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Amériques

La torture, arme des autorités mexicaines contre les cartels

Texte par Sarah LEDUC

Dernière modification : 20/10/2012

Dans son dernier rapport, Amnesty International dénonce la torture et les mauvais traitements commis par les forces de sécurité mexicaines dans le cadre de la lutte contre les cartels de drogue lancée en 2006 par le président Calderon.

"Ils [les militaires] ont posé un linge mouillé sur mon visage, ça m’empêchait de respirer.  Ensuite, ils ont commencé à me faire couler de l’eau dans la bouche. J’ai essayé de me relever, mais ils me forçaient à rester allongée en me tenant fermement par les jambes et les épaules…"

Cette histoire est celle de Miriam Isaura Lopez. Détenue par l’armée mexicaine en février 2011, elle a confié son histoire à Amnesty international qui a publié, en octobre, un rapport sur la pratique de la torture au Mexique intitulé "Coupables connus, victimes innocentes".

Son témoignage, comme la dizaine d’autres recueillis par l’ONG de défense des droits de l’Homme, raconte ce qu’elle a subi dans les geôles gouvernementales. Un traitement digne de celui attribué généralement aux "maras", les gangs latino-américains. D’abord agressée sexuellement, elle a ensuite été asphyxiée par des militaires pour l’obliger à donner les noms des personnes de son entourage impliquées dans le  narcotrafic.

Un système institutionnalisé

Ce document d’Amnesty International démontre que la torture n’est pas le fait de quelques policiers ou militaires véreux, isolés dans l’ombre des caves de commissariats obscurs. C’est, au contraire, un système institutionnalisé qui fait partie intégrante du plan de lutte contre les cartels de drogue qui gangrènent le Mexique.
 
Lancée en décembre 2006 par le président Felipe Calderon, cette offensive vise à lutter contre les cartels de drogue. Son gouvernement a déployé quelque 50 000 hommes de l’armée de Terre et de la Marine à travers tout le pays pour éradiquer les trafics. Mais, six ans plus tard, et alors que Calderon s’apprête à laisser son fauteuil de président le 1er décembre prochain au conservateur Pena Nieto, cette stratégie semble avoir entraîné une contagion de la violence au sein de la société.

Si le gouvernement ne manque jamais d’afficher les saisies et les arrestations records, le sang continue de couler sans que les cartels ne cessent de sévir. Selon le décompte des autorités en septembre 2011, la guerre des cartels a tué au moins 47 515 personnes en près de cinq ans. Un chiffre qui inclut les victimes d'affrontements entre groupes criminels et forces de sécurité, mais aussi un nombre indéterminé de victimes civiles. 

Dans cette débauche de violence qui vaut au Mexique d’être au cinquième rang des pays les plus meurtriers du continent américain (derrière le Honduras, Salvador, le Guatemala, la Colombie), les forces armées gouvernementales s’autorisent toutes les méthodes pour parvenir à leurs fins. La torture est donc souvent utilisée pour extirper des aveux et simuler des résultats dans la lutte contre le narcotrafic.
 
Impunité face aux crimes
 
En six ans, l’armée a arrêté 43 778 suspects. La plupart ont été directement embarqués dans des baraquements militaires pour être interrogés, et non présentés au bureau du procureur de la République comme l’exige la loi. 
 
"Ces détentions militaires sont, la plupart du temps, non supervisées, exécutées sans la présence d’officiels de la société civile, avec uniquement des médecins de l’armée pour soigner et référencer les blessures ; il s'agit d'un climat délétère qui encourage la torture et les mauvais traitements", condamne Amnesty International.
 
Shohn Huckabee et Carlos Quijos ont ainsi été arrêtés par l’armée mexicaine en 2009, à Ciudad Juarez, connue pour être la capitale du crime et de la drogue. D’après Shohn Huckabee, la police a placé de la drogue dans leur véhicule avant de les emmener dans un baraquement de l’armée où ils ont été battus, électrocutés et torturés pour obtenir des informations sur leurs liens supposés avec les gangs. Malgré leurs dénégations, ils ont tous deux été jugés et condamnés à 5 ans de prison, sur la base des preuves fournies par l’armée. Libéré sur parole en 2011, Shohn Huckabee a porté plainte pour torture.  D’après Amnesty, elle n’a jamais donné lieu à des investigations.
 
De 2007 à 2011, 4 841 plaintes de torture et de mauvais traitements ont été recensées par la Commission nationale des droits de l’Homme. Mais ce chiffre reste indicatif. Il est, en effet, difficile d’avoir une idée réelle du nombre de cas car les victimes sont peu nombreuses à porter plainte. La peur des représailles, mais surtout l’impunité dont jouissent les auteurs de ces violations suffisent à décourager les plaignants.
 
Résultat, seul 1 % des 12 millions de délits commis chaque année dans le pays est jugé, estime la Commission nationale des droits de l'Homme. Entre 2008 et 2011, 12 procédures judiciaires ont été ouvertes pour tortures et cinq ont débouché sur des condamnations.

 

Première publication : 19/10/2012

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