recours à ce que l’on appelle le "mariage rainbow". Le principe ? Une femme et un homme homosexuels s’unissent pour sauver les apparences et pouvoir vivre plus facilement leur sexualité. L’association Alouen reçoit d’ailleurs beaucoup de demandes de ce type. "Je ne peux pas mentir à ce point", admet Nour, sans pour autant condamner ceux qui se prêtent à la "mascarade". Car l’homosexualité reste taboue.

"Après l’Indépendance, l’esprit européen a perduré quelque temps. On acceptait plus facilement la différence en Algérie", souligne l’association Alouen. "Mais après la décennie noire (les années 1990, marquées par le terrorisme des groupes islamistes armés, NDLR), les Algériens sont devenus plus craintifs. La douleur les a fait régresser, regarder davantage les autres avec méfiance." Alors que certaines associations affirment qu'un Algérien sur dix est homosexuel, l’islamisation des esprits accentue chaque jour un peu plus la stigmatisation de la communauté LGBT.

Jugée contraire à l’islam, l’homosexualité est perçue comme un acte "contre nature", voire une maladie mentale, dans les pays arabo-musulmans. D’ailleurs, si les messages de soutien à Tenten sont nombreux sur la page Facebook de l’évènement, le déferlement de haine n’est jamais bien loin. "On nous traite de pervers, on évoque Sodome et Gomorrhe, le lieu de tous les péchés et de la décadence", regrette Nour. "Dieu a créé une palette de diversité : des grands, des petits, des colorés, des langues différentes… Dieu est amour et partage. Je ne suis pas différente de vous parce que j’aime une personne du même sexe", poursuit la jeune femme.

"Je n’ai rien fait de mal !"

Pourtant, Nour n’éprouve aucune haine. De la douleur parfois. "Les insultes ne me heurtent pas. Mais, parfois, le soir lorsque j’essaie de dormir, ça remonte à la surface. C’est comme si on me donnait des coups de lame à l’intérieur. J’ai alors juste envie de crier : je n’ai rien fait de mal !", s’emporte doucement la trentenaire, qui plaide pour plus de tolérance et d'humanité : "Apprenez à nous connaître, l’homosexualité n’est pas contagieuse. Rejeter la différence ne vous protègera pas et ne nous fera pas disparaître".

Reste que l’homosexualité est un délit en Algérie. Il est puni par les articles 333 et 338 du Code pénal : "Tout coupable d’un acte d’homosexualité est puni d’un emprisonnement de deux mois à deux ans et d’une amende de 500 à 2 000 DA [dinar algérien]. Si l’un des auteurs est mineur de 18 ans, la peine à l’égard du majeur peut être élevée jusqu’à trois ans d’emprisonnement et 10 000 DA d’amende".

“Nous voulons changer les mentalités avant de changer les lois", insiste l’association Alouen. "Ce n’est qu’une fois unis que nous pourrons nous confronter à notre gouvernement."

* Le prénom a été changé.

 

Première publication : 09/10/2012

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