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Culture

Le design contemporain africain s'expose au musée Dapper, à Paris

Dernière modification : 10/10/2012

L'exposition "Design en Afrique : s'asseoir, se coucher et rêver", dans laquelle le design africain contemporain revendique sa filiation avec les traditions artistiques et cultuelles, s'ouvre ce mercredi au musée Dapper, à Paris.

Fauteuil ellipse, commode continent, lit-tôle, tabourets en tubes galvanisés...: inventif et audacieux mais rarement exposé en Occident, le design africain revendique sa filiation avec les artefacts de ses ancêtres dans une exposition qui débute mercredi au musée Dapper à Paris.     

"C'est comme une natte mais avec un appui-tête", s'amuse Kossi Assou (Togo), 54 ans, en s'allongeant sur le lit en tôle et en bois minimaliste qu'il a conçu et qui rappelle une scie géante, placé aux côtés d'un lit funéraire traditionnel de Côte d'Ivoire.
             
"Je revendique cette filiation comme beaucoup de designers africains contemporains. Elle me permet une continuité pour proposer des objets qui répondront aux attentes de demain", ajoute-t-il, interrogé par l'AFP.
              
Intitulée "Design en Afrique: s'asseoir, se coucher et rêver", l'exposition comprend une centaine de pièces, majoritairement des objets supportant le corps: tabourets, chaises, fauteuils, lits, bancs, appuie-têtes ou "supports de rêves"...tous marqués par les façons de vivre des utilisateurs et par leur statut.
             
Une série de photos décalées de Daniel Lainé introduit le sujet en préambule : des chefs africains trônant sur des fauteuils aussi variés que leurs représentants qui mettent en exergue leur rapport au pouvoir.
             
Et du trône à la fourche de branche d'arbre en trépied ou aux fastueuses chaises chokwe (République démocratique du Congo/Angola/Zambie), l'art de bien s'asseoir ou de se reposer est infini dans l'Afrique traditionnelle.
             
"L'Afrique contemporaine réinterprète cette tradition avec une nouvelle génération de créateurs qui émergent depuis une dizaine d'années, grâce à des événements comme la biennale de Dakar, mais ils peinent à se faire connaître à l'international", explique la commissaire de l'exposition Christiane Falgayrettes-Leveau.
             
Fauteuil Mobutu
             
Car, ajoute-t-elle, "la plupart du temps, les designers font tout eux-mêmes de la conception à la réalisation, ils sont proches de l'art et de l'artisanat mais souffrent d'un manque d'accompagnement à la fabrication".
             
"Notre plus grand problème est la diffusion. Nous occupons tous les postes de travail sur cette chaîne et c'est un vrai handicap", confirme Kossi Assou.
             
Quelques lampes, inspirées de la géométrie et du sacré ainsi que d'ustensiles de cuisine quotidiens, sont également exposées dont celles de Balthazar Faye (France/Sénégal) ou d'Alassane Drabo (Burkina Faso), avec son pied en forme de calebasse en aluminium.
             
Chez Iviart Izamba (République démocratique du Congo), la dérision est très présente, la facture soignée: avec son fauteuil Mobutu, en forme de brouette doublée de fourrure léopard, il dit "transposer les travers qui minent les Etats africains".
             
Autre humour, autre assise: Alassane Drabo, installé à New York aujourd'hui, imagine une chaise "Ouaga sans char" à partir de selles de vélos recyclées.
             
Christian Ndong Menzamet (Gabon) et Antonio Pépin s'inspirent du "Ngil" (masque gabonais) pour créer une bibliothèque par thermoformage et découpe du bois au laser. Cheick Diallo (Mali) propose un fauteuil évidé en métal et cuir et réinvente de manière très contemporaine les objets nomades peuls. Vincent Niamien joint une assise basse à un très long dossier pour son fauteuil "Sie" (géniteur en baule), en hommage à sa culture ivoirienne.
             
"On est sorti du conceptuel, on a besoin d'objets concrets, ouverts au monde et durables", résume Ousmane Mbaye, 37 ans. Vendus aux Etats-Unis et au Japon notamment, ses tabourets en tubes galvanisés et fûts de pétrole s'inspirent des sièges royaux asante.

(AFP)

 

Première publication : 10/10/2012

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