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FRANCE

Drogue : l'UMP met en cause la "permissivité" de la gauche après l'arrestation de l'élue EELV

Vidéo par France 2

Dernière modification : 15/10/2012

L'UMP pointe du doigt les positions écologistes en faveur de la légalisation du cannabis pour expliquer la mise en examen de l'élue de Paris dans une affaire liée à un trafic de drogue. En réaction, EELV parle d'"instrumentalisation".

La mise en examen d'une élue EELV de Paris pour blanchiment d'argent a conduit l'UMP à mettre en cause la "permissivité" d'une partie de la gauche face à la drogue, une "instrumentalisation" dénoncée par le mouvement écologiste.
              
Très prompt à réagir dans cette affaire, le maire PS de Paris Bertrand Delanoë a pour sa part poussé à la démission de Florence Lamblin, maire adjointe du XIIIe arrondissement.
              

"Ces faits n'ont rien à voir avec EELV"

"Si les faits sont avérés, ils sont graves et il faut qu'ils soient condamnés", a déclaré à l'AFP le porte-parole national d'Europe Écologie-Les Verts, Jean-Philippe Magnen, réagissant à la mise en examen de Florence Lamblin.

Mais, a-t-il insisté, "ces faits n'ont rien à voir avec EELV ni son activité d'élue". Selon lui, "ça ne concerne pas le mouvement".

EELV a également exprimé "son attachement à un devoir d'exemplarité des élus", en disant compter, "dans le respect de la présomption d'innocence, sur la procédure judiciaire pour faire toute la lumière sur cette affaire et éviter tout instrumentalisation de celle-ci à des fins politiciennes".

(AFP)

Le mouvement écologiste s'est gardé, au plan national, de prendre position à propos de la culpabilité ou de l'innocence de Florence Lamblin, soulignant "n'avoir rien à voir" avec l'affaire.
              
Des élus Verts de l'arrondissement, Yves Contassot et le député Denis Baupin, se sont montrés plus sceptiques vis-à-vis de la véracité des faits reprochés à leur collègue. "Elle m'a dit par SMS qu'elle n'y était absolument pour rien", a affirmé le premier; le second a "beaucoup de mal" à croire à sa culpabilité.
              
"On essaye de faire croire que c'est lié à nos positions sur la libéralisation du cannabis, alors que ces deux problèmes n'ont strictement rien à voir", a ajouté M. Contassot, tandis qu'EELV appelait à "éviter toute instrumentalisation" de l'affaire "à des fins politiciennes", allusion aux déclarations de responsables UMP.
              
Le premier secrétaire par intérim du PS, Harlem Désir, a déclaré à l'AFP qu'"il n'y a pas de place pour la polémique, elle est artificielle", tout en voyant dans l'"indispensable" démission "une mesure de clarté".
              
Le patron de l'UMP parisienne, Philippe Goujon, a jugé que "l'approche par les Verts et le PS de la question de la drogue, qui passe pour les Verts par la légalisation et pour certains socialistes par la dépénalisation, créé un climat favorable, permissif, qui fait que certains ne voient pas la différence entre le licite et l'illicite, entre le bien et le mal".
              
Pour sa part, Patrick Trémège, conseiller UMP de Paris et élu du XIIIe arrondissement, a mis en cause "le discours de permissivité vis-à-vis de la drogue" des élus écologistes Yves Contassot et Denis Baupin ou socialistes Jean-Marie Le Guen et Daniel Vaillant.
              
L'ancien ministre de l'Intérieur, Daniel Vaillant, député-maire du XVIIIème arrondissement, avait appelé le PS à "faire preuve d'un peu de courage" vis-à-vis de la légalisation du cannabis thérapeutique, dans une récente interview à "Libération".
              
Le député PS et adjoint au maire de Paris, Jean-Marie Le Guen, avait demandé en août au gouvernement d'autoriser la création de salles d'injection de drogues, notamment "face à l'augmentation de la consommation d'héroïne".
              
Ces déclarations ont rencontré peu d'échos au PS et au gouvernement. Celui-ci s'est démarqué en juin de la proposition traditionnelle des Verts en faveur de la dépénalisation du cannabis, qu'avait rappelée la ministre Cécile Duflot, alors secrétaire nationale d'EELV.
              
Sans entrer dans cette polémique, le maire socialiste de Paris, Bertrand Delanoë, a qualifié l'affaire de "très très grave", appelant dès samedi matin Florence Lamblin "à en tirer toutes les conséquences sur l'exercice de son mandat issu du suffrage universel".
              
Le maire du XIIIème arrondissement, Jérôme Coumet (PS) qui s'était exprimé dans le même sens, a annoncé peu après que Florence Lamblin avait démissionné de ses fonctions de maire-adjointe d'arrondissement à l'environnement.
              
"Elle m'a envoyé un mail disant qu'elle se mettait en retrait de sa fonction d'adjoint, ce qui est un acte de démission de fait", a dit M. Coumet, qui retirera lundi sa délégation à son adjointe.
              
Mais, selon Jérôme Boursican, l'avocat de Florence Lamblin, celle-ci "reste élue dans la mesure où elle est considérée comme présumée innocente et qu'elle n'a aucune implication dans cette affaire" mais se retire "provisoirement de sa délégation d'adjointe".
              
Pour sa part, le responsable du Front national à Paris, Wallerand de Saint-Just, a estimé que l'affaire révélait une "pourriture à tous les niveaux".

(AFP)

Première publication : 14/10/2012

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