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Economie

L'Europe vent debout contre les règles de confidentialité de Google

Texte par Sébastian SEIBT

Dernière modification : 16/10/2012

La Cnil française a rendu, mardi, un rapport au nom de toutes les autorités européennes de protection des données personelles qui étrille les nouvelles règles de confidentialité de Google et fait planer la menace de sanctions financIères.

“Google ne fournit pas suffisamment d'informations aux utilisateurs sur les traitements de données personnelles” ou encore “[Il] ne permet pas le contrôle par les utilisateurs” de la manière dont le géant de l’Internet gère les informations personnelles qu’il collecte. Isabelle Falque-Pierrotin, présidente de la Commission nationale informatique et des libertés (Cnil), est catégorique : les nouvelles règles de confidentialité de Google sont contraires à la directive européenne sur la Protection des données à caractère personnel.

Ces conclusions, rendues publiques mardi, étaient très attendues car la Cnil agit pour le compte des 27 autorités européennes de protection des données personnelles. C’est donc l’Europe tout entière qui condamne les pratiques de Google.

En cause : le changement intervenu au 1er mars 2012 dans les régles de confidentialité établies par le géant américain. Avant cette date, chacun des services du mastodonte de Mountain View (gmail, le moteur de recherche ou encore le réseau social Google+) collectait des données de son côté. Depuis cette “simplification” des règles de confidentialité (il n'en existe plus qu'une au lieu de 60), Google centralise et recoupe toutes les informations glanées sur ses services. Le groupe américain avait voulu ainsi rendre plus "claire" sa politique de confidentialité.

Mais c’est bien ce côté “Big brother” qui chagrine la Cnil et ses confrères européens. Dans son rapport d’une dizaine de pages, l’autorité française regrette que Google “ne fournisse pas suffisamment d'informations aux utilisateurs sur les traitements de données personnelles”. De fait, la Cnil estime qu’à la lumière de son enquête, comprendre comment les informations collectées sont traitées relève du chemin de croix. Il faudrait aller “chercher sur des forums, des blogs” et autres pour dénicher ce qui devrait être inscrit dans les règles de confidentialité.

Recommandations, sanctions

Le rapport pointe aussi l’absence de “limite concernant le périmètre de la collecte”. En clair, la Cnil conclut que Google peut récupérer toutes les informations qu’il veut lorsqu’un utilisateur se rend sur l’un de ses services. Surtout, l’internaute ne sait pas vraiment quelles données sont collectées.

Les critiques de la Cnil ne sont sûrement pas surprenantes pour le géant américain. Fin février, avant l’application de ces nouvelles règles, la Cnil les avait déjà jugées contraires à la législation européenne. Le moteur de recherche avait alors fait la sourde oreille.

Cette fois encore, la courant ne semble pas être très bien passé. “Notre coopération avec Google a été moyenne. Il a répondu à nos questionnaires, néanmoins d'une façon relativement vague et imprécise”, a reconnu Isabelle Falque-Pierrotin, lors d’une conférence de presse mardi.

La Cnil a émis une série de recommandations afin d’expliquer “clairement et simplement pourquoi et comment les données sont collectées et comment les utilisateurs peuvent s’y opposer”, affirme le rapport. Pour y parvenir, les auteurs du document préconisent la rédaction de “notes de confidentialité spécifiques à chaque produit” ou encore des “présentations interactives” (vidéo, animation) pour ces services.

Google a quatre mois pour se conformer à ces recommandations. À défaut, la Cnil avertit qu’“une phase contentieuse” sera mise en marche qui pourrait aboutir, dans chaque État européen, à des sanctions financières. Le géant de l'Internet a rejeté, mardi, les accusations à son encontre s'estimant "confiants dans le fait que nos politiques de confidentialité respectent la loi européenne".

Première publication : 16/10/2012

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