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Moyen-orient

Les obsèques du général Hassan tournent à la manifestation anti-syrienne

© AFP

Vidéo par FRANCE 24

Dernière modification : 22/10/2012

En marge des funérailles du général tué le 19 octobre, des heurts ont éclaté, dimanche à Beyrouth, entre forces de l’ordre et manifestants, qui menaçaient de prendre d'assaut le siège du gouvernement pour réclamer la démission du Premier ministre.

Les heures de Najib Mikati en tant que Premier ministre du Liban sont-elles comptées ? De violents incidents ont éclaté, dimanche à Beyrouth en milieu d'après-midi, où des manifestants ont cherché à prendre d'assaut le siège du gouvernement en marge des funérailles du général Wissam al-Hassan.

Une partie des manifestants, arborant notamment les drapeaux du Courant du futur de l’ancien Premier ministre Saad Hariri et de la révolution syrienne, ont tenté de franchir le cordon de sécurité établi par les forces de l'ordre, qui ont répliqué en tirant des coups de feu en l’air et en faisant usage de gaz lacrymogènes.

Chauffée à blanc par les discours de hauts responsables de l’opposition libanaise, dont l’ancien Premier ministre Fouad Siniora, une partie de la foule a quitté la place des Martyrs, où se tenait un rassemblement en hommage au chef des Forces de sécurité intérieure libanaises, située près du siège du gouvernement. "Aucune discussion avant le départ du gouvernement, aucun dialogue par-dessus le sang de nos martyrs", a  déclaré, devant les milliers de personnes rassemblées sur la place, Fouad Siniora, membre du Courant du futur.

"Ce gouvernement est responsable de l’assassinat du général Hassan et des autres martyrs, nous appelons à sa chute, a encore ajouté Fouad Siniora. Va-t-en donc Najib Mikati ! Si tu ne démissionnes pas, tu seras accusé de comploter contre le peuple libanais. Va-t-en, tu es responsable", a-t-il ensuite lancé.

Alors que des heurts éclataient devant le siège du gouvernement, Saad Hariri, le chef de l'opposition libanaise, a lancé un appel au calme et a demandé à ses partisans de rentrer chez eux. "Nous voulons la paix, le gouvernement doit tomber mais nous voulons que cela se produise de manière pacifique. Je demande à tous ceux qui sont dans les rues de se retirer", a-t-il dit à la télévision.

Ces derniers jours, l’opposition n’a eu de cesse de réclamer la démission du Premier ministre Najib Mikati, accusé de "couvrir" l’assassinat du général Wissam al-Hassan. "J'ai assuré au président que je n'étais pas attaché au poste de chef de gouvernement. (Il) m'a demandé de rester car il ne s'agit pas d'une question personnelle mais de l'intérêt national", a dit de son côté Najib Mikati samedi, après une réunion du conseil des ministres.

Le général Hassan, bête noire de Damas

Au cours d'une cérémonie militaire dimanche au QG de la police en présence de la famille du défunt et de M. Mikati, M. Sleimane a demandé à la justice d'accélerer la rédaction de l'acte d'accusation contre M. Samaha.

L'ex-député avait été arrêté par le général Hassan qui l'accusait d'avoir transporté des explosifs pour commettre des attentats et créer le chaos à l'instigation du très puissant chef des renseignements syriens, le général Ali Mamlouk.

Le général Hassan avait ensuite défié le général Mamlouk, en étant à l'origine du mandat d'arrêt délivré en août contre lui par la justice libanaise dans le cadre de l'enquête sur Michel Samaha.

Auparavant, le général Hassan avait joué un rôle majeur dans l'enquête sur les nombreux attentats qui ont visé entre 2005 et 2008 des personnalités libanaises anti-syriennes, dont Rafic Hariri, père de Saad Hariri.

Le général Hassan a d'ailleurs été inhumé dans le mausolée de Rafic Hariri, qui fut son mentor, à la demande de Saad Hariri.

L'attentat de vendredi a été attribué par l'opposition libanaise et les experts à Damas, confronté depuis 19 mois à une révolte que le régime tente d'écraser.

Le chef de la diplomatie française Laurent Fabius a jugé dimanche "probable" l'implication de Damas, accusant le président Assad "d'essayer d'élargir la contagion" du conflit syrien aux pays voisins.

La Syrie n'a jusqu'à présent pas réagi officiellement à ces accusations.

FRANCE24 avec dépêches

Première publication : 21/10/2012

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