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EUROPE

Massacre de Srebrenica : Radovan Karadzic comparaît pour sa défense

Vidéo par FRANCE 24

Dernière modification : 16/10/2012

Poursuivi pour génocide, crimes contre l'humanité et crimes de guerre commis entre 1992 et 1995 durant la guerre de Bosnie, l'ex-chef politique serbe, dont le procès a débuté en 2009, entame sa défense ce mardi devant le Tribunal de La Haye.

Radovan Karadzic contre-attaque depuis le box des accusés. Inculpé, notamment, pour son rôle présumé dans le massacre de Srebrenica durant la guerre de Bosnie, entre 1992 et 1955, l'ex-chef politique des Serbes de Bosnie tentera, à partir de mardi, de prouver son innocence aux juges du Tribunal pénal international pour l'ex-Yougoslavie, à La Haye, aux Pays-Bas.

Âgé de 67 ans, le prévenu est poursuivi pour génocide, crimes contre l'humanité et crimes de guerre, au cours de laquelle 100 000 personnes sont décédées. Il doit particulièrement répondre du massacre de près de 8 000 hommes et garçons musulmans à Srebrenica, dans l'est de la Bosnie, en juillet 1995, le pire massacre en Europe depuis la Seconde Guerre mondiale.

Émission FOCUS - La Défense de Karazic

Selon l'acte d'accusation, il a tenté de "chasser à jamais les musulmans et Croates de Bosnie des territoires revendiqués par les Serbes de Bosnie".

La stratégie de la défense

Le temps de la défense a sonné. Radovan Karadzic dispose de 300 heures allouées par les juges, un temps identique à celui accordé à l'accusation, et compte appeler 300 témoins. "La défense a connu beaucoup de difficultés pour pourvoir faire venir des témoins à la barre", explique Stéphanie Maupas, correspondante de FRANCE 24 à La Haye. "Plusieurs représentants d’États invités ont décliné. Car d’une part les États ne veulent pas voir leur représentant témoigner dans le procès, et d’autre part les individus ne souhaitent pas apparaître comme défendant les thèses de l’accusé."

Parmi les témoins figureront, entre autres, Andreï Demurenko, un colonel russe de l'ONU qui était chef d'état-major en 1995 pour le secteur de Sarajevo, ainsi que le président grec Carolos Papoulias, ministre des Affaires étrangères de son pays de 1993 à 1996.
L’ancien président des États-Unis Bill Clinton a également été invité par la défense mais les juges s’y sont opposés. "Karadzic a une stratégie en deux temps : il se bat sur le plan légal contre les accusations portées contre lui mais également sur le plan politique. Depuis 20 ans en effet, il continue de défendre le peuple serbe et les juges ne veulent pas laisser Karadzic donner une couleur trop idéologique à son propre procès" poursuit Stéphanie Maupas.

Une affaire politique

"C’est un tribunal politique et l’affaire portée contre Radovan Karadzic est dans une certaine mesure politique" clame pour sa part Peter Robinson, l’avocat de Radovan Karadzic. L’équipe dévolue à la défense bataille depuis quatre ans auprès des ambassades de nombreux pays afin, notamment, de démontrer que les Serbes n’étaient pas responsables des bombardements à Sarajevo.

M. Karadzic, psychiatre de formation, avait été arrêté en juillet 2008 dans un bus à Belgrade, où il vivait sous un faux nom et pratiquait la médecine alternative, après s'être caché pendant treize ans.

Son procès a débuté en octobre 2009 et la présentation des éléments à charge avait eu lieu entre avril 2010 et mai 2012.

Après avoir été acquitté de génocide dans des municipalités de Bosnie entre mars et décembre 1992, il reste néanmoins poursuivi pour dix autres chefs d'accusation. Il risque la prison à perpétuité.
 

(FRANCE 24 avec dépêches)

Première publication : 16/10/2012

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