Ouvrir

À suivre

Rendez-vous

Rejouer


LES DERNIÈRES ÉMISSIONS

LE PARIS DES ARTS

Le Beyrouth des arts, avec Nadine Labaki (partie 1)

En savoir plus

UNE SEMAINE DANS LE MONDE

UNE SEMAINE DANS LE MONDE (PARTIE 1)

En savoir plus

UNE SEMAINE DANS LE MONDE

UNE SEMAINE DANS LE MONDE (PARTIE 2)

En savoir plus

7 JOURS EN FRANCE

Paris, capitale de l'art contemporain

En savoir plus

LE PARIS DES ARTS

Le Beyrouth des arts (partie 2)

En savoir plus

7 JOURS EN FRANCE

Calais, ville de toutes les tensions

En savoir plus

7 JOURS EN FRANCE

"Kazakhgate" : un nouveau pavé dans la mare de Nicolas Sarkozy ?

En savoir plus

#ActuElles

Le sexe féminin : un enjeu politique ?

En savoir plus

LA SEMAINE DE L'ECO

Relance dans la zone euro : bientôt un accord sur l'investissement ?

En savoir plus

Amériques

"Super PAC app", le Shazam de la politique américaine

Texte par Anne-Diandra LOUARN

Dernière modification : 22/10/2012

Les investissements publicitaires pour la présidentielle américaine s’apprêtent à battre tous les records. Une start-up a développé un outil pour smartphone afin d’identifier en temps réel les concepteurs de ces spots politiques.

Si la campagne présidentielle américaine de 2008 s’était inscrite sous le signe de l’explosion des réseaux sociaux, celle de 2012 marque un retour au média télévision. Qu'elles soient réalisées par les partis eux-mêmes ou bien par des organisations, les campagnes publicitaires politisées inondent les écrans américains. Toujours plus vindicatives, elles savent marquer les esprits et constituent une véritable manne financière. Les investissements publicitaires pour la campagne présidentielle de 2012 devraient d’ailleurs dépasser tous les records : début octobre, plus de 400 millions de dollars avaient déjà été investis en publicité par Barack Obama et Mitt Romney.

Pour y voir plus clair parmi ces chiffres étourdissants, une start-up américaine financée par la Knight Foundation a mis en place une application pour smartphones destinée à identifier qui se cache derrière les spots publicitaires politiques. "Super PAC app" fonctionne sur le même principe de reconnaissance sonore que Shazam, l’application star des mobiles : pour identifier une publicité politique, il suffit à l‘utilisateur de saisir son smartphone au moment de sa diffusion et de lancer l’application qui va enregistrer pendant quelques secondes la bande son du spot. Une fois celui-ci reconnu, l'utilisateur accède à tous les détails sur la publicité : quel parti ou groupe politique a financé ce spot ? Combien a-t-il coûté ? Les faits déclamés sont-ils exacts ? La start-up, qui tient à faire preuve d'exactitude, pioche ses informations, entre autres, auprès du site Politifacts qui vérifie la véracité des déclarations des hommes politiques et auprès d’une source officielle, la commission des élections fédérales américaines. L'application permet également aux utilisateurs de partager leur avis en notant les publicités en fonction du degré d'appréciation.

Captures d'écran de l'application SuperPAC.
Les publicités "taggées" à l'aide de la reconnaissance sonore (gauche) peuvent également être évaluées par les utilisateurs.

Plus aucune réglementation financière

Ce véritable outil citoyen semble d’autant plus utile qu’en 2010, la Cour suprême a fait supprimer les plafonds de financement des campagnes politiques. Une décision qui, en d’autres termes, permet aux entreprises du secteur privé d’investir des sommes d’argent illimitées dans n’importe quelle campagne électorale et pour n’importe quel candidat, sans avoir à se justifier. Toute entreprise, organisation ou entité dépensant ou recevant plus de 1 000 dollars dans le but d’influer sur une élection fédérale devient un "political action committee" (PAC). Depuis le début de la campagne présidentielle, ces entités sont particulièrement critiquées pour leur manque de transparence. Plus de 90 % des spots qu’elles financent sont négatifs, ne mettant en scène que des attaques contre les candidats souvent peu constructives. "Il s’agit de la plus importante campagne de dénigrement en politique américaine", affirme John Geer, spécialiste de la publicité politique à l’université Vanderbilt, dans le Tennessee. En comparaison, seuls 2 % des spots étaient négatifs en 1980.

Dans ce contexte inédit, il est essentiel, selon Dan Siegel, co-fondateur de "Super PAC app", que les citoyens américains puissent faire la lumière sur l’ensemble de ces spots politiques à forte influence. "Actuellement, la moitié des publicités diffusées ne sont pas faites officiellement par les partis mais par des groupes engagés politiquement. Certains de ces groupes sont totalement inconnus du grand public et, pourtant, ils parviennent aisément à soulever des millions de dollars pour leur cause. Les citoyens américains ont le droit de savoir et de comprendre. Notre rôle, c’est de mettre ce type d’information à la portée de tous", explique ce jeune entrepreneur américain interrogé par FRANCE 24.

Un intérêt particulier dans les "swing states"

"Super PAC app" s’est constitué un répertoire de plusieurs centaines de spots politiques diffusés en télévision. En moyenne, entre cinq et vingt nouvelles publicités sont ajoutées chaque jour par l’équipe pour alimenter la base de données.

Lancé le 22 août dernier, l’application, gratuite et sans publicité, a été classée numéro un des téléchargements dans sa catégorie sur l’appstore américain dès le jour de sa sortie. Preuve, pour Dan Siegel, que les Américains sont curieux et demandeurs. "Notre application a été téléchargée à travers les 50 États américains ainsi qu’à l’étranger. Nous avons même remarqué un pic de téléchargement dans les 'swing states'", rapporte l’entrepreneur.

Adapter l'idée pour les campagnes européennes

Porté par le succès de "Super PAC app", la start-up ne compte pas s’arrêter après la présidentielle américaine. "Pour nous, l’aventure ne fait que commencer. À plus ou moins long terme, nous aimerions adapter cette application pour d’autres élections à l’étranger, pourquoi pas en Europe", confie Dan Siegel, convaincu que le concept peut être étendu par de nombreux moyens.

"Le 'Real Time Fact Checking ('vérification de données en temps réel', NDLR) est très en vogue. Nous envisageons même de le développer au delà du secteur de la politique. Pourquoi ne pas en faire un outil du quotidien pour vérifier la provenance et la qualité de nos produits de consommation par exemple ?", suggère-t-il.

Première publication : 18/10/2012

  • PRÉSIDENTIELLE AMÉRICAINE

    Débat présidentiel : l'empire démocrate contre-attaque

    En savoir plus

  • ÉTATS-UNIS

    Ces patrons américains qui pilonnent Obama sur le terrain de l'emploi

    En savoir plus

COMMENTAIRE(S)