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Economie

Twitter accepte d’effacer les messages "#unbonjuif" en France

© AFP

Texte par Sébastian SEIBT

Dernière modification : 19/10/2012

L’Union des étudiants juifs de France a obtenu, ce vendredi, que le réseau social efface des messages antisémites publiés depuis le 10 octobre. Elle compte désormais porter plainte pour connaître l’identité de ceux qui les ont postés.

Twitter a finalement cédé. À la demande de l’Union des étudiants juifs de France (UEJF), et face à l’ampleur de la polémique en France, le célèbre site de microblogging a accepté, ce vendredi 19 octobre, d’effacer des tweets jugés porteurs d’un discours haineux. Ces messages, postés depuis la semaine dernière, était référencés sur Twitter essentiellement sous le hashtag (mot-clé) "#unbonjuif".

C’est la première fois que Twitter accède à une demande de suppression émanant de particuliers, et non d’un gouvernement ou à la suite d'une décision de justice. “Nous sommes satisfaits de cette décision”, a déclaré à FRANCE 24 Élie Petit, vice-président de l’UEFJ. “On a obtenu qu'ils appliquent spontanément la loi française pour laquelle une injonction judiciaire n'est pas nécessaire au retrait d'un contenu manifestement illicite”, a pour sa part précisé à l’AFP Stéphane Lilti, l’avocat de l’UEJF.

Plainte dans les prochains jours

Il précise que la demande adressée à Twitter ne concernait pas seulement les tweets accompagnés du hashtag "#unbonjuif", mais également "#unbonmusulman" et "d’autres”, sans entrer dans le détail. En revanche, l’UEFJ a refusé de préciser combien de messages allaient finalement être ainsi effacés par le réseau social. Une liste de tweets à effacer doit être présentée à Twitter avant la fin de la journée, a indiqué Stéphane Lilti, qui précise qu’elle pourra “être évolutive”.

Twitter ne se serait plié à la requête de l’association estudiantine qu’à la dernière minute et suite à un échange de lettres entre les avocats des deux parties, d’après l’UEFJ. Après une réunion téléphonique, jeudi 18 octobre au soir, le groupe californien refusait toujours de procéder à cette censure en vertu de la défense de la liberté d’expression.

Mais, pour l’UEFJ, l’affaire ne s’arrête pas là. L'association va déposer une plainte dans les jours à venir afin que la justice oblige Twitter à fournir l’identité des internautes responsables des tweets incriminés. “Il ne faut pas que subsiste un sentiment d’impunité dans cette affaire”, souligne Élie Petit.

"Punis par la loi"

C’est le 10 octobre que le controversé hashtag est apparu sur le réseau social avant de se répandre comme une traînée de poudre. À tel point qu’il devient, en quelques heures, le troisième sujet le plus tweeté en France. Devant cette déferlante de blagues souvent douteuses et à caractère antisémite, plusieurs associations de lutte contre le racisme - SOS Racisme et le Mouvement contre le racisme et l’amitié entre les peuples (MRAP) - ont porté plainte contre Twitter, le 14 octobre.

L’affaire a même retenu l’attention du gouvernement français. La ministre de la Justice, Christine Taubira, a tenu à rappeler, le 17 octobre, que les propos à caractère raciste ou antisémite “sont punis par la loi” et que le “canal virtuel ne rend pas moins réels les actes dont se rendent coupables ceux qui les commettent et dont les tribunaux peuvent connaître”.

De leurs côtés, les internautes friands du hashtag en question ont été prompts à brandir la liberté d’expression. Certains d’entre eux arguaient également que Twitter ne pouvait pas être tenu responsable, en tant que qu’hébergeur, du contenu publié sur son service par les internautes.

Après avoir connu plusieurs couacs de ce genre, le site de microblogging a instauré, en janvier, une nouvelle politique qui consiste à examiner au cas par cas les demandes de censure émanant d’un État. Pour la première fois, il a accepté, cette semaine, de bloquer l’accès à un compte néo-nazi en Allemagne après une requête en ce sens déposée par la police.

 

Première publication : 19/10/2012

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