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EUROPE

Rajoy conserve sa majorité en Galice, percée des indépendantistes basques

Vidéo par Adeline PERCEPT

Dernière modification : 22/10/2012

Le Parti populaire (PP) du chef du gouvernement espagnol a conservé sa majorité absolue en Galice à l'issue d'un scrutin régional qui faisait office de test pour l'équipe dirigeante en cette période de crise économique.

La droite du chef du gouvernement espagnol Mariano Rajoy garde la majorité absolue en Galice tandis que les indépendantistes confirment leur percée attendue au Pays basque, selon des sondages effectués dimanche à la sortie des bureaux de vote.

Ce double scrutin régional constituait un test pour Mariano Rajoy, fragilisé par la crise économique et par la montée du nationalisme au Pays basque, où la gauche indépendantiste arrive deuxième, comme en Catalogne.

Au Pays basque, les nationalistes conservateurs du PNV arrivent en tête avec 24 à 27 sièges sur 75, les indépendantistes de EH Bildu remportent 23 à 26 sièges, devant les socialistes (13 à 15) et le Parti populaire (PP) de Mariano Rajoy (9 à 11), selon un sondage Ipsos.

Le vote se déroulait un an après l'annonce historique par le groupe armé basque ETA qu'il mettait fin définitivement à la violence, le 20 octobre 2011.

En Galice, la région natale de Mariano Rajoy, le PP remporte 39 à 42 députés sur 75, soit plus que la majorité absolue de 38 sièges qu'il détient actuellement, devant les socialistes (18 à 20), selon un autre sondage Ipsos.

Le scrutin était risqué pour Mariano Rajoy dans cette région de 2,8 millions d'habitants traditionnellement conservatrice, mais où la crise fait des ravages, avec un chômage qui atteint désormais 21% de la population active.

Car au moment où l'Espagne semble se diriger vers une demande de sauvetage financier, dans un climat social alourdi par le chômage et par une cure d'austérité historique, c'est bien le thème de l'économie qui était au centre de ces élections.

Dans ce contexte, le vote galicien menaçait de se transformer en référendum sur la politique de rigueur que mène le gouvernement.

C'est d'ailleurs ce que semblaient craindre les responsables locaux, dont l'un des fidèles de Mariano Rajoy, l'actuel président de région Alberto Nuñez Feijoo, qui, pendant la campagne, ont pris garde de se distancer du chef du gouvernement.

Et un recul en Galice du PP aurait signifié une humiliante défaite pour Mariano Rajoy, à la popularité déjà en chute.

Sous la pluie, les électeurs basques ont voté dimanche un an après l'annonce de l'ETA.

Dans la foulée de cette annonce, la gauche indépendantiste regroupée sous la bannière de la coalition Euskal Herria Bildu (EH Bildu) a confirmé sa percée, derrière le PNV.

Un défi supplémentaire attend donc le chef du gouvernement de droite, qui fait déjà face à une fronde séparatiste venue de Catalogne, puissante région du nord-est du pays: la crise économique y nourrit le sentiment nationaliste et les Catalans renouvelleront à leur tour, le 25 novembre, leur Parlement.

Même au Pays basque, l'économie semblait au devant des préoccupations des électeurs: cette région prospère de 2,2 millions d'habitants affiche un taux de chômage de dix points inférieur à la moyenne nationale, mais qui atteint 14,5% et, surtout, plus de 44% chez les jeunes.

"Ces élections ont deux clés, l'économie et le fait que cette fois tous ceux qui le veulent peuvent s'exprimer", assure Iñaki Arteaga, un ingénieur de 43 ans qui vient de voter à Bilbao.

"La situation des jeunes? Très mauvaise, tous les jeunes qui m'entourent, ou la grande majorité, n'ont pas d'emploi", témoigne Elvira Saotua, une électrice de 60 ans au chômage.

"Ce qui est démocratique, c'est que nous puissions tous voter, sans la tutelle de l'ETA ni de l'Etat", se réjouissait tout de même Iñaki Arteaga.

Le fait marquant de ce scrutin devrait être, si les résultats définitifs confirment les sondages, la percée de la nouvelle coalition indépendantiste EH Bildu: c'est sous cette banderole que la mouvance de Batasuna, parti interdit en 2003 en Espagne car considéré comme le bras politique de l'ETA, devrait confirmer son retour.

Le PNV quant à lui, même sans majorité absolue, devrait grâce à des alliances reprendre les rênes d'un pouvoir qu'il avait, en 2009, cédé pour la première fois en plus de trente ans aux socialistes.

Reste la grande inconnue: avec qui le PNV s'alliera-t-il pour gouverner?

"Si c'est avec Bildu, la question identitaire, de la relation avec l'Espagne jouera un rôle central dans le fonctionnement de sa coalition", analyse Anton Losada, professeur à l'Université de Saint-Jacques de Compostelle, qui parie toutefois plutôt sur une alliance avec les socialistes.
 

(AFP)

Première publication : 21/10/2012

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